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Vendredi 29 septembre 2006
Fédération des syndicats de travailleurs du rail
17 boulevard de la libération - 93200 - Saint Denis
Tel 01 42 43 35 75 - Fax 01 42 43 36 67
federation-sudrail@wanadoo.fr
www.sudrail.org

Un candidat à la présidentielle, le préféré de la droite et des patrons, inscrit dans son programme l’alignement des régimes spéciaux de retraite sur celui du régime général. Aussitôt, la cour des comptes l’appuie en demandant « l’égalité des régimes ». Ces propos menaçants ne viennent pas par hasard. Ils préparent une nouvelle offensive générale sur les retraites pour 2008, notamment l’augmentation plus ou moins progressive vers les 45 ans de cotisation pour bénéficier d’une pension à taux plein. Et ils savent que cela ne leur sera pas possible tant que subsistera le rempart des 37,5 ans des régimes spéciaux. Cela explique leur hargne à remettre en cause tous ces régimes, notamment celui des cheminots.

Tous les coups bas sont permis, contre les cheminots qui conserveraient des avantages exorbitants par rapport aux autres. Tous les faux prétextes sont bons, y compris l’objectif d’équité pour tous les salariés.

Leur argumentation repose toujours sur un même faux constat, rejeté lors des mobilisations de 1995 et 2003 : le vieillissement mettrait en cause l’équilibre des caisses de retraite.

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ILS MENTENT

Certes l’Etat contribue en partie aux retraites des cheminots, comme pour toutes les professions dans les effectifs baissent : tous les actifs cotisent pour tous les retraités. Sans ce geste de solidarité entre les métiers, comment les mineurs, dont le métier est en voie de disparition, pourraient-ils bénéficier d’une retraite ? Mais à partir de cette contribution normale, gouvernement et patronat sous-entendent que le privé paie pour les « avantages » des cheminots. C’est faux !

Le régime spécial de la SNCF se donne les moyens de payer les « avantages » des retraités SNCF. Pendant toute la durée de la période d’activité, les cotisations s’élèvent à 36% du salaire, au lieu de 25% dans le régime général. Cette surcotisation paie des différences... qui n’en sont pas toujours :

- le départ à 55 ans (et 50 ans pour les agents de conduite). Mais la triste réalité du privé, c’est que, s’il n’y a pas de retraité de 55 ans, il y a des chômeurs : les entreprises licencient facilement les salariés qui commencent à vieillir, dont l’ancienneté coûte trop aux yeux des patrons alors que leur dynamisme peut baisser.Un départ à 55 ans ou 50 ans nous semble normal. D’ailleurs on parle peu du départ en retraite bien plus précoce des militaires... L’équité, ce serait un départ à 55 pour tous, au lieu de développer le chômage, et 50 ans pour les métiers pénibles ou dangereux.

- une pension à taux plein avec 37,5 ans de cotisation au lieu de 40 ? Mais peu, et de moins en moins, de cheminots partent en approchant ce taux plein, qui ne peut être acquis qu’en commençant à 17,5 ans, ce qui n’est pas possible. De plus en plus, les jeunes poursuivent des études avant de travailler. Beaucoup d’anciens cheminots ne survivent qu’avec le minimum de pension. Les indemnités et une partie des primes n’entrent pas dans le calcul de la pension, contrairement aux salariés du privé. Pourtant, ces suppléments au salaire représentent une grande partie du revenu dans certains métiers de cheminot. De ce fait, en moyenne, la pension est calculée sur 87,6% du salaire imposable. Ce « manque à gagner », ils n’en parlent pas.

- le calcul de la pension sur le salaire des 6 derniers mois, au lieu des 25 dernières années. Mais cet avantage pour les cheminots n’en représente pas un pour le privé où, malheureusement, le salaire peut considérablement régresser au cours des dernières années. Nous revendiquons pour le privé un retour aux 10 meilleures années.

La vérité reste bien loin des « avantages exorbitants » que le gouvernement et le patronat veulent remettre en cause. Le cheminot ne subit pas le chômage et bénéficie d’une retraite à 55 ans... mais une surcotisation de 11% est payée par les salariés et la SNCF. Il part avec une pension moindre : le rapport du Conseil d’orientation des retraites relève que le montant de la pension, par rapport au dernier salaire d’activité, est de 67,5 % pour les cheminots, contre 77 % pour les fonctionnaires et 84 % pour les salariés du secteur privé.

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La droite et le patronat veulent faire travailler les salariés plus longtemps pour résoudre un problème démographique (pas assez d’actifs pour payer trop de retraités). Que de mensonges :

- une société subissant un chômage de masse ne devrait pas faire travailler plus un salarié. Repousser l’âge de retraite c’est, soit licencier le travailleur âgé donc faire un chômeur de plus, soit le conserver et ne pas embaucher un jeune qui reste au chômage. Actuellement, un salarié du privé ne travaille, en moyenne, que 37 ans. Le faire travailler plus longtemps nécessite des créations d’emploi, et non l’allongement de l’âge de la retraite.

- un plus grand nombre de personnes âgées ne représente pas forcément un péril pour l’équilibre des caisses de retraite. L’élément déterminant est le nombre de personnes en âge de travailler et le nombre de celles qu’il faut prendre en charge, soit parce qu’elles sont trop vieilles ou trop jeunes pour le faire. Les années à venir voient augmenter le nombre de personnes âgées et diminuer celui des jeunes.
Au total, en 2040, les « inactifs » ne seront que 25% de plus qu’aujourd’hui, alors que la croissance, donc la possibilité de prendre en charge la population, va doubler : pas de quoi s’inquiéter !

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Leur véritable objectif : baisser les retraites et instaurer la retraite par capitalisation

Toutes les décisions du gouvernement et du patronat vont dans le même sens :

- ne payer le taux plein d’une retraite que pour 40 (et bientôt 45) ans de cotisation alors que les salariés ne cotisent en moyenne que 37 ans,

- calculer la pension sur le plus grand nombre d’années possibles, c’est-àdire en y intégrant les mauvaises années,

- ne plus indexer le montant des pensions sur les salaires, qui augmentent tout de même de temps en temps...

tout cela aboutit à diminuer la pension versée aux retraités... et à remettre en cause le bon fonctionnement du système de retraite par répartition, à ouvrir la porte à la retraite par capitalisation, aux profits des assureurs.

Ils essaient depuis longtemps, mais ont pris en compte la forte combativité pour défendre les retraites. Ils ont renoncé à faire passer en bloc leur programme. Ils agissent progressivement :

- Balladur en 1993 s’attaque seulement au privé. L’ensemble des mesures provoquera une baisse de 20% d’ici 2040.

- Fillon en 2003 s’attaque aux fonctionnaires uniquement. Déjà, il utilise l’argument de l’équité pour niveler vers le bas, imposer à tous les 40 ans de cotisation au lieu de 37,5. Il prépare la suite en annonçant, pour 2008, un allongement de cette durée de cotisation de un trimestre par an, afin d’atteindre les 45 ans de cotisation.

- En 2007, Fillon, Sarkosy et la cour des comptes annoncent une remise en cause des régimes spéciaux, toujours pour plus d’équité. Une fois le rempart des 37,5 ans abattu, l’offensive pourra se poursuivre pour avancer la date de l’obligation de cotiser 45 ans pour une retraite à taux plein.

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Agissons tous ensemble : régimes spéciaux - fonctionnaires - privé

En 1995, nous nous sommes battus, et avons gagné pour tous. En défendant notre retraite, nous avons défendu celles des autres, ce qui nous a valu un formidable soutien de toute la population.

En 2007, gouvernement et patronat veulent nous terrasser pour remettre en cause toutes les retraites.

Tous ensemble, défendons les retraites, et améliorons les.

Le seul problème est celui du partage des richesses :

-  dans 40 ans, la part des « inactifs » augmentera un peu, mais bien moins que la croissance qui peut payer les nouveaux retraités, au lieu d’augmenter uniquement les profits,

- lors des 20 dernières années, les profits ont augmenté pendant que la part des salaires dans la richesse produite passait de 70 à 60%. Il suffit de récupérer ce qui a été perdu,

- il suffirait de prendre 0,5% sur l’augmentation annuelle de la productivité pour payer les nouveaux retraités,

- les rapports officiels disent eux-mêmes qu’il suffirait d’augmenter les cotisations retraite de 0,37% par an pour conserver l’équilibre des caisses de retraite...

Les solutions ne manquent pas. En utiliser une, ou bien une partie de chacune suffirait. Mais elles possèdent toutes un point commun : elles demandent qu’une partie des nouvelles richesses produites par l’augmentation constante de la productivité revienne aux salariés. Et cela, gouvernement et patronat n’en veulent pas.

A nous tous, dans l’unité la plus large, régimes spéciaux, fonctionnaires et privé, de leur imposer. Séparés, nous perdrons. Ensemble, nous améliorerons les retraites de tous.


Retraite par répartition :

les actifs cotisent et versent une pension aux retraités. Elle a permis une augmentation considérable du niveau moyen des pensions, jusqu’à une remise en cause politique récente. Cette solidarité entre les générations garantit une pension, dont le niveau relève d’une décision politique, qui peut être prise démocratiquement.

Retraite par capitalisation :

chaque salarié se constitue un capital que les fonds de pension jouent en bourse, avec parfois des échecs désastreux laissant le retraité sans aucune ressource. Le niveau de chaque pension individuelle est décidé par les spéculateurs.


Pour en savoir plus : le site de SUD Rail

Par Cilou Lilou - Publié dans : Privatisations
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Vendredi 29 septembre 2006
Le Syndicat de la magistrature dénonce l’instrumentalisation de la situation du Tribunal de Bobigny aux fins de destabilisation de l’institution judiciaire.

Suite aux provocations du ministre de l’intérieur, le Président de la République a demandé au garde des Sceaux de réunir en urgence des représentants des ministères de l’intérieur et de la justice, des représentants de la hiérarchie judiciaire et le président du tribunal pour enfants de Bobigny lundi 25 septembre 2006 à 16 heures.

Le Syndicat de la magistrature dénonce l’organisation de cette réunion qui ne saurait constituer une réponse aux attaques de Nicolas Sarkozy contre l’institution judiciaire formulées dans le cadre de sa campagne électorale.

Le syndicat de la magistrature demande à nouveau solennellement au garde des Sceaux d’exprimer une condamnation claire de ces propos, préalable nécessaire à tout dialogue.

Le syndicat de la magistrature dénonce l’instrumentalisation de la situation du TGI de Bobigny aux fins de destabilisation de l’institution judiciaire et apporte son soutien aux magistrats et fonctionnaires de ce tribunal.

Le Syndicat de la magistrature appelle à un rassemblement de représentants de magistrats et de fonctionnaires devant le tribunal de grande instance de Bobigny, le vendredi 29 septembre à 11h.
Motion des magistrats de Bobigny du lundi 25 septembre 2006

Unanimement, les magistrats et fonctionnaires du tribunal de grande instance de Bobigny, réunis en assemblée générale extraordinaire le lundi 25 septembre 2006,

-  condamnent les attaquent virulentes du Ministre de l’intérieur qui portent atteinte au principe de séparation des pouvoirs en jetant publiquement le discrédit sur des décisions juridictionnelles légalement rendues ;

-  demandent qu Garde des Sceaux de condamner clairement ces attaques qui dépassent largement la situation particulière du tribunal de grande instance de Bobigny ;

-  refusent de réduire la défense des principes en cause à un problème de moyens, pourtant bien réel et par ailleurs dénoncé à de multiples reprises ;

-  regrettent que la seule proposition formulée consiste à tenir une réunion de médiation police-justice des mineurs qui ne répond nullement aux attaques dont l’institution judiciaire à fait l’objet.

A la majorité simple, les magistrats et fonctionnaires demandent le report de la réunion afin que préalablement, le Garde des Sceaux condamne publiquement les propos du Ministre de l’Intérieur, ce qui permettra de tenir par la suite une réunion constructive.

Syndicat de la magistrature - 12-14, rue Charles Fourier - 75013 Paris
Tel. 01 48 05 47 88 | Fax. 01 47 00 16 05 | syndicat.magistrature@wanadoo.fr


Par Cilou Lilou - Publié dans : Justice
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Vendredi 29 septembre 2006
La présidente chilienne Michelle Bachelet a fait face hier à une importante grève avec de fortes mesures de sécurité. La mobilisation a réuni professeurs, lycéens et étudiants, employés de la santé et des impôts. La journée a été plus tranquille que ce à quoi on s’attendait, mais il y a eu des chocs isolés entre la police et les manifestants et les professeurs ont accusé le gouvernement de vouloir saboter la mobilisation.

Les différents syndicats chiliens ont porté des demandes motivées par les plus de 10.000 millions de dollars d’excédents avec lesquels espère conclure cette année le fisc chilien, provenant principalement de la haute valeur atteinte par le cuivre, principal produit d’exportation du pays. De plus, les professeurs et les étudiants demandent des améliorations structurelles dans l’éducation. Malgré les demandes, le gouvernement de Bachelet a remarqué qu’il maintiendra une politique d’austérité fiscale et destinera à l’épargne la majorité des excédents.

L’acte central a été une marche de plus de 4000 manifestants par les rues du centre de Santiago, qui a culminé au Ministère d’Education, à proximité du palais présidentiel de la Moneda.
"Cela fut une mobilisation historique, puisqu’ont marché ensemble une grande quantité d’étudiants avec les professeurs", a indiqué Jenny Assael, conseillère du Collège de Professeurs. "Madame la ministre, je voudrais que pour un mois vous viviez avec mon salaire et moi avec le votre", chantaient un groupe de professeurs. "Bachelet, Bachelet, où êtes-vous, on ne vous voit pas !", était un autre des hits.

"Nous sommes le monde social qui est fatigué des luttes partielles et aujourd’hui dit au gouvernement : nous voulons un changement général dans l’éducation", a prévenu Nicolas Grau, le président de la Fédération des Etudiants du Chili (FECH). "L’idée de nous regrouper est de montrer que les secteurs sociaux de l’éducation continuent unis et peuvent influer sur la politique depuis la rue", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a fait face à la grève avec un nouveau plan de sécurité, adopté après les troubles de la commémoration du coup d’État du 11 septembre 1973. Aux heures préalables à la grève, a été ordonné le déploiement d’un millier de Carabiniers, pour maintenir l’ordre et éviter que la colonne de la manifestation arrive à La Moneda, dont les alentours ont été fermés par des barrières de sécurité. De plus, la police avait des instructions d’arrêter les personnes masquées et de dissoudre toute tentative d’excès.

Une autre des mesures prise par le gouvernement : les perquisitions. Le climat qui a précédé la mobilisation s’est tendu le matin, quand des agents des services de renseignement et de la police ont détecté des coktail "molotov" dans quelques demeures. Les agents ont arrêté six personnes, y compris un citoyen espagnol, dont l’expulsion du pays a été immédiatement ordonnée par le Ministère de l’Intérieur. A ces découvertes se sont ajoutés un autre "molotov" que la police a trouvé en face du siège du Parti Socialiste (PS) de la présidente Bachelet et l’éclatement d’une "bombe à bruit" durant la marche. Pour beaucoup, ces supposées découvertes ont été une tentative du gouvernement de saboter la mobilisation. "Ce fut un montage", a affirmé l’analyste Assael dans en dialogue téléphonique avec Página/12. Un autre des éléments qui a apporté une tension a été le changement de parcours de la marche que le gouvernement a imposé au dernier moment et qui a gêné les professeurs.

Cependant la journée a été tranquille. "Nous avons été capables de marcher dignement et de réclamer au pays et au gouvernement qu’on nous écoute", a indiqué Jorge Pavez, le président du Collège de Professeurs, à la fin de la manifestation. Pavez a ainsi souligné le caractère pacifique de la grève et a demandé aux manifestants de se retirer sans causer de troubles. Bien que durant la marche des incidents n’ont pas été enregistrés, une opération policière a effectué l’arrestation de six étudiants, accusés de porter des armes coupantes, à Santiago, et six autres à Valparaiso.

Comme cela avait eu lieu lors de la grève enseignante du 12 septembre dernier, les chiffres de suivi qu’a publiés chaque groupe ont été très différents. La sous-secrétaire d’Education, Pilar Romaguera, a affirmé que les établissements d’enseignement dans le pays ont fonctionné avec normalité et que la grève a eu une adhésion de seulement 24 pour cent. Le Collège des Professeurs a donné un nombre opposé, en affirmant que 80 pour cent des professeurs ont paralisé leurs activités. Pour eux, les attentes se sont vues largement accomplies. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le gouvernement et le syndicat iront à un nouveau round demain, quand ils reprendront les négociations.

Virginia Scardamaglia, Pagina/12 (Argentine), 27 septembre 2006. Traduction : Fab, santelmo@no-log.org

( HNS )


Par Cilou Lilou - Publié dans : Colères populaires
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Vendredi 29 septembre 2006
25 septembre 2006 00h01

Des dizaines de milliers de femmes sont frappées, violées et dans certains cas tuées par leur mari ou leur compagnon en Géorgie, selon un nouveau rapport d’Amnesty International.

Pour Anna Sunder-Plassmann, responsable de la recherche sur la Géorgie à Amnesty International, « l’impact de cette violence quotidienne sur la vie des femmes, leur santé, leur travail et l’équilibre de leur famille est dévastateur ».

Dans son rapport Georgia : Thousands suffering in silence : Violence against women in the family, Amnesty International montre que le gouvernement précédent n’a pas protégé les femmes contre ces violences et qu’il n’a pas donné suite aux plaintes déposées ni engagé de poursuites judiciaires. Parallèlement à ce constat, l’organisation appelle les autorités à mettre en œuvre de toute urgence une loi récemment adoptée.

« L’adoption récente de la Loi sur la violence domestique constitue une étape importante, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. Les autorités doivent la mettre en œuvre et faire de l’éradication de ce type de violence une priorité de leur politique dans le domaine des droits humains. »

Le rapport d’Amnesty International inclut de nombreux témoignages de femmes ayant survécu à la violence domestique, qui préfèrent garder l’anonymat par crainte de représailles ou d’exclusion sociale. Leurs témoignages dressent un catalogue de violations des droits humains et illustrent le climat d’impunité dans lequel elles vivent.

Nino s’est mariée à dix-sept ans. Son mari l’a contrainte à abandonner les études qu’elle suivait dans une école de musique pour apprendre le violon. Il lui a interdit de voir ses amis et s’est mis à contrôler ses déplacements, sans lui donner d’argent. Elle a dû être hospitalisée à deux reprises en raison des coups qu’elle a commencé à recevoir peu de temps après leur mariage. Elle n’a jamais appelé la police parce qu’elle avait peur que son mari la batte plus. Elle ne pouvait pas le quitter parce qu’elle n’avait nulle part où aller avec ses trois enfants et qu’elle dépendait de lui économiquement. Le calvaire que Nino a enduré pendant vingt ans a pris fin lorsque son mari l’a quittée pour une autre femme, qu’il bat à son tour.

Un très faible pourcentage de femmes cherchent à obtenir aide et justice lorsqu’elles font l’objet de violence au foyer. De nombreuses femmes restent avec leur compagnon parce qu’elles n’ont nulle part où aller et qu’elles ne sont pas indépendantes financièrement. Les plaintes qu’elles déposent auprès de la police restent parfois sans réponse et sont souvent suivies d’un redoublement des coups par leur mari ou partenaire.

Le personnel policier et médical n’a souvent pas reçu une formation adaptée pour être en mesure de reconnaître et de consigner correctement les actes de violence conjugale et d’y faire face de manière adéquate. En conséquence, les victimes ne reçoivent pas le soutien dont elles auraient besoin et les auteurs de violence restent impunis.

La législation nationale constitue elle aussi un obstacle à la lutte contre l’impunité. Si une femme est grièvement blessée, l’État est tenu d’engager des poursuites au pénal. Cependant, pour certaines infractions comme les atteintes mineures à la santé et les coups, l’État n’engage pas de poursuites. La victime doit elle-même porter plainte pour obtenir justice. Une telle législation augmente les risques pour les victimes de violence conjugale, leur compagnon exerçant le plus souvent des pressions sur elles pour les convaincre d’abandonner les poursuites.

« Les femmes devraient avoir la possibilité de porter plainte mais c’est à l’État qu’il devrait incomber d’engager des poursuites judiciaires lorsque des éléments attestent qu’une infraction a été commise, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. La femme victime de violence domestique devrait être citée à titre de témoin. »

Lorsqu’elles sont battues chez elles, les femmes qui n’ont pas de proches ou d’amis chez qui se réfugier avec leurs enfants n’ont nulle part où aller. À l’heure actuelle, il n’y a que deux foyers gérés par des organisations non gouvernementales (ONG), ce qui est très insuffisant.

« Il faut développer de toute urgence un réseau de foyers en Géorgie, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. Toute femme doit pouvoir se réfugier dans un lieu sûr avec ses enfants lorsqu’elle décide de fuir une relation violente. »

« Tant que les femmes n’auront aucune possibilité de s’éloigner pour se protéger d’une relation violente, il sera à craindre qu’elles choisissent une solution extrême comme se suicider ou tuer leur agresseur. »

En mai 2006, le Parlement géorgien a adopté la première loi du pays sur la violence domestique, rédigée à l’issue d’une vaste consultation des ONG. Ce texte introduit une définition de la violence domestique dans la législation géorgienne et fournit une base légale pour d’éventuelles mesures de protection ou d’éloignement. La loi dispose également qu’un plan d’action nationale sur la violence au foyer devra être adopté dans les quatre mois suivant la publication de la loi.

« Les autorités doivent faire preuve d’une véritable volonté politique pour donner suite de manière concertée à l’élan donné par l’adoption de la Loi sur la violence domestique », a conclu Anna Sunder-Plassmann.

« La violence domestique n’est pas inévitable et ne doit pas être tolérée. Les autorités géorgiennes doivent honorer l’obligation qu’elles ont aux termes du droit international d’empêcher tous les actes de violence à l’encontre des femmes et d’enquêter sur de tels actes, de tenir les auteurs de ces violences pour responsables de leurs actes, et d’assurer la protection des victimes et de leur accorder des réparations. »

Voir : Georgia : Thousands suffering in silence. Violence against women in the family


Par Cilou Lilou - Publié dans : Féminisme
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Vendredi 29 septembre 2006
La déforestation totale de cette petite île isolée reste un mystère.

En 1722, l’Hollandais Rooggeveen découvrit le jour de Pâques, perdue dans l’Océan Pacifique, , qu’il nomma pour l’occasion, Île de Pâques.  

Il s’agit d’une île très particulière pour bien des raisons.  

En effet, contrairement à ce que l’on aurait pu s’attendre, cette île qui est pourtant l’île la plus éloignée de tout continent, était habitée. D’où venaient ces insulaires et qu’est-ce qui les avaient poussé à venir jusque là ?

Plus fascinant encore, d’énormes statues faisant dos à la mer étaient érigées tout autour de l’Île.

Comment avaient-ils fait pour les fabriquer, les transporter et les ériger alors qu’ils semblaient disposer de vraiment peu de moyens pour le faire.  En fait, était-ce vraiment eux qui avaient construit ces immenses statues ? Et si oui, pour quelle raison avaient-ils construit des monuments aussi impressionnants ?

Ces grandes statues, ou Moai, ont aussi grandement surpris tous les explorateurs qui sont venus par la suite. En effet, comme le couvert forestier semblait avoir complètement disparu à cette époque, les explorateurs se sont demandé comment les Pascuans (habitants de l’Île de Pâques) avaient pu procéder pour leur fabrication, leur transport, et leur érection, sans bois ni cordages ?

Bien des hypothèses ont vu le jour pour expliquer la présence de ce peuple et de ces Moai.  Il est maintenant démontré que les Pascuans sont d’origine polynésienne, que ce sont bel et bien eux qui ont  taillé, déplacé et érigé ces Moai et que ces Moai sont des objets de cultes.

Si l’on a pu trouver des explications satisfaisantes à ces interrogations, l’explication  la plus généralement admise pour expliquer la déforestation de l’Île nous parait nécessiter que l’on revienne un peu sur la question.

En effet, l’Île de Pâques est souvent citée en exemple pour illustrer les graves conséquences d’une surexploitation des ressources naturelles par l’homme.

Selon la thèse la plus généralement évoquée, la déforestation de l’île constatée par ses premiers explorateurs, serait due à l’incurie  des Pascuans eux-mêmes qui, inconsidérément, auraient  complètement  déforesté l’île à des fins domestiques, ou encore plus insensément,  pour fabriquer, transporter et ériger leurs fameux Moai. Conduisant ainsi au déclin de leur civilisation et à la presque disparition des habitants de l'île.

Or, cette affirmation a besoin d'être nuancée. En effet, affirmer que les Pascuans ont déboisé leur île jusqu'au dernier arbre pour des fins domestiques et pour ériger les Moai est une hypothèse parmi d'autres hypothèse possible, aucune preuve scientifique ne valide cette hypothèse pour l'instant, elle demeure donc une hypothèse parmi d'autres.

Par ailleurs, affirmer que la disparition du couvert forestier a entraîné la disparition totale de la civilisation pascuane et de ses habitants est une erreur historique.

En effet, les recherches dans ce domaine nous apprennent que la civilisation Pascuane après une période d'expansion aurait  connu un certain déclin. Ce déclin serait contemporain à la disparition du couvert forestier de l'île.  Ce déclin se traduirait aussi par une baisse de la population et par l'arrêt de la production des grandes statues. Des guerres fratricides sont aussi rapportées dans les légendes locales et un grand nombre de pointes d'obsidiennes meurtrières semblent avoir été fabriqués à une certaine période.

Par la suite la situation semble se stabiliser et c'est lors du contact avec les occidentaux que la population passe à deux doigts de disparaître complètement et que disparaît en grande partie la culture et les traditions de cette civilisation.

En effet, lors de l'arrivée de ces premiers occidentaux, la population de l'île de Pâques semble vivre honorablement de ses ressources limitées.

Pour vérifier les conditions de vie à cette époque, retournons aux commentaires des premiers explorateurs de l'île:

En 1786, Jean François De la Pérouse fait, avec son équipage une reconnaissance approfondie de l’Île et de ses monuments.  Par la même occasion, il laisse aux habitants de l’Île de nouveaux animaux pour qu’ils en fassent l’élevage et de nouvelles variétés de graines à semer.

De La Pérouse nous rapporte qu'à  son arrivée il est accueilli par plusieurs centaines d’indigènes. De La Pérouse mentionne qu’ils sont sans armes et que leurs cris et leur physionomie expriment la joie.

Lors de son passage, De La Pérouse soupçonne qu’un désastre écologique s'est déjà produit sur l’Île.  En effet, constatant que celle-ci était complètement dépourvue d’arbres, il suppose que ses habitants ont eu l’imprudence de tous les couper  dans des temps sans doute très reculés.  Il considère que cette imprudence « a exposé leur sol à être calciné par l’ardeur du soleil, et les a réduits à n’avoir ni ravin, ni ruisseaux, ni sources : ils ignoraient que dans les petites îles, au milieu d’un océan immense, la fraîcheur de la terre couverte d’arbres, peut seule arrêter, condenser les nuages, et entretenir ainsi sur les montagnes une pluie presque continuelle qui se répand en sources ou en ruisseaux. » (1).  De La Pérouse ne doute pas un instant que le peuple qu’il avait sous les yeux fût privé de cette ressource à cause des gestes malencontreux de ses ancêtres.

Malgré tout, les habitants que découvrent les premiers explorateurs semblent en santé et bien nourris. Ainsi, Roggeveen les trouve musclés, bien proportionnés et de large stature. Il considère même qu’ils ont largement de quoi se nourrir, leur terre n’étant pas aride: “... outstandingly fruitful, producing bananas, sweet potatoes, sugar-cane of special thickness, and many other sorts of produce, although devoid of large trees and livestock, apart from fowls, so this land, because of its rich earth and good climate, could be made into an earthly Paradise if it was properly cultivated and worked, which at presents is done to the extent that the inabitants are required to for maintenance of life,”(3)

De La Pérouse constate aussi que seulement le dixième de la terre arable de l’île est effectivement cultivée, que cette terre est très riche, à tel point qu’il est persuadé que grâce à leur organisation sociale « trois jours de travail suffisent à chaque indien pour se procurer la subsistance d’une année.»(4).
 
Il faut cependant attendre le résultat d’une étude récente de John R. Flenley pour confirmer que l’Île de Pâques avait effectivement été autrefois couverte de forêts.  Cette étude basée sur la présence de pollen à différentes profondeurs dans le sol suggère aussi que l’Île aurait perdu son couvert forestier à partir de l'an mille de notre ère. (2)

La pénurie d’arbres sur l’Île a fort probablement contribué à l’arrêt de la production des statues de pierre, puisque les troncs d’arbres semblaient nécessaires à l’extraction et au transport de celles-ci.  Elle a aussi probablement considérablement réduit la quantité d’eau douce disponible sur l’Île et a certainement fait disparaître un environnement plus viable pour ses habitants.

Si la déforestation totale de l’Île de Pâques a fort probablement contribué à diminuer la grandeur de la civilisation de l’Île en terme de culture et de monuments impressionnants,  elle n’a pas fait disparaître pour autant sa population qui, à l’arrivée des premiers explorateurs, vit honorablement des autres ressources dont elle dispose.

Une société humaine est bien sûr dépendante de son environnement. Elle l’est d’autant plus qu’elle se trouve sur une île perdue au milieu du Pacifique, que cette île est sujette aux famines dues à la sécheresse, qu’elle est sujette au phénomène d’El Nino et aux tsunamis. Le dernier tsunami date de 1960 et renversa toutes les statues de l’Ahu Tongariki et rasa cet Ahu. Des rats comestibles apportés par les polynésiens sont aussi soupçonnés d’avoir débalancé le cycle de régénération des grands palmiers qui recouvraient l’Île à une certaine époque en faisant des noix de palmier le met principal de leur alimentation. Ces rats n’avaient pas d’autres prédateurs que l’homme sur cette île.

Si l'Île était recouverte d'arbres à une époque ancienne, il est plus  probable qu'une combinaison de facteurs climatiques et d'intervention humaine ait contribué à cette déforestation massive. La thèse voulant que ses habitants aient coupé les arbres jusqu'au dernier pour pour l'usage domestique et pour ériger des immenses statues, semble exagérée compte tenu de la mentalité des polynésiens. En effet, n'oublions pas que les polynésiens avaient une longue tradition de colonisateurs des îles du Pacifique. Ils emportaient avec eux des animaux, ainsi que des pousses de plusieurs variétés d'arbres et de plantes qui servaient à leur survie lors de l'implantation d'une nouvelle colonie. Ils connaissaient l'importance des arbres. Les arbres étaient  nécessaires pour les nourrir de leurs fruits, pour la fabrication des embarcations, des tissus et des cordages, pour la sculpture d'objets usuels et de rites, ainsi que pour l'usage domestique .

Les données historiques nous apprennent que ce n'est pas la déforestation qui a porté le coup de grâce à la civilisation de l’Île de Pâques et qui a entraîné la disparition de sa population. Ce coup de grâce a été donné par des blancs (péruviens) venus s’emparer d’une grande partie de la population locale pour en faire des esclaves.  La faible population restée sur l’Île se trouva complètement dépourvue de son organisation sociale, de sa culture et de ses connaissances. Ses dirigeants, ses grands prêtres et les personnes chargées de transmettre la tradition ayant eux aussi été expatriés et réduits à l’esclavage. Par la suite, les maladies apportées par les blancs ont disséminé le reste de la population qui s'est trouvée réduite à environ 110 habitants.

C'est donc, encore une fois, le contact avec le monde occidental qui a entraîné la disparition d'une civilisation  dite primitive et la quasi-disparition de sa population, et non pas la propre incurie de cette population.

 

(1) Voyage De La Pérouse autour du monde, publié d’après les manuscrits de l’auteur, Ed. du Carrefour, Paris, 1930, p.35

(2) Nouveau regard sur l’Île de Pâques, Rapa Nui, Chapitre IX  Histoire de la végétation de l’Île de Pâques au quaternaire récent : quelques indications palynologiques préliminaires, Collectif, Ed. Moana, Corbeil, 1982, p. 109

(3) The Journal of Jacob Roggeveen, edited by Andew Sharp, Clarendon Press, Oxford, 1970, p. 103

(4) Voyage De La Pérouse autour du monde, publié d’après les manuscrits de l’auteur, Ed. du Carrefour, Paris, 1930, p. 39

J.H. Daude

( Jean-Herve Daude




Nous pouvons tirer de nombreux enseignements de ce qui est arrivé aux habitant-es de l'Île de Paques du XVIIIème siècle car nous sommes dans des situations similaires. Il serait peut-être temps de s'alarmer :

"Ce coup de grâce a été donné par des blancs (péruviens) venus s’emparer d’une grande partie de la population locale pour en faire des esclaves."

Ce problème de l'esclavage se retrouve aujourd'hui dans le rythme de vie imposé par les industriels et l'Etat.


"La faible population restée sur l’Île se trouva complètement dépourvue de son organisation sociale, de sa culture et de ses connaissances."

C'est notre cas aussi: le lien, social se déchire (ou plutôt "est déchiré et destructuré par le capitalisme")
Notre culture est en phase de destruction totale (par les industriels)
Nos connaissances régressent car elles sont désormais subordonnées aux intérêts des industriels

"Par la suite, les maladies apportées par les blancs ont disséminé le reste de la population qui s'est trouvée réduite à environ 110 habitants."

Nous risquons fort d'être exposé-es à des maladies graves et chroniques, certaines nous étant encore inconnues, découlant du réchauffement climatique accéléré de ces dernières années, du bouleversement écologique qu'il induit en terme de biodiversité, de fonte des glaces, de micro-climats, de zone nouvellement tropicales.

Enfin même la déforestation est quelque chose qui nous frappe toutes/tous

Enfin, l'organisation sociale des Pascuan-nes (habitant-es de l'Île de Pâques) du XVIIIè siècle, selon "Voyage De La Pérouse autour du monde", publié d’après les manuscrits de l’auteur, Ed. du Carrefour, Paris, 1930, p. 39  « trois jours de travail suffisent à chaque indien pour se procurer la subsistance d’une année.»

Nous pourrions donc travailler 3 jours par an, peut-être une semaine pour être sûr-es de ne pas travailler de nuit. Disons un mois par an pour voir large, comprenant notre mode de vie, le nombre d'habitant-es, etc...

Nous en sommes loin puisqu'on veut nous faire trimer toute notre vie !

Cilou.



Par Cilou Lilou - Publié dans : Planète
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