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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 20:39
vendredi 29 septembre 2006, 16h52

LONDRES (AP) - La chaîne de télévision britannique Channel 4 va programmer à partir du début d'année prochaine un documentaire dans lequel des femmes, volontaires, devront maigrir le plus possible. L'objectif est d'alerter sur les dangers de régimes excessifs.

Dans "Super-Skinny Me: The Race to Size Zero", plusieurs femmes journalistes vont filmer leurs tentatives pour arriver à la "taille zéro", qui correspond en France à une taille 30. "A chaque étape du documentaire, elles disposeront d'un soutien médical et de conseils", précise un porte-parole de la chaîne.

Channel 4 espère que les résultats obtenus entraîneront le même type de débats que le film de Morgan Spurlock "Super Size Me", dans lequel il démontrait les dangers d'un régime alimentaire exclusivement basé sur le fast-food.

Selon deux études récentes, la taille moyenne des femmes en Grande-Bretagne est de 14, soit l'équivalent d'une taille 42.

L'Association britannique sur les troubles alimentaires a fait part de son inquiétude concernant les dangers de cette émission sur les participantes au projet. "Il pourrait leur être très difficile de recommencer à manger normalement à l'issue de cette expérience", a observé son porte-parole, Steve Bloomfield. AP

( Associated Press / Yahoo News )


Cobayes humains... Qu'on ne nous dise pas que le PDG de Channel 4 veut faire comme le film Super Size Me car le réalisateur du film avait choisit de mettre sa propre santé en péril, tandis que là, le PDG veut payer des femmes pour qu'elles mettent en danger leur santé ! INADMISSIBLE !

Qui plus est, à l'instar de "Super Size Me !" le propos ne peut que renforcer ce qu'il est censé dénoncer. Pour "Super Size Me !", le réalisateur a décidé de ne prendre que des menus de fast food format king size pour chacun de ses repas, tous les jours et pendant 3 mois ! Résultat : les gens voyant ce film se disent "Les excès sont mauvais. Mais qui va manger pendant 3 mois à raison de trois repas par jour, tous les jours, des menus king size ??? Donc à consommer avec modération." Et du coup, la consommation fast food est affranchie des doutes qui l'assaillaient, validant l'idée que manger fast food de manière raisonnable n'est pas forcément nocif (ce qui est empiriquement faux). De plus, l'aspect éthique des fast foods n'est pas remis en question : la manière dont sont exploité-es les salarié-es, toute la pression qu'on leur met (1 minute chronométrée par personne, employé-es humilié-es, vidéo-surveillé-es, surexploité-es, déforestation de l'Amazonie, impérialisme économique, etc...)

Ici, le PDG de Channel 4 a un concept qui suscitera la même réflexion chez les téléspectatrices et les téléspectateurs : "Les excès sont mauvais. Les régimes à hautes doses sont dangereux. Pour arriver à mettre sa santé en danger en faisant des régimes, il faut mettre la dose ! Donc les régimes faits de manière correcte ne mettent pas en danger la santé"

Qui sont ces femmes qui ont accepté de mettre leur santé en péril pour atteindre la squelettissime taille 0 ? S'est-on seulement posé la question ? Il est fort à parier, dans l'Angleterre de Blair où la précarité se fait de plus en plus insupportable, que ce sont des femmes qui avaient besoin d'argent. C'est là qu'intervient l'annonce de Channel 4 "Votre santé contre de l'argent", et puis, qui sait, peut-être un jour, comme dans l'excellent film La Mort en Direct "Votre vie contre de l'argent"... (On n'en est pas bien loin à présent !) Puis les snuff movies, comme dans le film The Brave où un indien accèpte de donner sa vie pour permettre à sa famille de vivre grâce à l'argent qui lui a été donné pour qu'il accèpte d'être tué devant la caméra...

Cilou.

Par Cilou Lilou - Publié dans : Médias
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 20:36
vendredi 29 septembre 2006, 21h28

PARIS (AFP) - La Société des rédacteurs du Monde (SRM) a annoncé avoir voté vendredi à 54,6% contre le projet de rapprochement des quotidiens du pôle Sud du groupe Le Monde avec ceux d'Hachette Filipacchi Médias (HFM), filiale de Lagardère.
297 journalistes actifs ou retraités sur 405 (soit 73%) ont pris part au vote: le non a recueilli 54,6% des suffrages exprimés et le oui 39,4%, 6% ne sont pas prononcés, a-t-on appris auprès de la SRM. "Dans l'histoire de la SRM, il n'y a pas de souvenir de vote où la stratégie du patron a été contestée", souligne-t-on au sein de la SRM, qui s'oppose en effet à un projet porté par le patron du Monde, Jean-Marie Colombani. Jean-Michel Dumay, vice-président de la SRM, qui se présente à la succession de Marie-Béatrice Baudet à la présidence de la SRM, lors des débats précédant le vote, a émis de fortes interrogations sur la stratégie menée par la direction du groupe. Le vote lundi en Conseil de surveillance sur ce projet devrait cependant être positif, estiment plusieurs sources au Monde. Le Conseil de surveillance du Monde compte 20 membres: 10 représentants des actionnaires internes et 10 représentants des actionnaires partenaires, ces derniers devant être favorables à ce projet. Parmi les actionnaires internes, la Société des cadres du Monde a approuvé le projet à 85,43% (9,05% contre et 5,53% d'abstentions). La Société des employés du Monde a également voté pour à 63%, 25% contre et 12% d'abstentions. La Société des lecteurs a approuvé ce projet par 11 voix, contre 2 non et 1 abstention. En revanche, les salariés des Publications de la Vie catholique (Télérama, La Vie, Fleurus...), filiale du groupe La Vie/Le Monde, avaient voté jeudi massivement (87%) contre ce projet. Le mandat de Jean-Marie Colombani, à la présidence du directoire, arrive à échéance en juin 2007. Un projet de pôle commun de presse quotidienne régionale (PQR) regroupant les journaux appartenant d'une part au groupe Le Monde et d'autre part au groupe HFM, est en cours. Le nouveau groupe devrait être détenu à 51% par Le Monde. HFM apporterait cinq journaux - La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin et le gratuit Marseille Plus. Le Monde apporterait ses quatre journaux - Midi Libre, L'Indépendant, Centre-Presse et le gratuit Montpellier Plus. Lagardère détient 17% du capital de Monde SA.

Par Cilou Lilou - Publié dans : Médias
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 20:34
Tract pour le 28 septembre élaboré par SUD Education

Dernière mise à jour le jeudi 28 septembre 2006

Au mépris des promesses qu’il avait faites et en foulant au pied les critères qu’il avait lui-même définis pour leur régularisation, Sarkozy et ses services préfectoraux se sont livrés pendant tout l’été à une traque sans pitié des immigrés et de leurs enfants scolarisés.

Dans le même temps, le Ministre de l’Education, Robien, organise dès la maternelle la chasse aux “ futurs délinquants ”. Il généralise le fichage des élèves et des familles avec la mise en place du fichier "Base-élève". Il instaure dans les collèges la note de vie scolaire, prime à la docilité, à la soumission et au formatage des élèves. Il tente ainsi de faire jouer aux Conseillers d’éducation et aux Professeurs principaux le rôle de collaborateurs de l’administration avec aussi la mise en place des conseils pédagogiques. Il supprime des milliers de postes dans l’éducation nationale en réduisant et en précarisant toujours plus les personnels chargés de l’encadrement des élèves, maillon pourtant indispensable au dialogue et à la sérénité au sein des établissements.

Il accentue sa politique libérale dans l’éducation :
- En supprimant 8700 postes d’enseignants (départs à la retraite et postes vacants, non titulaires, soit un total en 5 ans de 25 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale) ;
- Des milliers d’enseignants précaires - contractuels et vacataires - recrutés souvent depuis plusieurs années sont mis au chômage ; parallèlement, le ministère recrute des personnels de plus en plus précaires dans le 1er degré comme dans le 2nd degré (Emplois Vie Scolaire - EVS - Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi - CAE, etc.) ;
- En offrant une situation toujours plus dégradée pour les nouveaux collègues, notamment les Titulaire sur Zone de Remplacement - TZR - affectés sur des blocs de moyens provisoires - BMP - à cheval sur plusieurs établissements ;
- Une médecine scolaire laminée ;
- Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté - Rased - surchargés.
Contre une conception rétrograde de l’éducation, défendons le droit à l’Éducation.

- Nous refusons la menace d’expulsion pour les élèves et leur famille sans papiers qui pèse sur plus de 25000 exclus de la régularisation ;
- Nous refusons la destruction amorcée de l’Éducation prioritaire avec les réseaux “ Ambition réussite ” : 249 établissements “ ep1 ” (et une partie des écoles qui leur sont rattachées) pour plus de 1000 établissements classés ZEP (1/3 devrait en sortir) ;
- Nous refusons l’application des mesures Fillon-Robien : socle commun minimaliste, apprentissage junior, retour à peine déguisé de la note de conduite et mise en place d’un fichage inquiétant avec “ base élève ” et “ sconet ” dans le 2nd degré, permanence policière dans les établissements ;
- Nous refusons la suppression annoncée par le ministre candidat Nicolas Sarkozy de de la carte scolaire... de même que son “assouplissement” annoncé par Ségolène Royal !
Pour l’égalité et les droits des personnels, refusons les régressions.

C’est la caporalisation dans le 2nd degré avec le conseil pédagogique à l’anglaise et dans le 1er degré le recrutement et subordination des Emplois Vie Scolaire - EVS - par les directeurs. Des projets inquiétants de réductions des horaires et des pondérations dans le 2nd degré, et une réforme des statuts qu’on hésite à sortir des cartons une année d’élection !

Au lieu de la mise en place d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) de la Fonction Publique, exigeons le réemploi et la titularisation immédiate et sans condition des précaires !

Contre la phase terminale de la décentralisation des personnels TOS (Technicien Ouvrier et de Service), imposée, continuons à exiger la réversibilité de la Loi !

Nous sommes sans illusion sur les grèves de 24h aux relents pré électoralistes, cependant le 28 septembre prochain doit être l’occasion de débattre en Assemblée générale, avec les personnels mobilisés, des suites à donner au mouvement, de prendre contact avec les travailleurs et leurs organisations ainsi qu’avec la jeunesse lycéenne et étudiante. En effet, que ce soit à l’occasion des mobilisations contre le Contrat Première Embauche - CPE - ou pour la défense des « sans papiers » et de leurs enfants pourchassés par le pouvoir, l’expérience montre que seule la lutte unitaire est à même de faire reculer un gouvernement tout entier au service du patronat.

SUD Education est toujours exclu des intersyndicales nationales, le syndicat majoritaire privilégiant l’alliance avec certaines organisations qui pourtant soutiennent les réformes gouvernementales. Néanmoins Sud Education appelle l’ensemble des travailleurs de l’Éducation et de la Recherche à se mettre en grève et à se rencontrer en assemblée générale sur leur lieu de travail pour se préparer à descendre massivement dans la rue le 28 septembre 2006 et à organiser la résistance.

Saisissons cette occasion pour faire entendre notre colère et nos revendications :

- Contre les tentatives de mise au pas des enseignants et des élèves
- Contre la criminalisation de l’action syndicale et contre la répression du mouvement social
- Contre la chasse aux immigrés et à leurs enfants
- Contre la dégradation des conditions de travail et des rémunérations, contre la précarisation et la remise en cause des statuts (cf. rapport Jacob)
- Pour la défense de l’Ecole publique et laïque
SUD Education exige le retrait de “base-élève”, de toutes les mesures Fillon-Robien, de la loi d’égalité des chances et du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

Par Cilou Lilou - Publié dans : Education
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 20:32
Depuis le printemps 2004, l’USP s’est engagée avec le collectif national unitaire dans la lutte contre le projet de loi « dit » de prévention de la délinquance.

Il s’agissait de dénoncer l’instrumentalisation de la psychiatrie et de l’ensemble du sanitaire, de ses acteurs et de ses structures, mais aussi celle des enseignants, des travailleurs sociaux et des éducateurs à des fins de contrôle social. L’ensemble des syndicats de psychiatres s’est depuis le début de l’été mobilisé pour demander le retrait de tous ce qui concerne l’organisation des soins en psychiatrie. Le conseil de l’Ordre des médecins et la commission nationale consultative des droits de l’homme ont manifesté sans effet leur inquiétude concernant les atteintes au secret professionnel et le « recul des droits de la personne fragile ou malade ».

Il s’agissait aussi et surtout pour l’USP de dénoncer la confusion entretenue entre délinquance, précarité, fragilité, absentéisme scolaire, santé mentale voire immigration, qui sous-tend l’ensemble des propositions.

Faut-il dès lors s’étonner de voir apparaître dans la dernière version du projet adoptée le 21 septembre 2006 des articles concernant les gens du voyage et les chiens méchants...
L’esprit du texte, sa volonté évidente de constituer par association une « image type du supposé nuisible » est ainsi complété et conforté. Ce projet s’apparente ainsi plutôt à un texte de propagande populiste visant à dédouaner à priori les élus de toute responsabilité politique, par la stigmatisation de millions d’individus. La mauvaise foi et le cynisme sont des armes redoutables, comme nous l’avons vu dans le cadre de la réforme de l’Assurance maladie, avec M. Douste Blazy, le contrôle des chômeurs et le droit du travail avec M. De Villepin, la justice à 2 vitesses avec M. Perben ; la recherche de bouc émissaire, l’affirmation que des parasites et des profiteurs corrompent le système à chaque fois favorisent le consensus.
L’ennemi est intérieur, c’est votre voisin de palier, celui qui n’a pas l’air de travailler, qui est trop vieux, qui a une drôle de tête ou une drôle de couleur, vous l’avez toujours su... Peu importe si ces affirmations favorisent la haine, la violence, les règlements de compte, c’est ailleurs que cela se passe, chez les pauvres, les précaires, les vilains tout en justifiant une nouvelle escalade de la répression.

Un tel système, qui se nourrit de la délinquance, du chômage et de la précarité, n’a aucun intérêt à les voir reculer. Gageons que lors de la discussion au Parlement, nous découvrirons pour le plus grand plaisir des rédactions l’histoire d’une petite fille tzigane mordue par le chien méchant d’un SDF sans papier sortant d’une hospitalisation d’office et élevé dans un quartier sans vidéo surveillance, régulièrement absent à l’école dont les parents chômeurs, fraudeurs aux allocations familiales avaient pourtant rencontré deux travailleurs sociaux et un psychiatre...

Dans le Puy de Dôme, 68 assistantes sociales résistent encore et toujours à ces tentatives d’instrumentalisation anciennes dans de nombreux départements, au risque de sanctions disciplinaires. Elles seront avec nous dans le cadre de la mobilisation nationale contre ce projet le 10 octobre 2006. Tout citoyen travailleur ou pas, syndiqué ou pas est concerné par ce projet liberticide. TOUS DANS LA RUE LE 10 OCTOBRE

Pierre Paresys, Président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie
52 rue Gallieni 92240 Malakoff
Tél. 01 46 57 85 85 | fax 01 46 57 08 60 | uspsy@free.fr


( HNS )

Par Cilou Lilou - Publié dans : Loi dite de "prévention de la délinquance"
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 09 2006 21:35
Séance du 21 septembre 2006

Dernière mise à jour le jeudi 28 septembre 2006

M. Le Ministre,

La rentrée scolaire est un moment important de la vie de ce pays et cette rentrée 2006 a cela de particulier que certains élèves manquent à l’appel, tout simplement parce que le ministre de l’Intérieur a décidé de transformer des élèves et leurs familles sans-papiers en matériel de sa propagande électorale. M. le ministre, nous vous avions alerté de ce risque lors des précédents CSEN de mai et juin.

La mobilisation, y compris pendant les vacances, des militants du Réseau Education Sans Frontières a permis d’éviter un grand nombre d’expulsions de familles et d’élèves sans pouvoir les empêcher toutes. Le droit à l’éducation pour tous est encore en sursis, puisque rien n’est arrangé en terme de régularisation.

En cohérence avec la vision utilitariste qui prévaut en matière d’immigration et de droits des étrangers et de leurs enfants, cette rentrée est celle d’une vision réactionnaire de l’éducation. Quand se mettent en place des mesures de la loi Fillon-Robien comme la « note de vie scolaire », « l’apprentissage junior » ou encore les mesures de « prévention de la délinquance », il est bien davantage question de contrôle social que de réussite du plus grand nombre et d’école émancipatrice.

Les conditions matérielles de cette rentrée (qui voit encore une nouvelle catégorie de travailleurs précaires installés en lieu et place des postes que le gouvernement refuse de créer) et les premiers éléments sur la préparation du budget 2007 nous renforcent dans cette vision d’une éducation nationale sans projet, si ce n’est celui de prévenir par avance les conséquences d’un tri social accru par la loi elle-même.

Si malgré ces renoncements, l’énorme majorité des familles fait toujours confiance à l’école publique, la responsabilité en revient au dévouement de ses personnels. Le don de soi ne saurait pourtant tenir lieu de politique éducative.

Cette rentrée n’est donc pas une rentrée satisfaisante et le fait que chaque groupe d’élèves se retrouve devant une enseignante ou un enseignant ne suffit pas à masquer la casse de l’école publique organisée par ce gouvernement.

Trois points illustrent cette casse et méritent d’être pointés :

1-Le Conseil pédagogique

Imaginé par Allègre, prévu dans la loi Fillon, mis en place sous le ministère Robien, le conseil pédagogique est institué dans les collèges et les lycées, par la circulaire de rentrée du 27 mars 2006 (BO n°13 du 31 mars 2006). Ce conseil, dont les membres sont désignés par le chef d’établissement, doit « favoriser la concertation entre les professeurs pour coordonner les enseignements et les méthodes pédagogiques, la notation et les activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. »

Nous avons au moins trois bonnes raisons de refuser sa mise en place :

1.- Ses membres (un professeur principal de chaque niveau, un professeur de chaque champ disciplinaire, un CPE, le chef des travaux) ne sont pas élus mais désignés par le chef d’établissement, qui le préside. C’est inacceptable vu les attributions pédagogiques de ce conseil. Refusons cette nouvelle tentative de renforcer le pouvoir pédagogique des chefs d’établissement, une vieille rengaine depuis Allègre !

2.- Les compétences du conseil (coordonner les enseignements et les méthodes, la notation et l’évaluation des activités scolaires ; préparer la partie pédagogique du projet d’établissement) le conduiront à évaluer les pratiques, à faire des propositions et donner des consignes qui formateraient les pratiques pédagogiques des équipes et des collègues.

3.- C’est un échelon supplémentaire de la hiérarchie qui se met en place, au plus près des personnels. Au contraire il y aurait urgence à dégager du temps de concertation inclus dans les maxima de service pour les équipes et les projets décidés à la base en toute autonomie. C’est pourquoi SUD Éducation prend position pour le boycott de ce conseil, et appelle les enseignant(e)s du secondaire à refuser d’y siéger et d’appliquer les décisions qui en sortiraient.

2- Le fichier Base-élèves !

Base-élèves est un dispositif sans précédent de fichage informatique des élèves dès la maternelle. Mis en place à la rentrée 2006 dans 21 départements, sa généralisation est prévue pour 2006/2007. Cet outil ne nous paraît pas destiné au seul service des besoins éducatifs des jeunes. Certaines informations (nationalité, suivi de réseau, langue et culture d’origine, situation familiale) comportent un risque de dérive (au vu des rapports Bénisti ou INSERM et de la loi sur la prévention de la délinquance). Nous proposons à l’ensemble des collègues d’en débattre en conseil des maîtres et en Conseil d’École avec les mairies et les parents, d’y voter une motion de rejet du dispositif et de la faire circuler (autres écoles, syndicats, presse). Nous rappelons que Base-élèves est directement concerné par le blocage administratif.

C’est pourquoi nous demandons à nos collègues chargés de direction de boycotter le renseignement de « Base-élèves ».

3- M. le ministre, nous souhaitons également attirer votre attention et dénoncer la remise en cause pernicieuse de la laïcité dans notre école.

Un éditeur bienveillant met à la disposition des enseignants de philo deux bouquins (pourquoi deux du même éditeur ?) correspondant au nouveau programme des séries technologiques STG/STI/STL/SMS. Le choix de l’offre dans le marché, donc...

Au glossaire de l’un, comme au résumé des concepts de l’autre, à la lettre L, vous chercherez en vain « laïcité », mais vous y trouverez :
- Dans l’un, « libéralisme au sens politique » et actualisé « libéralisme au sens économique » : le libéralisme repose sur l’idée qu’il existe une régulation naturelle de l’économie ( par l’offre et la demande) qui permet de rejeter l’intervention de l’État. »
- Dans l’autre, « libre-arbitre », avec un exemple édifiant de consumérisme imbécile : « si je fume en n’ignorant rien des dangers du tabac, je fais usage de mon libre-arbitre. » Il ne s’agit là, ni plus ni moins, que de la promotion de l’idéologie du MEDEF. Une idéologie aliénante qui s’oppose à la force émancipatrice de l’éducation.

Rien, dans ce nouveau programme, sur la liberté de conscience, rien sur la séparation de l’église et de l’État, rien sur la distinction sphère publique / sphère privée. TOUT est dans la régulation naturelle du marché devenu nouvelle religion d’État. Ainsi, à la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit succède celle du marché, de l’argent et du Saint-Esprit d’entreprise.

Pour SUD éducation, l’entreprise n’est pas un modèle pour l’école ; l’école n’a pas pour objectif la rentabilité économique, mais le progrès social et humain des futurs adultes, et de la société entière.

C’est pourquoi la Fédération des Syndicats SUD éducation dénonce les conventions de partenariat signées avec le MEDEF, conventions qui traduisent la reconnaissance officielle du MEDEF comme partenaire institutionnel de l’école publique et la soumission du service public aux potentats économiques.


Par Cilou Lilou - Publié dans : Education
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