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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 22:09
daté du 1er octobre 2006 par AC ! Alençon, sa région et le Perche


Dans la rubrique Société de son site web, le journal Le Point, bien connu pour ses prises de position en faveur de la justice sociale et de la redistribution des richesses, publie cette semaine le témoignage scandaleux et édifiant d’un « parasite ».

Cet homme de 44 ans, qui vit à Roanne, qui possède une « Alfa Romeo anthracite et un appartement à lui », meublé entre autres d’un « ordinateur et webcam », qui s’habille avec des marques, qui « voit les films en avant-première », qui joue au tennis gratuitement, qui « a eu un portable dès les années 90 » bien avant tout le monde, a eu les honneurs de la visite à domicile d’un journaliste du Point qui l’a écouté vitupérer, à l’instar de son écrivain préféré François de Closet, les « kits Assedic » des fraudeurs, « la prime de rentrée scolaire », sans oublier « les charges qui pèsent sur les patrons ».

Car cet homme, qui porte des « fines lunettes à 500 euros payées par la CMU », mais « pas de baskets de marque » précise le journaliste - « on ne peut pas tout avoir »-, est chômeur depuis 24 ans et allocataire de l’ASS (allocation de solidarité spécifique), à 600 euros par mois sans rien faire, après avoir travaillé « trente et un mois sur treize ans ».

Le journaliste écrit : « Je me suis contenté de suivre la législation française à la lettre », se justifie-t-il (...) ASS. « ‘’Aide si sympathique’’. 600 euros par mois, versés par les Assedic. A vie, et quasi sans contrôle. ‘’ Le RMI, c’est beaucoup plus pénible, car vous êtes suivi par une assistante sociale. Forcément, dans RMI, il y a I, comme insertion ! ’’ L’ASS, c’est donc la planque. Sans compter l’allocation logement, le Fonds solidarité énergie, la taxe d’habitation presque gratuite, la prime de Noël, et tout ce qu’il pourrait toucher de la commune, mais qu’il se refuse à demander ».
« Le laxisme de mon pays m’étonne » !

Et il trouve le moyen de railler : « Le laxisme de mon pays m’étonne » !

Salauds de chômeurs ! Ignobles profiteurs ! Ne vous étonnez pas si vos voisins qui font les trois huit à l’usine du coin viennent hurler sous vos fenêtres qu’ils en ont marre de vous nourrir !

Le journaliste, Christophe Ono-Dit-Biot, qui se présente aussi comme professeur de français agrégé, écrivain et chroniqueur littéraire, est-il bien trop occupé avec ses multiples casquettes pour vérifier un minimum ce que lui raconte Thierry F., « chômeur » anonyme [1] ou bien joue-t-il sciemment avec la corde qui fait les bons lynchages ?

L’ASS n’est attribuée qu’aux chômeurs en fin de droit Assédic qui ont eu 5 ans (60 mois complets, au jour près) d’activité salariée dans les 10 dernières années précédents le dernier licenciement.

Avec ses deux ans et demi, Thierry F. est loin du compte.

L’ASS, ce n’est pas 600 euros par mois mais 14,25€/jour maximum, soit 14,25€/jour maximum, 441,75€ par mois ... les mois de 31 jours, 427,50 les autres.

L’allocation logement, Thierry F., n’y aurait pas droit, étant propriétaire de son logement, sauf s’il le paie encore à crédit. Et dans ce cas, elle serait sans doute loin de couvrir la totalité de la mensualité.

En revanche, il aurait le droit et le devoir de payer la taxe foncière plein pot et parfois c’est plusieurs mois d’ASS à sortir de sa poche. Ce n’est pas avec la prime de Noël, 152 euros qu’il la paierait ...

Le « Fonds solidarité énergie », cela dépend des départements. En général, il faut s’humilier en fournissant maints justificatifs de sa pauvreté pour pas grand chose, une aumône au regard de toutes les factures à acquitter. Une seule aide est accordée par année civile, sous forme de secours ou de prêt en fonction du quotient familial. Le journaliste n’a-t-il donc jamais entendu parler des personnes mortes de froid dans leurs appartements glacés ni des familles brûlées vives parce qu’elles s’éclairaient à la bougie après une coupure EDF ?

Des « fines lunettes à 500 euros payées par la CMU » ?

Le remboursement CMU, qui est fonction de la correction, va de 54,57 euros à 137,21 euros maximum (monture et verres) par an ....

« L’ASS, c’est donc la planque » ?

Alors la chasse aux chômeurs en ASS par l’ANPE et la DDTEFP, on l’a rêvée ? Les « propositions » (si-tu-refuses-t’es-radié) d’emplois « aidés », de stages de « remobilisation », il y aurait échappé, ce chômeur en Alfa Roméo qui aurait cessé toute activité à l’âge de 20 ans ?
Faire naître le bouc émissaire

Ce journaliste a au moins compris que la vraisemblance n’a pas besoin d’être au rendez-vous pour faire naître le bouc émissaire.

Même avec si l’ASS était à 600 euros, même s’il avait trouvé sa bagnole de luxe dans une pochette-surprise, comment ce chômeur l’entretiendrait-il ? Rien que l’assurance ... Et ne parlons pas des pièces détachées et du carburant.

La perversité de cet article qui les désigne comme des « parasites », comme les victimes de la prochaine chasse aux sorcières n’a pas échappé aux chômeurs.

Dommage. L’antihéros affabulateur, poujadiste, antipathique et caricatural de Roanne masque peut-être un chômeur dans lequel pas mal d’entre nous se reconnaîtraient : Il passe beaucoup de temps à servir « d’avocat-conseil à ses amis salariés ». Il fait la « nounou ». Bénévolement.

Il refuse l’exploitation salariale : (...) « son père ébéniste, qui pendant cinquante et un ans a construit des cuisines aménagées sans pouvoir s’en offrir une, fait figure pour lui de repoussoir » et a développé des stratégies de résistance à l’emploi non désiré.

Il partage cette opinion très courante dans le monde laborieux : « Le travail, il faut le laisser à ceux qui en ont besoin pour se sentir bien dans leur peau ».

L’article crapoteux d’Ono-Dit-Biot est accompagné de deux encadrés qui confirment les intentions de la rédaction du Point.
« Les « plus » du RMI »

L’un s’intitule : « Les « plus » du RMI ».

« Quand on est RMIstes, on a aussi droit à :
- l’allocation logement à taux plein ;
- la suspension de ses dettes fiscales ;
- l’exonération de sa taxe d’habitation, de sa redevance, de sa cotisation à la CMU ;
- l’accès gratuit à la complémentaire santé de la CMU :
- la prime de Noël ;
- le tarif téléphonique social :
- la réduction dans les transports, la gratuité dans les musées, diverses allocations supplémentaires (en fonction de son lieu d’habitation). »

Elle est pas belle la vie de RMIstes ? Rien à payer ! Tout est gratuit ! C’est tous les jours « aujourd’hui, on rase gratis » !

« L’allocation logement à taux plein » ?

Les RMIstes sont la seule catégorie qui ne perçoit pas l’allocation logement à taux plein !

Un « forfait logement » est systématiquement déduit du RMI (moins 50 euros par mois.)

Pour la quasi totalité des RMIStes, les locataires comme les propriétaires, le RMI, ce n’est pas 433 euros par mois mais 383 euros. Les 433 euros, c’est pour les SDF, à condition qu’ils connaissent leurs droits et qu’ils sachent se faire entendre.

En outre, « Taux plein » ne signifie pas loyer payé, loin de là. L’allocation est plafonnée. Le régime est le même que pour tous les chômeurs et salariéEs et tient compte de tous les revenus des cohabitantEs et du quotient familial.

RMIstes ou non, dans la plupart des cas, il reste une partie (parfois importante) du loyer à payer.

« La suspension de ses dettes fiscales » ?

Pas plus, pas moins que toutes les personnes « en grande difficulté » sociales et surendettées (titulaires de minima sociaux, mais également actifs avec de très faibles niveaux de revenus). Il n’y a rien d’automatique. La suspension est accordée au cas par cas après des galères inextricables et des examens à la loupe et humiliants de la situation familiale et sociale.

« L’exonération de la taxe d’habitation » ?

Pas plus pas moins que les autres catégories de « pauvres », selon revenus et composition familiale.

« Exonération de la redevance » ?

Quelle redevance ? L’exonération de la redevance télé n’est pas automatique. Quant à la redevance d’ordures ménagères, elle n’est jamais exonérée.

« CMU » ?

Fonction du revenu, pas du « statut » de RMIste.

« Prime de Noël » ?

152 euros, la belle affaire ! Est remise en question tous les ans.

« Tarif téléphonique social » ?

Une réduction d’un peu plus de 50% uniquement sur l’abonnement France télécom.

« La réduction dans les transports » ?

Où ça ? Aucune réduction sur les lignes SNCF. Les chômeurs et RMIStes sont une des rares catégories à ne bénéficier d’aucune réduction sur les lignes nationales !

Réductions éventuelles sur les TER -dans les limites de la région- selon le bon vouloir des conseils régionaux : souvent conditionnées à l’inscription à l’ANPE (les RMIstes ont souvent été radiéEs en masse lors de la première campagne de radiations) ou à la recherche d’emploi.

« Diverses allocations supplémentaires » ?

Ah oui ???????????????
Et si Le Point parlait de la générosité du modèle patronal français » ?

Le second encadré enfonce bien le clou : les « parasites » du type de Thierry F. ne sont pas des fraudeurs, ils profitent de « la générosité du modèle social français ».

Alors Le Point a interrogé l’ « administration ».

Pour l’ « administration », « Thierry F. n’est (...) pas un fainéant, il est victime d’une ‘’ trappe à inactivité ‘’. En clair, la reprise d’un emploi lui ferait perdre une série d’avantages dits droits connexes », les miraculeux « Plus » énumérés ci-dessus.

Le Point a « une solution simple : limiter ces droits connexes ou supprimer l’allocation en cas de refus d’activité. »

Malheureusement, note Le Point, ce n’est pas le choix de « La France » qui a « préféré l’incitation à la coercition ».

Le Point est l’hebdomadaire de François Pinault, spéculateur multimilliardaire (4ème fortune française), ami intime de Chirac.

Curieux : Le Point n’a pas hurlé au parasitisme quand les contribuables français, sur ordre de son ami le président, ont dû régler les 475 millions d’euros de la condamnation de François Pinault qui s’était joué de la loi étasunienne sur les affaires ...

Encore curieux, Le Point n’a pas réclamé la suppression des « droits connexes » quand Pinault a versé une petite indemnité de licenciement de 9 millions de francs à Pierre Blayau (alors en plein boulot de liquidation de Moulinex) pour neuf mois d’incompétences passés à la direction du groupe Pinault (Printemps-La Redoute).

Toujours extrêmement curieux, Le Point n’a jamais demandé si l’activité de Jean-Marie Messier (en 2001) justifiait un salaire équivalent à un RMI toutes les 34 secondes (36,26 millions d’euros), ni si celle de Michael Eisner, le PDG de Disney, justifie qu’une de ses ouvrières bangladaises devrait travailler 210 ans pour gagner l’équivalent d’UNE HEURE de salaire de son patron.

Mais l’important n’est-il pas que les SMICards de l’usine du coin viennent hurler « Parasites ! » sous les fenêtres de leurs voisins RMIstes plutôt que dans les salons des châteaux de leurs maîtres ...

Lire, sur le même sujet : Le Point sur la table

Lire sur Le Point et les chômeurs : Les « tricheurs » du Point

[1] vient de publier « Moi, Thierry F., chômeur professionnel », Albin Michel

 
( AC ! )



Le Point sur la table

Par Agnès Maillard
le vendredi 29 septembre 2006, 10:16

Les grandes manoeuvres ont commencé, il semblerait, pour convaincre tous les braves Français de la nécessité d'instaurer un système à la Hartz 4 en France, histoire de mater ces salauds de chômeurs.
En témoigne un article du Point sur le bouquin d'un prétendu chômeur professionnel, où tout transpire l'intox, mais pour lequel le journaleux qui rapporte s'est contenté de pisser de la copie sans faire une seconde son supposé boulot de journaliste : vérifier les faits!

Il y a des choses qui me mettent hors de moi, comme la stigmatisation de chômeurs, laquelle consiste à raconter n'importe quoi afin de convaincre le gentil salarié qui en chie chaque jour de sa vie pour une poignée de clous que son pire ennemi, c'est le chômeur.

Le Point, que je me retiens de qualifier d'immonde torche-cul, par la plume de Christophe Ono-Dit-Biot[1], nous apprend combien il est facile de vivre au crochet des dispositifs d'aide aux chômeurs.
C'est donc l'histoire de Thierry F., qui vivrait comme un prince des systèmes d'indemnisation du chômage depuis 24 ans.

Accrochez-vous bien, le récit vaut son pesant de cacahuètes :

    Il peut être fier de lui, Thierry : trente et un mois de travail sur treize ans, pour vingt-quatre années de « farniente rémunéré ». Un hold-up pacifique, avec l'administration comme complice. (...) Son secret se nomme ASS. « Allocation spécifique de solidarité ». Ou comme il dit, lui, en remerciant la France, « Aide si sympathique ». 600 euros par mois, versés par les Assedic. A vie, et quasi sans contrôle.

Quiconque connaît un tant soit peu le système français sait que tout cela est faux, archi-faux. Pour pouvoir prétendre à l'ASS, il faut déjà avoir touché le chômage et surtout, justifier de 5 ans de travail dans les 10 dernières années précédent le dernier licenciement. Là, vous pouvez compter comme vous le voulez, 31 mois, cela ne fait pas du tout 60 mois, ce mec n'a donc jamais été éligible à l'ASS.

Et il le prouve, en additionnant les invraissemblances.

    L'ASS, c'est donc la planque. Sans compter l'allocation logement, le Fonds solidarité énergie, la taxe d'habitation presque gratuite, la prime de Noël, et tout ce qu'il pourrait toucher de la commune, mais qu'il se refuse à demander.

Le seul truc vrai, c'est la prime de Noël : 150€ pour se goinfrer grave[2]. Pour ce qui est de l'allocation logement et de la taxe d'habitation, c'est au pro-rata des revenus et de la structure familiale, comme pour n'importe quel salarié. Ce qui fait que même fauché, faut quand même payer.

Parce que si ce type touchait vraiment l'ASS depuis tout ce temps, il serait vraiment fauché, car ce n'est pas 600€ par mois mais 14,25€/jour maximum[3], soit la somme mirifique de 441,75€... les mois de 31 jours. En février, ça tombe à 399€, alors que les charges, elles, tendent à rester les mêmes, mois après mois.
Sans compter que l'ASS ne dispense nullement de justifier de sa recherche d'emploi : convocations comme les potes, propositions récurrentes de stages bidons et des conseillers qui ont toujours le doigt sur le bouton à radier. Je ne vois donc pas où ce mec a vu jouer que l'ASS était une bonne planque.

De toute manière, tout pue le mensonge dans cette histoire :


    Il a 44 ans et le sourire aux lèvres. Une Alfa Romeo anthracite et un appartement à lui, parce que « les locations, c'est de l'argent perdu ». Il porte un jean, un tee-shirt Levi's, mais pas de baskets de marque, parce qu'« on ne peut pas tout avoir ».

J'ai connu des chômeurs, y compris en fin de droits, qui avaient effectivement un appart' ou une bonne bagnole. Mais il s'agissait en fait des vestiges de la période plus faste où ils avaient un boulot, voire un bon boulot qui paie bien. En étant soigneux, on peut faire durer sa caisse et ses économies quelques temps. Quelques temps. Mais sûrement pas 24 ans.
Or, on veut nous faire avaler que ce gars, qui a bossé en tout et pour tout 31 mois en 24 ans et qui touche depuis tout ce temps la somme extravagante de 441,75€ les mois gras, que ce gars donc, peut se payer un appart et une bagnole de bon standing.

Si vous croyez un truc pareil, vous êtes des veaux!

Avec l'ASS, il vaut mieux avoir un bail d'avant[4], parce que vous ne pourrez plus trouver un proprio qui accepte de vous louer, même un placard à balai. Et si vous êtes proprio, suite à une période plus faste ou un heureux héritage, vous n'êtes pas mieux loti, parce que la taxe foncière, elle, tombe tous les ans et elle est sans aucun rapport avec vos revenus. J'ai des potes RMIstes qui ne savent plus quoi faire de la maison de famille qui nécessite 3 mois de RMI pour s'acquitter du foncier.
Quant à la bagnole, elle s'use. Surtout que vous n'avez pas de pognon pour l'entretien normal, à peine de quoi mettre un peu d'essence, et encore, il vaut mieux se déplacer à pied vu le prix du carburant. Vous la gardez pour les grandes occasions, comme un entretien à perpète les oies pour un job que vous n'aurez de toute manière pas. Et le jour où une pièce un peu chère lâche ou qu'un connard vous emplâtre par l'arrière, ben vous êtes piéton. Parce que vous n'avez pas de quoi réparer et que l'assurance[5] ne s'occupe pas des vieux clous.

Quant à en acheter une autre, même d'occasion, c'est totalement impossible. Vous disposez de 441,75€/mois. Quand vous trouvez un petit boulot[6], c'est généralement un contrat aidé, c'est à dire un CDD temps partiel qui ne vous permet même pas d'arriver au SMIC ou de planifier quoi que ce soit à plus de 6 mois. Alors vous financer un appart ou une voiture...

Enfin, pour la bonne bouche, je vous livre le très honteux encadré qui clôture cet édifiant exercice d'intoxication journalistique et surtout de manipulation d'opinion à des fins politiques (j'ai souligné les mots vraiment infâmants, pour ne pas dire diffamants) :

    Impossible de savoir combien de Thierry F. ont dévoyé la générosité du modèle social français, car le système, qui a déjà du mal à débusquer les fraudeurs, est impuissant à repérer ceux qui, en toute légalité, se sont installés dans les minima sociaux. Mieux, l'idée que ces minima aient rendu accessible le « droit à la paresse » n'est pas même envisagée, car ni les politiques ni l'administration ne veulent croire que l'on peut délibérément se contenter des 430 euros mensuels d'un RMI, montant bien inférieur au seuil de pauvreté. Pour l'administration, Thierry F. n'est donc pas un fainéant, il est victime d'une « trappe à inactivité ». En clair, la reprise d'un emploi lui ferait perdre une série d'avantages dits droits connexes (voir encadré). Il n'y a donc aucun intérêt. Lutter contre ce phénomène est une priorité de l'administration, mais c'est une véritable gageure. Il existe une solution simple : limiter ces droits connexes ou supprimer l'allocation en cas de refus d'activité. Mais c'est politiquement et socialement dangereux : « Au moins, le RMI permet de maintenir le contact, affirme ce haut fonctionnaire. Sinon, c'est l'exclusion totale, et aucune société n'y a intérêt. » La France a donc préféré l'incitation à la coercition, au risque d'entretenir les parasites, comme Thierry F

Ceci est une démonstration de la manipulation d'opinion totalement honteuse qui se met en place pour que, comme en Allemagne, tout le monde applaudisse lorsque des lois clones de Hartz 4 vont tomber sur la gueule des victimes du chômage.

Que cette buse de Christophe Ono-Dit-Biot vienne tester par lui-même la très grande générosité du modèle social français et qu'il en reparle dans un an ou deux. Qu'il vienne se vautrer dans la paresse avec les factures à payer, les agents de la CAF qui vous traîtent d'office comme des criminels ou des menteurs et les convocations ANPE à répétition, voire les humiliation de la vie quotidienne d'un pauvre. Qu'il vienne goûter à la série des avantages que procure la rente du RMI[7] au lieu de faire son envieux tout au long de l'article.

Bref, ce tissu d'immondices cet article est une pure incitation à la haine sociale.
Au lieu de cautionner ce genre de manipulation fascisante[8], il serait temps que les journalistes de la presse officielle se remettent à faire leur boulot d'investigation ou pour le moins, de simple vérification des faits!

Notes

[1] Retenez bien ce nom, s'il existe un semblant d'éthique dans ce métier, il est amené à très prochainement tester par lui-même la prétendue générosité des services sociaux de l'État.

[2] En général, elle sert à payer un peu de chauffage et voilà tout!

[3] Parce qu'il y en a d'autres qui touchent moins

[4] Dans la chronologie du chômeur, il y a toujours un avant et un après, un peu comme pour les accidentés de la route

[5] Assurance au tiers qui vous coûte encore un oeil, mais même dans les grands centres urbains, vous savez qu'il vous faut une bagnole pour espérer trouver un boulot, alors vous raquez en espérant déccrocher la timbale : un job à plein temps!

[6] Car les gens en ASS ou au RMI bossent très régulièrement, ne serait-ce que pour avoir un peu d'oxygène.

[7] Soit dit en passant que le montant du RMI n'est jamais de 430€, sauf pour les SDF (lesquels ont bien du mal à le percevoir, vu leur statut, justement) car il est automatiquement rabaissé du forfait logement de 50€.

[8] L'étape qui suit la formulation du "parasite" est en général la déhumanisation du bouc émissaire avec la vermine. Il convient de bestialiser celui que l'on compte fouler aux pieds, afin que la masse gélatineuse n'éprouve pas une once de solidarité pour ceux qui, après tout, ne sont plus que des sous-citoyens, des infra-humains!


( Monolecte )


Les « tricheurs » du Point
Renaud Lambert
Publié le jeudi 6 juillet 2006

Pour qui l’ignorerait, Le Point est un hebdomadaire de droite, favorable au libéralisme économique et... un tantinet réactionnaire. On ne saurait le lui reprocher (même si l’on n’est pas obligé de partager ce point de vue). Toutefois, c’est aussi un hebdomadaire qui se présente comme un « magazine d’actualité  » avec vocation à faire œuvre d’information - de journalisme d’information. Cette prétention, beaucoup plus problématique, fait sourire.
La livraison du 29 juin 2006 est un numéro d’anthologie fort éclairant pour savoir ce qu’il reste de journalisme dans l’hebdomadaire de François Pinault (groupe PPR).

Le « sens » aigu du Point

Au Point, on a un sens aigu de la hiérarchie de l’information. Ainsi, alors que la presse française semblait avoir perdu le sens des priorités (ne s’égarait-elle pas à accorder une place démesurée à une actualité qui avait la fâcheuse tendance de jeter l’opprobre sur le patronat français ?), l’édition du magazine datée du 29 juin 2006 fait sa « Une » sur un titre « choc » qui recentre le débat : « Les tricheurs du chômage  ». L’illustration (un homme faisant la sieste, l’air satisfait, les bras croisés derrière la tête) lève le doute des lecteurs peu familiers du Point  : les « tricheurs du chômage  » sont bien des personnes qui profitent du système, et non pas ces hommes politiques qui jouent avec les chiffres du chômage pour donner l’illusion d’une baisse. À ceux-là, le Point ne consacre pas de dossier.

Au Point, on a également un sens aigu de la mise en scène. Le dossier appelé par le titre de « Une » diffère sensiblement de ce dernier. Tout aussi racoleur, il évoque « La grande triche sociale  ». Où sont passés nos « chômeurs-tricheurs » ? Ou plutôt, par quelle opération journalistique la « triche sociale » en France se trouve-t-elle être réduite a ces « chômeurs-tricheurs » ?

Seconde surprise et second effet de mise en scène, l’enquête sur laquelle s’appuie le dossier central du Point... ne porte pas sur « la triche sociale  ». Qu’importe ! Elle n’en fera pas moins office de prétexte à ce qui s’avère être une condamnation catégorielle « à charge ». Pour le Point, cela ne fait un pli : chez les chômeurs, on trouve un nombre anormalement élevé de « tricheurs ». Une spécificité qui méritait bien un « dossier » !

En fait, le Point témoigne surtout d’une conscience de classe particulièrement aigue et d’un sens aigu des priorités sociales du public qu’il se choisit. Notre « dossier » ne prend tout son sens qu’une fois replacé dans son contexte immédiat : le reste du contenu du magazine.

Il y a donc deux numéros du Point datés du 29 juin 2006. Celui-ci qui offre une enquête sur « les chômeurs-tricheurs » : la « Une » en fait la publicité, mais il n’existe pas. Et il y a le second, celui qui utilise le « prétexte » d’un plaidoyer ultralibéral de Jacques Marseille contre « le service public » (et notamment les prestations sociales françaises) pour appeler insidieusement à une « traque aux chômeurs », dont l’idée ne choquera peut-être pas tous les lecteurs du Point.

Le journalisme ou, plutôt, le glacis journaliste, n’est ici qu’un outil pour servir la propagande libérale de cette publication dont les « sous-titres » de « Une » ne sont pas la promesse d’une information avérée, mais l’affirmation d’un point de vue sur la société française. Il ne s’agit pas de voir si «  l’aide à l’emploi tue l’emploi  » [1] mais d’affirmer que « l’aide à l’emploi tue l’emploie ». Il ne s’agit pas de dénoncer « les responsables du fiasco français  », mais d’affirmer que « le modèle français est un fiasco ». Il ne s’agit pas d’établir « le vrai prix d’un chômeur  », mais d’affirmer que « tout chômeur est un (sur)coût pour la société ».

1. Une « enquête »

L’enquête sur laquelle se base le dossier du Point, « Voyage au cœur des citadelles de l’emploi », n’est pas une enquête. C’est un plaidoyer. D’ailleurs son auteur, Jacques Marseille, n’est pas journaliste. Il est économiste. Avant-gardiste de la modernité sociale, il affirmait déjà, il y a peu, que « le chômage n’est pas lié à la croissance, mais à l’action des trois piteux : l’État, les syndicats et l’éducation nationale » [2]. Courageusement, celui-ci appelait - déjà en 2004 ! -, à faire tomber « la forteresse des salariés à statut » [3].

Notre « enquêteur » ne cherche pas. Il a déjà trouvé. Ainsi s’avère-t-il moins soucieux de faire connaître la réalité sociale des personnes auprès desquelles il « enquête » que de donner son opinion. Il a d’ailleurs déjà montré qu’il n’hésiterait jamais à le faire, même quand - en dehors de la quasi-totalité des éditorialistes, de la grande majorité des experts ayant accès aux tribunes de la presse française et de tous hommes politiques au pouvoir -, absolument personne ne pense comme lui.
Qu’on ne s’y trompe pas : cette « plongée dans [un] univers kafkaïen [sic] » (celui de l’ANPE, des Assedic, de l’Unedic, du chômage et des chômeurs) n’est une partie de plaisir pour personne au Point. Mais elle est nécessaire pour porter l’estocade au « pseudo-modèle social français  » et en extirper le « cancer  » [4] qui le « ronge  » : un État trop présent.
Son « voyage » est donc le prétexte à diverses étapes lui permettant de revisiter les grands monuments de la pensée libérale.

Florilège

Le fonctionnement des différentes institutions chargées du traitement des prestations sociales et des demandeurs d’emploi est une « insulte au bon sens  ». Une vérité qui mérite d’être martelée (et tant pis pour les répétitions) : « les implantations géographiques de réseaux parallèles est une insulte au bon sens  » ; la France manque « de modestie, de bon sens et de courage  » ; le système actuel relève du « défi au bon sens  ».

Pour l’économiste, une « insulte au bon sens  », c’est avant tout une « insulte aux contribuables  », qui préféreraient donner leur argent à la société UBS (spécialiste en « gestion de fortune  » dont une pleine page de publicité est judicieusement placée au beau milieu du dossier) plutôt qu’à l’État. Car, tous ceux qui, comme Jacques Marseille, « ont compris que le marché était plus performant  » savent « qu’il vaudrait mieux confier à des « professionnels » le soin d’accompagner les personnes les plus fragiles  ».
L’ennemi ? Ce sont les « fonctionnaires  » dont une des illustrations qui accompagnent le dossier donne la définition implicite pour l’auteur : « jamais virée, pas trop bosser, bien payée... je veux être fonctionnaire  ».

Eux ne méritent pas le nom de « professionnels ». Ils sont les représentants d’un « service public pléthorique aux privilèges sans égal ». Héritiers d’une «  époque où l’État était considéré comme le dépositaire de toutes les vertus et l’Union soviétique comme le modèle de l’économie planifiée », ils vivent d’une Sécurité sociale «  brandie comme un drapeau rouge » par les ordonnances de 1945, un projet à ce point méprisable que, pour l’auteur, le citer suffit à le dénigrer [5].

Contrôle des chômeurs

Jacques Marseille n’évoque la question de la fraude au chômage qu’une seule fois en s’étonnant, de façon ingénue, d’un taux anormalement faible de fraude sanctionnée en France par rapport aux autres pays de l’OCDE. « La France est le seul pays européen à ne pas avoir réellement subordonné le versement des allocations de chômage à des obligations  », explique-t-il à ce sujet. L’implication est évidente : « plus d’obligations » pousseraient les chômeurs à retrouver du travail car c’est par choix que certaines personnes restent au chômage. Ce que la dessinatrice - décidément très inspirée -, résume par un croquis dans lequel un personnage s’exclame « je suis rentier des Assedic  ».
Certes, les rares lecteurs du Point qui connaissent - pour les avoir vécues -, les « obligations  » que la France parvient tout de même à imposer à ses chômeurs s’étonneront d’une telle affirmation.

Cette recension, loin d’être exhaustive, suffira à rendre compte du ton, mais surtout du thème, de l’enquête de Jacques Marseille qui ne mériterait pas qu’on s’y arrête si elle n’offrait le prétexte à ce « dossier spécial » qui constitue une véritable « perle » de propagande néolibérale déguisée en journalisme.

2. Un dossier

Nous l’avons vu, le « safari chez les pauvres accrochés à leurs privilèges » de Jacques Marseille n’aborde la question de la « fraude  » que pour s’étonner de ce que son taux soit anormalement faible par rapport aux autres pays de l’OCDE. Il s’agit là d’une première interprétation : la faiblesse d’un taux par rapport à une moyenne fixée arbitrairement implique-t-elle, de façon objective, une anomalie ? Mais pourquoi pas. L’économiste Jacques Marseille a depuis longtemps quitté le terrain de la démonstration scientifique, le lecteur peut donc choisir de suivre son raisonnement.

Il n’en reste pas moins que cet unique paragraphe de « l’enquête » du Point ne constitue qu’un argument bien maigre pour crier à la « triche sociale  » et, notamment, démontrer que, parmi les tricheurs, les chômeurs sont une catégorie surreprésentée... justifiant leur mise en exergue à la « Une » du magazine.

Mais pour Eric Laffitte, le journaliste qui signe l’article d’introduction au dossier, nul besoin d’apporter la preuve d’une fraude pour crier à la fraude. Il va même plus loin. Pour lui, s’il n’y a pas de preuve que les chômeurs fraudent... c’est bien la preuve qu’ils fraudent !

Démonstration

Le responsable du contrôle à la Caisse nationale des allocations familiales affirme-t-il que « Le soupçon de fraude ou d’abus qui tend à peser sur les bénéficiaires de prestations sociales se révèle largement non fondé » ? C’est une « manière de nier la fraude  » rugit Eric Laffitte. Et si l’on cherche des « manière[s] de nier la fraude  », ce n’est pas qu’elle n’existe pas, c’est qu’ « on » ne veut pas « la pourchasser  ».

Admirable raisonnement qui veut que puisque le Point a décidé de dénoncer une fraude au chômage qu’aucun élément tangible ne peut avérer, c’est non seulement qu’elle existe, mais que d’autres souhaitent la cacher. Don Quichotte, lui, avait choisi de se battre contre des moulins...

Eric Laffitte ne s’arrête pas en si bon chemin. Si l’« on » ne veut pas «  pourchasser  » la fraude, c’est à cause du « tabou  » de la « chasse aux pauvres  ». « Parler de la triche aux aides sociales est spécialement incorrect en France » lance-t-il, « et tant pis si régulièrement éclatent ça et là des scandales ». Ces scandales, ceux qui ternissent l’image du prolétariat précarisé aux yeux de ses lecteurs, le Point ne les taira pas ! Les autres, ceux qui pourraient dévaloriser l’image du patronat français, bénéficieront d’un traitement bien moins soucieux.

Recette

Résumons. Pour dénoncer « la triche quotidienne à laquelle se livrent de petits malins  » nul besoin de faire la démonstration qu’elle existe. Il suffit :
1/ de clamer sa détermination à briser un « tabou » dont la dénonciation constituera l’acte de création [6] ;
2/ de s’appuyer sur une « enquête prétexte ». Peu importe s’il ne s’agit pas d’une enquête mais d’un plaidoyer et peu importe si elle traite d’un sujet sensiblement différent ;
3/ de faire référence à quelques « exemples isolés mais qui témoignent d’une évolution des esprits [sic] » ;
4/ de donner l’impression d’étayer son propos d’anecdotes dont le statut d’encadrés dans le dossier invite à penser qu’elles sont « révélatrices » de la situation dépeinte. Peu importe si sur les sept cas de « fraude aux prestations sociales » mentionnés, un seul est en rapport à l’allocation chômage... dans « les réseaux mafieux  » marseillais ( !) [7] ;
5/ pour le reste, les sous-entendus, les références à « une réalité connue de tous » et les « il paraît que ça arrive  », suffiront.

Sur les bases de ce qui ne peut donc plus être décrit que comme une accusation « à charge » contre ces « chômeurs détrousseurs de la Nation », Eric Laffitte quitte hâtivement le registre de l’information pour entrer dans celui de la prescription qui, il est vrai, lui sied mieux.

Traquer pour « moraliser »

Il faut plus de « contrôles  », plus de « sanctions  » pour « moraliser le social  » (l’économique, lui, n’en a nul besoin). Il s’agit - et Le Point fait figure de pionnier -, de préparer les Français aux « nouveaux sacrifices  » qu’exigeront d’eux les « réformes courageuses nécessaires » [8]. Ainsi, pour « approfondir la réforme  » efficacement, il faut plus de « transparence  »... chez les chômeurs, cela s’entend.

Ainsi, de glissement progressif en grand écart journalistique, l’objectif de ce dossier s’avère donc être de lancer une « traque aux chômeurs », de façon à expliquer les futures « réformes » à venir. Sans aucun doute, un nouveau recul de l’État dont les lecteurs du Point ne seront pas les premiers à souffrir.
Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage...


3. Pendant ce temps chez les lecteurs du Point [9]

Il n’est pas impossible que ce qui motive Eric Laffitte, soit ce sentiment de profonde injustice qu’il ne parvient pas tout à fait à ravaler... Alors que « contrôler un chômeur  » est aujourd’hui « impensable  », « l’État peut se révéler inquisiteur pour pourchasser les fraudeurs du fisc  ».

Il est de plus en plus difficile d’être riche en France, semble-t-il nous dire, et ce n’est pas Patrick Ricard (PDG de Pernod Ricard dont Le Point publie un entretien à quelques pages de là), qui le contredira. Lui-même profite d’une perche tendue par la journaliste du Point pour expliquer que même si « [son] rêve serait franchement de pouvoir prendre [sa] retraite dans le sud de la France  », il craint « que l’ISF ne [le] pousse à quitter la France  ».

À en juger par le contenu que le magazine leur propose, les lecteurs du Point ont plus de chances que d’autres de compatir avec ce pauvre Patrick. Ainsi, cette lecture du dossier « La grande triche sociale » ne serait pas complète si elle ne le replaçait pas dans son contexte immédiat, qui nous informe sur le lecteur que le Point cherche à « cibler ».

Un lecteur golfeur

C’est un lecteur qui sera intéressé par un dossier « spécial Golf » de 24 pages et s’empressera de « Retrouve[r] sur BFM  » une émission qui lui ressemble : « Goûts de luxe, spécial golfe  ». Il partagera avec la journaliste Anne Jeanblanc le constat douloureux qu’« en cette année de centenaire de l’Open de France, et même si beaucoup a été fait, il reste encore du chemin à parcourir pour faire de ce sport hors du commun une des activités préférées des Français. ». Mais il sera prêt à relever le défi et de lancer, avec elle, « Chiche ? ».
Il trouvera sûrement que l’initiative du Point d’offrir à ses lecteurs un reportage sur le « Paradis des golfeurs  » constituera un premier pas important dans cette direction. « Deux parcours de 18 trous, un hôtel de grand luxe, un spa géant », pas mal pour commencer... « Bien sûr, tout cela a un prix », concèdera-t-il avec le journaliste Christophe Gaillard. En effet : de 550 à 10 000 euros la nuit.

Un lecteur curieux


C’est un lecteur qui se passionnera pour les « grands de ce monde », ceux vers lesquels ses yeux sont tournés. La page « Ces gens-là » l’enchantera. Il se délectera d’apprendre que « l’infante d’Espagne a montré le bout de son nez », que « Christian, héritier du trône de [sic] Danemark a fait sa première croisière avec ses parents  » ou que « le prince Joachim et la princesse Alexandra » ont eu « la joie d’être emmenés au cirque par leurs deux parents, pourtant officiellement séparés  ».

Un lecteur... qui se laissera tenter

C’est un lecteur auquel la page consacrée à « l’immobilier prestige du Point » (à partir de 400 000 euros) donnera, à l’occasion, l’envie de s’offrir un pied-à-terre évoquant « prestige et volupté  ». Il consultera aussi la rubrique « Conso » où une pleine page est, cette semaine, consacrée à vanter les mérites de la dernière Cadillac 4x4 (à partir de 70 390 euros).
Par Cilou Lilou - Publié dans : Médias
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 21:53
1 Le pouvoir a déjà changé de mains

Les véritables maîtres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d'institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas élus, malgré l'impact de leurs décisions sur la vie des populations.

Le pouvoir de ces organisations s'exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des états est limité à une dimension nationale.

Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des états.

A dimension transnationale, plus riches que les états, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.


2 L'illusion démocratique

La démocratie a déjà cessé d'être une réalité.

Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n'est pas informé de leurs décisions.

La marge d'action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n'ont été ni consultés, ni informés.

Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique: le transfert du pouvoir des états vers des organisations non-élues, au moyen d'un processus appelé "mondialisation".
 
Une suspension proclamée de la démocratie n'aurait pas manqué de provoquer une révolution. C'est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres.

Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n'ont plus de pouvoir réel.

Et c'est bien parce qu'il n'y a plus rien à décider que les programmes politiques de "droite" et de "gauche" en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.

Pour résumer, nous n'avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s'appelle "nouvel esclavage", avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce.


3 La disparition de l'information

Depuis le début des années 90, l'information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public.

Comme les élections, les journaux télévisés continuent d'exister, mais ils ont été vidés de leur contenu.

Un journal télévisé contient au maximum 2 à 3 minutes d'information véritable. Le reste est constitué de sujets "magazine", de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

Les analyses par des journalistes spécialisés, ainsi que les émissions d'information ont été presque totalement éliminés.

L'information se réduit désormais à la presse écrite, lue par une minorité de personnes.

La disparition de l'information est le signe tangible que notre régime politique a déjà changé de nature.


4 Stratégies et objectifs pour le contrôle du monde

Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Il se connaissent, se rencontrent, partagent les mêmes vues et les mêmes intérêts.

Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.
 
Il est dès lors naturel qu'ils s'accordent sur une stratégie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations économiques favorables à la réalisation de leurs objectifs, à savoir:

Affaiblissement des états et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics.

Désengagement total des états de l'économie, y compris des secteurs de l'éducation, de la recherche, et à terme de la police et de l'armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées.

Endettement des états au moyen de la corruption, des travaux publics inutiles, des subventions données aux entreprises sans contrepartie, ou des dépenses militaires. Lorsqu'une montagne de dettes a été accumulée, les gouvernements sont contraints aux privatisations et au démantèlement des services publics. Plus un gouvernement est sous le contrôle des "Maîtres du Monde", et plus il fait augmenter la dette de son pays.

Précarisation des emplois et maintien d'un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Ceci accroît la pression économique sur les salariés, qui sont alors prêts à accepter n'importe quel salaire ou conditions de travail.

Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n'importe quel travail à n'importe quel salaire. Des aides sociales trop élevées empêchent le chômage de faire pression efficacement sur le marché du travail.

Empêcher la montée des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde étaient mieux rémunérés, cela briserait le principe même des délocalisations et du levier qu'elles exercent sur le marché du travail et la société en occident. Ceci est donc un verrou stratégique essentiel qui doit être préservé à tout prix. La fameuse "crise asiatique" de 1998 a été déclenchée dans le but de préserver ce verrou.


5 Les attributs du pouvoir

Les organisations multinationales privées se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des états: réseaux de communication, satellites (2), services de renseignements, fichiers sur les individus (3), institutions judiciaires (établies par l'OMC et l'AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traîner un état devant une cours de justice internationale spéciale).

L'étape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d'obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond à leur nouvelle puissance, en créant leurs propres forces armées, car les armées et polices nationales ne sont pas adaptées à la défense de leurs intérêts dans le monde.

A terme, les armées sont appelées à devenir des entreprises privées, des prestataires de services travaillant sous contrat avec les états, aussi bien qu'avec n'importe quel client privé capable de payer leurs services. Mais à l'étape ultime du plan, ces armées privées serviront les intérêts des grandes multinationales, et attaqueront les états qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre économique.

En attendant, ce rôle est assumé par l'armée des Etats-Unis, le pays le mieux contrôlé par les multinationales.

 
Notes:

1 - Armées privées
Les armées privées existent déjà au Etats-Unis. Il s'agit des sociétés DynCorp, CACI, et MPRI, prototypes des futures armées privées. Dyncorp est intervenu dans de nombreuses régions où les États-Unis souhaitaient intervenir militairement sans en porter la responsabilité directe (en Amérique du Sud, au Soudan, au Koweït, en Indonésie, au Kosovo, en Irak...). Fin 2002, Dyncorp a été rachetée par Computer Sciences Corporation, l'une des plus importantes sociétés américaines de services informatiques. En Mai 2004, Dyncorp et MPRI ont été impliquées dans les tortures sur les prisonniers irakiens. Les armées privées (appelées "sous-traitants" par le Pentagone) représentent 10% des effectifs américains envoyés en Irak.

2 - Satellites
Microsoft a finalement renoncé à son projet Teledesic, un réseau de 288 satellites de communication qui devaient constituer un maillage tout autour de la planète. Mais d'autres compagnies multinationales s'apprêtent à créer des réseaux de satellites de communication similaires. Des satellites d'observation privés sont également déjà en place. Deux sociétés commercialisent des images à haute résolution de tout lieu de la planète susceptible d'intéresser les acheteurs.

3 - Fichiers privés
De nombreuses sociétés fondées ces dernières années (principalement aux Etats-Unis) sont spécialisées dans la collecte d'informations individuelles, officiellement à des fins commerciales. Mais ces fichiers privés commencent à rassembler des millions de profils individuels très précis de consommateurs répartis dans l'ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues à quiconque souhaite les acheter.



6 La vraie réalité de l'argent

L'argent est aujourd'hui essentiellement virtuel. Il a pour réalité une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent à des échanges économiques dans le "monde réel".

Les marchés financiers eux-mêmes constituent un système de création d'argent virtuel, de profit non-basé sur une création de richesses réelles. Grâce au jeu des marchés financiers (qui permet de transformer en bénéfices les oscillations des cours), les investisseurs avisés peuvent être déclarés plus riches, par une simple circulation d'électrons dans des ordinateurs. Cette création d'argent sans création de richesses économiques correspondantes est la définition même de la création artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l'orthodoxie économique libérale interdit aux états, est donc possible et légal pour un nombre restreint de bénéficiaires.

Si l'on veut comprendre ce qu'est réellement l'argent et ce à quoi il sert, il suffit d'inverser le vieil adage "le temps c'est de l'argent".

L'argent, c'est du temps.

L'argent est ce qui permet d'acheter le temps des autres, le temps qui a été nécéssaire à produire les produits ou les services que l'on consomme.

L'argent, le temps, et les esclaves

Techniquement, l'argent est une unité de calcul intermédiaire pour échanger du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse être comparé directement. Car chaque conversion entre l'argent et le temps se fait sur la base d'une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force économique et informationnel entre l'acheteur et le vendeur.

Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.

Lorsqu'un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a été nécéssaire pour fabriquer ce produit à un prix bien plus élevé que le salaire qui lui est payé pour une fraction équivalente de son propre temps.

Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.

Lorsqu'un salarié occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l'équivalent d'une heure. Pour un salarié du Tiers Monde, le rapport tombe à 1000 heures contre une.

Ce système est la version moderne de l'esclavage.

Les bénéficiaires du temps volé aux salariés sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d'un employé ordinaire), mais aussi les états dès lors que l'argent prélevé par les impots et les taxes n'est pas utilisé dans le sens de l'intérêt général.


7 Le point de non-retour écologique va être franchi

Il est évident que nous commençons à nous heurter aux limites écologiques de l'activité économique.

Un système économique libéral, dont le but est la recherche du profit à court-terme pour des intérêts particuliers, ne peut prendre en compte les coûts à long-terme tels que la dégradation de l'environnement.

Les modèles économiques actuels sont également inaptes à estimer à sa juste valeur la "production" de la nature, indispensable à notre survie: production d'oxygène, fixation du gaz carbonique par les forêts et les océans, régulation de la température, protection contre les rayonnements solaires, recyclage chimique, répartition des pluies, production d'eau potable, production d'aliments, etc.

Si nos modèles économiques intégraient le coût réel de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est "rentable" et de ce qui ne l'est pas.

La production de la nature a été évaluée à 55.000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l'Institute for Ecological Economics de l'Université du Maryland en 1997.

8 La destruction de la nature est voulue

La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?

Pour 3 raisons:

1- La disparition de la nature et l'augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dépendants du système économique pour leur survie, et vont permettre de générer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de médicaments et de prestations médicales...).

2- Par ailleurs, la nature constitue une référence d'un autre ordre, celui de l'univers. La contemplation de la beauté et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l'individu à rejeter la laideur des environnements urbanisés, et à douter de l'ordre social qui doit demeurer la seule référence.
L'urbanisation de l'environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlé, surveillé, et où l'individu est totalement immergé dans une projection de l'ordre social.

3 - Enfin, la contemplation de la nature incite au rêve et intensifie la vie intérieure des individus, développant leur sensibilité propre, et donc leur libre-arbitre.
Ils cessent dès lors d'être fascinés par les marchandises, ils se détournent des programmes télévisés destinés à les abrutir et à contrôler leur esprit. Délivrés de leurs chaînes, ils commencent à imaginer une autre société possible, fondée sur d'autres valeurs que le profit et l'argent.

Tout ce qui peut amener les individus à penser et à vivre par eux-mêmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l'ordre social est la spiritualité car elle amène l'individu à bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au détriment des valeurs et comportements précédemment implantés par le conditionnement social.

Pour la stabilité du "nouvel ordre social", tout ce qui peut stimuler l'éveil spirituel doit être éliminé.


9 Les alternatives de la dernière chance

Pour ne pas être définitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir économique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements écologistes) doivent répondre en se plaçant sur le même niveau d'organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, à l'échelle de groupes d'états pesant un poids suffisant dans les flux économiques mondiaux.

Il leur reste peu de temps pour réagir, car tous les moyens de contrôle nécessaires à une future dictature mondiale sont désormais en place.


10 2000 ans d'histoire

Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique:

1 - L'ère des tribus

Pouvoir exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).
Comme chez les groupes d'animaux, le pouvoir revient au "mâle dominant".
 

2 - L'ère des empires et des royaumes

Pouvoir héréditaire. Naissance de la notion d'état.
 

3 - L'ère des états-nations

Ere ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des Etats-Unis.

Dans un état-nation, le pouvoir n'est plus héréditaire mais exercé par des dirigeants censés représenter le peuple, et désignés par des élections (état-nation démocratique), ou par un système de cooptation au sein d'un parti unique (état-nation totalitaire).
 

4 - L'ère des conglomérats économiques

Ere initiée à partir de 1954, mise en place au cours des années 70 et 80, et pleinement opérationnelle à partir des années 90.

Le pouvoir n'y est plus de type représentatif ou électif, et il n'est plus localisé géographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux états-nations).

Il est exercé directement par ceux qui contrôlent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrôle de la technologie, de l'énergie, de la monnaie, et de l'information.

Comme tout nouveau pouvoir, il s'érige en remplacement du pouvoir précédent, voué à disparaître.

Enfin, ce nouveau pouvoir est global, planétaire. Il n'a donc ni alternative, ni échappatoire. Il constitue un nouveau niveau d'organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.

La résolution des grands problèmes écologiques économiques et sociaux nécessite effectivement l'avènement d'une forme de pouvoir global. De même, l'unification du monde par l'économie et le déclin des états-nations ont été décidés en partie pour une noble cause: rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, à l'ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.

Mais la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce pouvoir global doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.

La mondialisation (ou "globalisation") n'est pas négative en elle-même. Potentiellement, elle peut permettre l'établissement d'une paix mondiale durable et une meilleure gestion des ressources. Mais si elle continue d'être organisée au bénéfice d'une élite et si elle conserve son orientation néo-libérale actuelle, elle ne tardera pas à engendrer un nouveau type de totalitarisme, la marchandisation intégrale des êtres vivants, la destruction totale de la nature, et des formes inédites d'esclavage.

 

Sylvain Timsit
© Syti.Net 1998


Par Cilou Lilou - Publié dans : Dictature industrielle
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 21:43
dimanche 1 octobre 2006, 18h43

WASHINGTON (AFP) - Les affirmations du journaliste vedette Bob Woodward, dans son nouveau livre très critique pour le gouvernement Bush, secouent Washington et alimentent les débats sur l'Irak à cinq semaines des élections parlementaires.
Dans son ouvrage "State of Denial" (Etat de déni), Bob Woodward affirme que le président américain George W. Bush a dissimulé l'ampleur des violences sur les forces américaines en Irak. La Maison Blanche aurait régulièrement, depuis l'invasion de l'Irak, affirmé en public que la lutte contre le terrorisme faisait des progrès, alors même qu'elle disposait de documents disant le contraire.

Ces allégations font grand bruit car Bob Woodward est une référence du journalisme d'investigation depuis qu'il a révélé, avec Carl Bernstein, l'affaire du Watergate qui avait conduit à la chute de Richard Nixon -- mais aussi parce que ces dernières années, il s'était vu taxer d'une certaine complaisance envers le gouvernement Bush.
Le livre ne sort que lundi mais ses révélations, distillées dans la presse, l'ont propulsé dès le week-end en tête des commandes sur le site Amazon.com. Dimanche les émissions politiques du matin consacraient à l'affaire l'essentiel de leurs programmes et le magazine Newsweek avait choisi d'en faire sa "Une".

Résumant sa thèse dans un article du Washington Post, M. Woodward donne plusieurs exemples dimanche du double langage supposé de la Maison Blanche.

En mars 2003 ainsi, peu avant l'invasion de l'Irak, le vice-président Dick Cheney avait qualifié d'"exagération" l'idée qu'il faille maintenir des centaines de milliers de soldats après la fin des opérations militaires. Or les services de planification du Commandement central (Centcom) estimaient à l'époque qu'il faudrait 450.000 soldats américains pour occuper l'Irak.

M. Woodward dénonce l'absence de stratégie militaire et l'influence de l'ancien secrétaire d'Etat Henry Kissinger, farouchement opposé à toute diminution prématurée des troupes en Irak pour ne pas voir se répéter un nouveau Vietnam.

Le journaliste est également très dur envers le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et il reproche à l'ancienne secrétaire à la Sécurité nationale Condoleezza Rice, aujourd'hui secrétaire d'Etat, d'avoir ignoré, deux mois avant le 11 septembre 2001, une mise en garde pressante du numéro un de la CIA de l'époque, George Tenet.

La Maison Blanche a vigoureusement dénoncé ces allégations en publiant un mémo samedi reprenant point par point plusieurs affirmations du livre.

"Le président a été très clair avec les Américains sur les défis que nous affrontons en Irak. (...) Si vous prenez du recul, vous pouvez voir que pas un Américain ignore la violence en Irak", a estimé dimanche le conseiller à la Maison Blanche Dan Bartlett, sur la chaîne CBS.

Le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow avait dès vendredi coupé court à l'affirmation selon laquelle l'ancien secrétaire général de la Maison Blanche Andrew Card avait recommandé de limoger M. Rumsfeld.

De son côté M. Kissinger a nié jouer un rôle déterminant sur l'Irak. "Il est absurde de croire que quelqu'un venant de l'extérieur pour une heure environ toutes les six semaines tout au plus a une grande influence sur les décisions tactiques", a-t-il affirmé sur la chaîne CNN.

Mais la publication de ce livre intervient alors que le président Bush est sous le feu des critiques sur l'Irak, à cinq semaines d'élections parlementaires qui s'annoncent périlleuses pour sa majorité.

Il s'est retrouvé sur la défensive cette semaine, après la publication d'extraits d'un rapport confidentiel concluant que la guerre en Irak a accru la menace terroriste.

Des démocrates ont aussi accusé la Maison Blanche de retarder la publication d'une synthèse des services de renseignement consacrée à l'Irak, afin d'éviter des retombées politiques à l'approche des élections.

Claire GALLEN

Par Cilou Lilou - Publié dans : Culture
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 21:40
dimanche 1 octobre 2006, 20h49

PARIS (AFP) - Le sabotage du Rainbow Warrior, il y a 21 ans par les services secrets français dans le port néo-zélandais d'Auckland, qui avait été l'un des plus gros scandales du premier septennat de François Mitterrand, a resurgi dans la campagne présidentielle avec la mise en cause d'un des frères de Ségolène Royal, candidate à l'investiture PS pour 2007.
"Je suis un peu surprise de cette polémique juste au lendemain de ma déclaration de candidature. Je ne sais pas si c'est une coïncidence", a déclaré dimanche à Guingamp (Côte d'Armor) la candidate socialiste préférée des Français dans les sondages, en se demandant si cette polémique était "justifiée" ou si c'était "une peau de banane".

C'est le frère cadet de Mme Royal, Antoine, qui a remis sur le devant de la scène cette affaire vendredi. Dans un entretien au Parisien, il a assuré que leur frère Gérard, ancien de la DGSE, lui avait dit avoir "posé la bombe" ayant coulé le navire de Greenpeace.
Ce sabotage, dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, avait coûté la vie d'un photographe qui était à bord du bâtiment, engagé dans une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Muruora (Polynésie).

Devant ces révélations, la police néo-zélandaise a annoncé dimanche qu'elle allait réexaminer le dossier du sabotage du navire amiral de l'organisation écologiste, quinze ans après sa clôture.

Dans l'après-midi dimanche, un spécialiste des services secrets a précisé, sous couvert de l'anonymat, que Gérard Royal pilotait en fait le zodiac de la troisième équipe d'agents français ayant posé la bombe - en l'occurence deux mines-.

Dimanche, à droite comme à gauche, on se refusait à entrer dans la polémique. "Je n'ai aucune espèce de trace d'ombre de début d'opinion sur cette affaire, parce que ce n'est pas le sujet" et "je ne m'en saisis pas", a déclaré le président de l'UDF François Bayrou, ajoutant qu'il n'avait "aucune opinion à avoir sur les frères, les soeurs, les tantes, les cousins de Ségolène Royal".

Même désintérêt de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua: "cela ne me la rend pas plus antipathique".

De son côté, Dominique Strauss-Kahn, concurrent de Mme Royal à l'investiture PS, a fait valoir qu'il fallait "que les choses soient avérées avant qu'on les évoque".

"Il est dommage qu'il y ait des évocations de ce genre alors qu'on n'est pas très sûrs de ce qu'il en est exactement. Ensuite, si on est sûr des faits, il me semble que c'est malvenu: dans une campagne, personne n'est responsable de ce que fait son père, son frère et sa soeur", a-t-il dit.

Laurent Fabius, qui était Premier ministre au moment de l'affaire du Rainbow Warrior, s'est indigné, se demandant, comme Mme Royal, s'il s'agissait d'une "coïncidence". "Si on veut arrêter les socialistes comme ça, on n'y arrivera pas", a lancé M. Fabius, candidat également à l'investiture socialiste pour 2007.

L'affaire du Rainbow Warrior avait ébranlé à l'époque l'exécutif et conduit à la démission du ministre de la Défense Charles Hernu.

L'opération contre le Rainbow Warrior avait été menée par trois équipes d'agents secrets français: la première (celle des faux époux Turenge) avait coordonné la logistique, la deuxième (Ouvéa) convoyé les mines et la troisième les avait posées.

Sylvie MALIGORNE

Par Cilou Lilou - Publié dans : Elections
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 21:27
dim 01 oct, 18h06

Depuis vingt ans, sous la pression de l'Union européenne, les constructeurs automobiles ont réduit l'émission de polluants liés au moteur des voitures. On ne peut pas en dire autant des systèmes de climatisation, pratiques certes, mais nocifs. Une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) montre que le fonctionnement d'un climatiseur entraîne une surconsommation d'essence de l'ordre de 25 à 35% en ville, et de 10 à 20 % sur route. Pire, toujours selon cette étude, la climatisation est à elle seule responsable de "10 à 15% des rejets annuels de gaz à effet de serre" pour un véhicule de gamme moyenne comme une Renault Clio ou une Peugeot 307.

La raison est simple : les climatiseurs, pour leur fonctionnement, emploient de l'hydroflorocarbone (HFC). L'utilisation d'un seul kilo de ce fluide équivaut, pour l'atmosphère à 1,3 tonne de CO2, ce que génère une voiture en parcourant 8 500 km. Les constructeurs ont pris conscience de la situation et travaillent, depuis 1995, sur l'impact environnemental des climatiseurs. Les - sombres - prévisions actuelles font état pour 2010 de 4 à 4,5 millions de tonnes équivalents CO2 émises dans l'atmosphère. Mais l'Ademe montre le chemin : si des améliorations drastiques sont apportées, 60 % de ces émissions pourraient être évitées.

Terra Economica

( Terra Economica / Yahoo News )


Ceci est une réponse à toutes celles et tous ceux qui voulaient croire en un sursaut écologique du gouvernement français avec son bioéthanol (qui n'est lui non plus pas écologique !)

Voici l'article de l'ADEME sur la clim !

Cilou



La climatisation automobile

Impacts consommation et pollution

Laurent GAGNEPAIN

La climatisation, en voiture, c'est plus de confort et plus de sécurité : la vigilance du conducteur est meilleure quand il a moins chaud et le système fournit un air sec qui désembue très rapidement le pare-brise et les vitres latérales, mais …

On consomme plus et on pollue plus :
Quand elle fonctionne, la climatisation augmente notablement la consommation de carburant d'un véhicule :
-
en ville, c’est en moyenne 31 % d’essence consommés en plus ou 35 % de gazole pour les voitures Diesel ;
-
sur route-autoroute, la surconsommation est d’environ 16 % pour les véhicules à essence et de 20 % pour les Diesel ;
Il est important de noter que les derniers systèmes de climatisation (régulation automatique, compresseur à cylindrée variable et pilotage externe) permettent de réduire la surconsommation de carburant lorsqu'ils sont en fonctionnement (exemple : voiture Diesel en ville = +25% au lieu de +35%, sur route-autoroute = +15% au lieu de +20%). Néanmoins, les climatisations automatiques fonctionnent beaucoup plus souvent tout au long de l'année que les climatisations manuelles lorsque les températures extérieures sont inférieures à 20°C : les utilisateurs ne désactivent pas le mode automatique qui est le mode par défaut, en mode
manuel ils peuvent ouvrir leur fenêtre avant d'avoir le réflexe de mettre en route leur climatisation. Ainsi sur une année les gains apportés par la régulation automatique sont gommés par un usage plus fréquent.

Sur une année entière, en France et suivant les climats, les véhicules climatisés
consomment entre 3 et 5 % de carburant en plus par rapport à ceux qui ne le sont pas.
L’utilisation de la climatisation entraîne aussi une augmentation :
-
de la pollution (CO et NO pour les moteurs à essence, NO et particules pour les Diesel) des émissions de CO


On réchauffe la planète

L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet d’avoir une température vivable sur Terre. Il est dû à la présence de certains gaz dits "à effet de serre" dans l’atmosphère, dont les quantités sont augmentées de façon énorme par les activités humaines, ce qui accroît l’effet de serre et perturbe très gravement le climat de la planète.

Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie
Département Technologies des Transports
500, route des Lucioles – 06560 Valbonne

La climatisation intervient à double titre dans les émissions de gaz à effet de serre :

quand elle fonctionne, elle provoque une surconsommation de carburant et donc des émissions de CO accrues (3 à 5 % de CO émis en plus par an) ;

qu’elle fonctionne ou pas, elle rejette le fluide frigorigène (R134a) présent dans le circuit de climatisation (fuites, maintenance, entretien, accident, non-récupération en fin de vie du véhicule…). Ce fluide est un gaz à fort effet de serre, 1 300 fois plus puissant que le CO

Pour un véhicule de gamme moyenne, la climatisation, à elle seule (usage, maintenance et fuites), est responsable d’une augmentation de 10 à 15 % de ses rejets annuels de gaz à effet de serre. Toutefois, des progrès sont enregistrés. Le taux de fuite des boucles de climatisation tend à se réduire : on est passé de 15% de fuite fugitive à 10% en moyenne ; l'objectif des 40
g/an de fuite de réfrigérant maximale (directive CE application au plus tard le 01/01/2007) est déjà atteint sur certaines boucles de climatisation. Par ailleurs, un décret va être signé en France en 2005 précisant que les interventions sur les boucles de climatisation ne pourront être faites que par du personnel agréé et dans des garages agréés qui seront les seuls à pouvoir acheter du R134a. De plus, l'obligation de récupération du réfrigérant en fin de vie du véhicule sera inscrite dans ce décret.

Quelques conseils :

Stationner à l'ombre quand c'est possible

Ouvrir les fenêtres pour évacuer la chaleur dans l'habitacle avant d'enclencher la climatisation, mais rouler les fenêtres fermées quand elle fonctionne

Limiter la température de consigne à 5°C en dessous de la température extérieure offre le plus souvent un niveau de confort suffisant

Pour les climatisations automatiques, l'éteindre lorsqu'il ne fait pas trop chaud et préférer ouvrir les fenêtres si nécessaire

Utiliser par temps très chaud la commande recyclage permet de réduire l'énergie consommée par le système en récupérant l'air frais de l'habitacle (ne pas rester en continu en mode recyclage pour assurer le renouvellement de l'air dans le véhicule)

Faire fonctionner quelquefois la climatisation tout au long de l'année pour éviter le dessèchement des joints, notamment au niveau du compresseur

Faire récupérer par un professionnel le fluide frigorigène de la boucle de climatisation lorsque le véhicule est en fin de vie

Pour en savoir plus :

La climatisation automobile : un équipement en question – ADEME – réf.4284 – juillet 2004
La climatisation automobile : impact énergétique et environnemental – ADEME – réf.4183 – mai 2003
La climatisation automobile : données et références – ADEME – réf.4343 – mai 2003 – 23 €
La climatisation automobile : évolution de la réglementation – ADEME – juin 2005
La climatisation automobile : conseils d'entretien et d'usage – ADEME – juin 2005

Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie
Département Technologies des Transports
500, route des Lucioles – 06560 Valbonne

( Ademe (document PDF ))

Par Cilou Lilou - Publié dans : Planète
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