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Loi dite de "prévention de la délinquance"

Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 21:52
Le rapport Bénisti est de retour. Remis en octobre 2004 à Dominique de Villepin (alors au ministre de l'Intérieur), le "pré-rapport Bénisti" (du nom du président de la commission Prévention du Groupe d'études parlementaire sur la sécurité intérieure, qui l'a rédigé), avait suscité de nombreuses réactions, notamment chez les professionnels du travail social.


Formulant un certain nombre de propositions pour améliorer la prévention de la délinquance "dès les prémices de déviances c¹est-à-dire dès le plus jeune âge", il préconisait en particulier, pour les enfants étrangers âgés de 1 à 3 ans, que leur mère s'oblige " à parler le Français dans leur foyer pour habituer les enfants à n'avoir que cette langue pour s'exprimer". Il était en effet précisé par
ailleurs que les pères "exigent souvent le parler patois du pays à  la maison" (sic !). Entre 4 et 6 ans, ces mêmes enfants, s'ils connaissaient des difficultés en français, devaient, selon une autre proposition du rapport, être remis à une orthophoniste "pour que l'enfant récupère immédiatement les moyens d¹expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale."

Ces formulations, scientifiquement bidons, avaient aussitôt fait bondir certains linguistes (voir ici ) et ortophonistes (voir ici ). Le rapport définitif de la commission parlementaire (au sein de laquelle siègent de joyeux drilles comme Christine Boutin, le désormais fameux Lionel Lucca (voir ici  ) ou encore Christian Vanneste, en procès pour ces propos homophobes répétés et assumés a  été remis à Nicolas Sarkozy le 8 novembre. Très technique, il propose toute une architecture institutionnelle pour repérer le plus tôt possible la graine de sauvageon (on peut se procurer une synthèse du rapport sur le site de Jacques-Alain Bénisti.)

Les propositions concernant le bilinguisme sont heureusement passées à la trappe (Jacques Alain Bénisti reconnaît dans Le Monde que c'était une "erreur"), et les formulations laissant entendre un lien direct entre délinquance et immigration semble - toujours selon Le Monde - avoir été gommée. Néanmoins les professionnels du travail social restent très critiques.

L'Association Nationale des Assistants de Service social (ANAS) juge ainsi, dans son avis technique ( voir ici )

sur le rapport, que le rapport tient toujours des raisonnements scientifiquement infondés, manifeste une "méconnaissance complète du champ du travail social" et que si "la population cible n'est pas clairement établie (...) un profil se dégage nettement : des familles en difficultés, les parents absents ou plus ou moins défaillants, enfants et jeunes « issus de l'immigration », habitant les cités des banlieues des villes. Voilà les cibles désignées de la prévention de la délinquance."

 

Par Cilou Lilou - Publié dans : Loi dite de "prévention de la délinquance"
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 21:59
REPÉRER le futur délinquant dès le plus jeune âge, même avant l’école maternelle. Revaloriser l’internat dès le CM2. Supprimer les allocations familiales aux parents démissionnaires. Instal­ler des caméras de surveillance dans les quartiers les plus expo­sés. Placer certains adolescents à plus de 500 kilomètres de chez eux dans des familles d’accueil... Telles sont certaines des proposi­tions, parmi les plus marquantes, d’un rapport parlementaire « sur la prévention de la délinquance » que devait remettre, mardi 8 novembre au matin, le député Jacques-Alain Bénisti (UMP, Val-­de-Marne) à Nicolas Sarkozy.

Ce document n’a qu’un lien for­tuit avec l’actualité étant donné qu’il a été commandé il y a deux ans à la commission prévention du Groupe d’études parlementai­res sur la sécurité intérieure (Gep­si). Si sa finalité consiste à nourrir la réflexion du ministre de l’inté­rieur dans la rédaction d’un pro­jet de loi sur la prévention de la délinquance, il tombe cependant à propos pour M. Sarkozy, à l’heu­re où flambent les banlieues.
Le rapport sous-tend notam­ment l’idée que les signes avant-­coureurs de la délinquance peu­vent être détectés tôt, c’est-à-dire dès la petite enfance. « La préven­tion doit être précoce. Tous les pédopsychiatres s’accordent à dire que la base de l’éducation d’un enfant se fait entre 0 et 3 ans », indique M. Bénisti. Le député a renoncé à son projet initial consis­tant, pour les familles issues de l’immigration, à imposer le fran­çais comme langue unique à la maison. Présente dans son pré-rap­port d’octobre 2004, cette propo­sition avait provoqué un tollé dans le milieu de la prévention de la délinquance. « On a fait une erreur, reconnaît M. Bénisti. Quand une mère ou un père ont un message fort à faire passer à leur fils, il faut qu’ils le disent dans la langue de leur choix. » Le texte final a également gommé un cer­tain nombre d’assimilations mal­heureuses entre « immigration » et « délinquance », qui figuraient dans la première version.
La commission Bénisti prône aujourd’hui la création d’un « sys­tème de repérage et de suivi des diffi­cultés et des troubles du comporte­ment de l’enfant » qui serait mis en place non seulement dans les établissements scolaires (de la maternelle au lycée), mais aussi dans les crèches. Composé de pro­fessionnels attachés aux établisse­ments concernés et de personnes extérieures (parents d’élèves, pédopsychiatres...), ce dispositif appelé « Gécase » (GCASE : Groupe de coordination, d’aide et de suivi de l’enfant) se réunirait une fois tous les deux mois et aurait notamment pour mission d’affecter des « référents » aux enfants tout au long de leur par­cours scolaire. Rétribués, ces der­niers seraient des retraités de l’en­seignemen t. « Facultés des métiers »
Des retraités, mais de l’artisa­nat cette fois, seraient également sollicités au sein de la principale structure pédagogique imaginée par le rapport : des « facultés des métiers », établissements séparés physiquement des collèges et des lycées et permettant une remise à niveau scolaire et l’apprentissage d’un métier - parmi sept catégo­ries (bois, bâtiment, électronique, informatique...) - en quatre ans. Là aussi, la notion de précocité est mise en avant : les élèves en échec scolaire y seraient en effet admis dès l’âge de 12 ans. Le rap­port encourage, parallèlement, l’orientation vers l’internat de jeu­nes dès le CM2, mais aussi la créa­tion de structures situées à mi-chemin entre la maison des jeunes et l’antenne de l’ANPE. Vieux serpents de mer, l’installa­tion de caméras de surveillance et la suppression d’allocations fami­liales (de trois mois, pour un pre­mier avertissement, à dix-huit mois) sont également évoquées.
Si, après tout cela, l’adolescent âgé de 16 ans est toujours dans une démarche délinquante, il res­terait alors au système judiciaire une dernière solution, conclut le document : placer le jeune dans une « famille d’accueil » à plus de 500 kilomètres de son domicile, de préférence en milieu rural ou agricole, « mesure préférable aux centres fermés dans lesquels les délin­quants s’autosuggestionnent ». Le rapport Bénisti envisage enfin de créer une structure pyra­midale de décisions qui aurait à sa tête un secrétariat d’Etat à la prévention de la délinquance, sous l’autorité du ministre de l’in­térieur. Dont on attend mainte­nant de savoir quel usage il va fai­re de ces propositions.


FRÉDÉRIC POTET (pour Le Monde)

Par Cilou Lilou - Publié dans : Loi dite de "prévention de la délinquance"
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 22:02
Le rapport Benistimis en ligne : jeudi 17 mars 2005 Un rapport effarant à bien des égards. Qu’il puisse alimenter la réflexion du gouvernement sur la « prévention de la délinquance » est particulièrement inquiétant. Un exemple parmi d’autre : les liens supposés entre le bilinguisme et les « prémisses de la déviance » au sein des familles populaires.

Nous vous invitons à compléter votre information par la lecture de l’entretien avec Jacques-Alain Bénisti publié le 15 mars sur le site afrik.com sous le titre "La délinquance est le fait des immigrés".Charlie-Hebdo - 16 février 2005


Le rapport préliminaire de la commission prévention, présidée par Jacques Alain Bénisti, député UMP du Val de Marne, a suscité de vives réactions.Vous trouverez ci-dessous un communiqué de la FCPE ainsi qu’un article paru dans Le Monde. Si vous voulez prendre connaissance du rapport, vous pouvez le télécharger - au format PDF.Communiqué de la FCPE - le 31 janvier 2005


Le terrifiant rapport Bénisti

La FCPE s’indigne du rapport sur la prévention de la délinquance du groupe d’études parlementaire présidé par Jacques-Alain Bénisti remis au ministre de l’Intérieur. Elle dénonce un rapport révoltant.La FCPE vient de prendre connaissance du rapport sur la prévention de la délinquance du groupe d’études parlementaire présidé par Jacques-Alain Bénisti remis au ministre de l’Intérieur. Ce rapport est révoltant !La FCPE s’indigne de ce qu’il assimile immigration et délinquance des jeunes. Ainsi, pour « mesurer l’évolution et l’impact des politiques [de lutte contre la délinquance] mises en place », les parlementaires s’en remettent au Conseil scientifique de l’observatoire des statistiques de l’immigration et de l’intégration !Tout au long du texte, les familles d’origine étrangère sont explicitement seules visées par les mesures envisagées. On veut notamment leur imposer le français comme langue unique à la maison, « pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer ».

Plus grave, le rapport affirme que « la première des choses à faire » face à un « comportement déviant » est de délivrer aux parents « le message de l’intégration » ! Ne pas maîtriser le français conduirait à la délinquance ?Les parents d’élèves ne peuvent non plus accepter que ce rapport envisage comme « première des actions de prévention » au niveau scolaire de « restaurer l’autorité du corps enseignant sur les élèves et leurs parents » ! Pas plus qu’ils n’acceptent l’idée que les « prémices de la déviance » se manifestent entre un et trois ans. Qu’est-ce qu’un « comportement déviant » en crèche ?A partir de 10 ans, la seule mesure envisagée -et dans certains cas « irréversible »- est le placement de l’enfant dans de véritables maisons de redressement pour y recevoir « une remise à niveau scolaire et des cours d’éducation civique intense » ! L’apprentissage est également présenté comme une action contre la délinquance : « le jeune devra quitter le milieu scolaire traditionnel et rentrer dans la filière d’apprentissage d’un métier dès la fin de l’école primaire ». Curieuse façon de revaloriser l’apprentissage !Ces considérations font froid dans le dos. Il est inadmissible que des élus de la nation osent produire un tel rapport !Pourtant, tout cela est cohérent avec les actions engagées par le gouvernement. On retrouve un état d’esprit proche dans les projets de « contrats individuels de réussite éducative » de François Fillon et « d’équipes de réussite éducative » de Jean-Louis Borloo. Dans tous les cas, les enfants « difficiles » sont écartés du système scolaire « traditionnel »et la responsabilité porte uniquement sur les familles.Un prérapport parlementaire sur la délinquance provoque un tollé

"On y trouve des propositions douteuses", reconnaît l’un de ses auteurs.
par Piotr Smolar [Le Monde du 4 février 2005] :

"Le jeune" est dangereux. "Le jeune" est "déviant", et de plus en plus tôt. Considéré comme un malade, il doit donc être soigné sans délai, suivi par des spécialistes et interné si nécessaire. Telle est la tonalité d’un rapport préliminaire remis à Dominique de Villepin, en octobre 2004, et censé inspirer le ministère de l’intérieur dans la rédaction du projet de loi sur la prévention de la délinquance, ajourné à plusieurs reprises et reprogrammé avant l’été. Les auteurs de ce rapport sont les membres de la commission prévention du groupe d’études parlementaire sur la sécurité intérieure (Gepsi). Des députés : seize de l’UMP, deux de l’UDF, deux du PS.Ce texte, disponible sur le site Internet de son président, le député (UMP) du Val-de-Marne Jacques-Alain Bénisti, a suscité la colère d’associations et syndicats - dont la CGT, SUD, la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Syndicat de la magistrature - réunis au sein d’un collectif, qui ont manifesté à Paris, jeudi 3 février. "Il ne s’agit que d’un prérapport, sur lequel ne s’est pas encore prononcé le Gepsi, souligne le député (UMP) Christian Estrosi, membre du groupe. On y trouve des propositions intéressantes et d’autres plus douteuses.


""PRÉMICES DE DÉVIANCE"

Jacques-Alain Bénisti, lui, assume la démarche. "Les membres de la commission sont tous des élus de communes avec des cités sensibles, qui vivent sur le terrain et connaissent les problèmes de délinquance", dit-il. Diplomate, le ministère de l’intérieur voit dans ce texte "un appel au renforcement de la politique de prévention".Les auteurs reprennent des points de l’avant-projet de loi rédigé à l’époque où Nicolas Sarkozy se trouvait place Beauvau. Il y est question de placer les maires "au cœur" de la politique de prévention ; de nommer un "référent" qui suivrait l’enfant tout au long de son parcours ; d’évaluer les actions de prévention ; de revaloriser les internats et de rappeler les parents à leurs responsabilités.Les quinze pages qui précèdent les préconisations témoignent cependant d’une vision déterministe de la délinquance : origine étrangère, échec scolaire et criminalisation y sont étroitement liés. "Si les actions de prévention veulent être efficaces, elles doivent impérativement commencer dès les prémices de déviances c’est-à-dire dès le plus jeune âge", affirme le rapport, par ailleurs parsemé de fautes d’orthographe et de syntaxe.Une des surprises du texte est la "courbe évolutive d’un jeune qui au fur et à mesure des années s’écarte du "droit chemin" pour s’enfoncer dans la délinquance". La courbe du parcours "déviant" débute entre 1 et 3 ans, puis s’aggrave en primaire, au collège et au lycée. Une courbe type, donc, comme si on pouvait dégager une formule mathématique de la délinquance.

"Ce n’est ni fait ni à faire, soupire Sébastian Roché, chercheur au CNRS. On oublie les "faux positifs", c’est-à-dire ceux qui montrent des troubles à un jeune âge puis qui s’épanouissent en grandissant."" Ça révèle une approche totalement primaire et caricaturale de la délinquance des mineurs", estime Christophe Caresche, député (PS), qui souhaiterait que ses deux collègues socialistes se retirent du Gepsi. "Nous n’y avons pas notre place, explique-t-il. On ne doit pas donner l’impression de cautionner des propos aussi intolérables."Mal à l’aise, Christophe Masse, député (PS) des Bouches-du-Rhône, admet ne pas avoir "assisté à toutes les réunions du groupe" et assure qu’il n’adhère pas à ce texte qui "contient beaucoup de raccourcis". "Du mauvais élève à l’école, on passe directement au délinquant en puissance", relève-t-il.

 

( LDH Toulon )


Par Cilou Lilou - Publié dans : Loi dite de "prévention de la délinquance"
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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 22:05

Le député-maire français J-A Bénisti s’explique sur son pré-rapport controversé...


La commission Bénisti a remis son pré-rapport en novembre dernier au ministre de l’Intérieur. Le rapport définitif est à venir sous peu, synthèse de propositions de lois sensées mettre un terme à la délinquance par la suppression du bilinguisme avant 12 ans, le placement en structures spécialisées, parallèles, des sanctions, etc. « Les jeunes immigrés n’ont qu’a bien se tenir », semble annoncer cet inquiétant rapport...



Le bilinguisme est le lit de la délinquance chez les populations immigrées. Voilà en teneur la saisissante équation théorisée par Jacques-Alain Bénisti, député UMP [1] du Val de Marne et maire de Villiers-sur-Marne. Le député-maire français est également président d’une Commission parlementaire [2] chargée d’enquêter sur les moyens à mettre en œuvre pour prévenir la délinquance et qui a à cet effet présenté un pré-rapport très controversé, dans lequel elle affirme que le bilinguisme des populations immigrées est à l’origine de leur délinquance. Afrik ne pouvait que réagir à la parution du pré-rapport, mais la démarche ne suffisait pas. Pour mieux comprendre, nous sommes allés à la rencontre du principal intéressé. C’est un député affable et cordial qui nous a reçu dans son cabinet de l’Assemblée nationale, mercredi 9 mars. Affable, certes, mais toujours aussi convaincu du bien-fondé de son pré-rapport. Près de deux heures d’entretien pour une conclusion toujours aussi dérangeante au final.


Afrik.com : Avant tout, précisons que le pré-rapport remis au ministre de l’Intérieur en novembre dernier est une simple mouture. A quand la version finale ?

Jacques-Alain Bénisti : Pour très bientôt. Le rapport définitif paraîtra certainement en octobre ou novembre.


Afrik.com : Votre pré-rapport a été très décrié dans la presse et sur Internet. On vous reproche notamment de stigmatiser les populations étrangères et d’origine étrangère. Quelle est votre position concernant ces accusations ?


J-A. Bénisti : Soyons clairs. La délinquance est majoritairement le fait des immigrés. Selon l’Observatoire national de la délinquance, il y a une augmentation impressionnante des délits commis par les jeunes issus de l’immigration. Je n’invente rien, les chiffres sont là. Sachant cela, deux solutions s’offrent à nous : soit on n’en parle pas, soit on règle le problème.


Afrik.com : A quoi est dû cet état de fait selon vous ?


J-A Bénisti : En fait, la politique française de l’immigration a échoué. Toutes les solutions n’ont pas été données aux immigrés et, aujourd’hui, on en paye le prix. C’est dans cette optique que la proposition de loi intervient.


Afrik.com : Supprimer le bilinguisme pour supprimer la délinquance... ?


J-A Bénisti : Il ne s’agit en aucun cas de supprimer le bilinguisme. Mais le schéma est le suivant : sur une semaine complète, soit 168 h, un jeune d’origine étrangère entendra parler 28 h de français à l’école et 140 h du dialecte de son pays à la maison. Forcément, il va finir par connaître des difficultés scolaires et au bout du compte, décrocher, se replier sur lui-même. Ce qui entraînera encore une augmentation de son retard. Plus grave encore, non seulement ce jeune en difficulté fait des bêtises, mais il nuit aux autres élèves, les faisant même régresser. Mais à force de fustiger le cancre, de l’isoler, son besoin d’exister va trouver son épanouissement dans la délinquance. On peut d’ailleurs le constater par l’augmentation de la délinquance mineure depuis 1996. En ce qui concerne la langue, le jeune ne doit toutefois pas perdre de vue ses origines et son dialecte maternel, comme l’arabe par exemple ou le “ gambara ” (regardant sa collaboratrice), comment dit-on déjà ? Cependant, et j’insiste sur ce point, son apprentissage ne doit se faire qu’à partir de 12 ans, lorsque l’on est sûr que le jeune maîtrise parfaitement notre langue, le français.


Afrik.com :
Vous voulez certainement parler du bambara, Monsieur Bénisti. Toutes les études convergent pourtant vers la même conclusion : la langue, comme élément de l’identité, reste fondamentale dans la construction d’un individu. Alors plus encore qu’une question de langue, la délinquance ne tiendrait-elle pas à d’autres facteurs plus notables, comme les difficultés économiques ou la démission des parents ?


J-A. Bénisti : Il y a, bien entendu, divers facteurs qui interviennent dans le parcours d’un délinquant et ceux-ci en font partie. La principale raison reste néanmoins la difficulté d’apprendre la langue, à laquelle s’ajoutent des problèmes d’éducation, notamment chez les Maghrébins et les Africains. En fait, les problèmes se cumulent et les difficultés se manifestent de manière concrète. Par exemple, bon nombre de jeunes ne peuvent passer le permis de conduire à cause de la barrière linguistique et ont donc plus de mal à trouver un travail.


Afrik.com : Dans ce cas, concrètement, quelles sont les solutions que vous proposez d’apporter ?


J-A. Bénisti : Il ne s’agit pas de jeter la pierre aux écoles, mais dans toutes les Z.E.P (Zones d’enseignement prioritaires, ndlr), on envoie des jeunes enseignants qui finissent par saturer de trop de problèmes. Dans ce pré-rapport, nous proposons la création d’une structure au sein de l’école, qui offrirait un programme d’alphabétisation et d’accompagnement des élèves difficiles par un personnel professionnel et adapté : pédopsychiatres, psychiatres, médecins scolaires, professeurs, etc. L’acteur principal de cette structure, avec le jeune en difficulté, serait le référent, qui pourrait être un enseignant à la retraite, chargé de surveiller et de superviser un petit groupe d’élèves difficiles. Ce programme pourrait éventuellement concerner les jeunes dyslexiques, les jeunes en situation familiale difficile ou en échec scolaire, mais resterait essentiellement basé sur les jeunes immigrés car, comme je vous l’ai dit, la délinquance est causée par ces mêmes jeunes. Le maire doit être au cœur du dispositif car il connaît sa population et les problématiques qui la concernent. Il interviendrait en cas de danger de mort, d’inceste, de pédophilie, etc. Les travailleurs sociaux devraient en conséquence partager leur secret avec lui : c’est la notion de secret partagé. A partir de cela, le maire pourrait décider d’un placement par exemple.


Afrik.com : N’est-ce pas là le rôle d’un juge pour enfants ?


J-A. Bénisti : Non, pas spécifiquement. Bien souvent, les travailleurs sociaux hésitent à solliciter un juge. Le maire, qui connaît bien ses administrés, constitue un excellent intermédiaire et déciderait immédiatement de la marche à suivre, dans les cas graves uniquement. Car les familles africaines ne reconnaissant qu’une autorité : “ Le chef de la tribu ”, en l’occurrence, le maire, qu’ils écoutent. Ce système éviterait bien des procédures longues et fastidieuses.


Afrik.com : Vous revenez également beaucoup sur le rôle de l’enseignement professionnel et de l’internat dans votre rapport...


J-A. Bénisti : Les internats sont des structures idéales pour rectifier le tir, et non des lieux de stockage des jeunes en difficulté, comme me l’a reprochée une mauvaise presse. En ne revenant que le week-end dans un environnement peu propice à son épanouissement, le jeune ne peut pas tomber dans la délinquance. Quant à l’enseignement professionnel, il rentre en ligne de compte uniquement quand toutes les autres solutions ont échoué. Dès la sortie de l’école primaire, au lieu de suivre le cycle normal, le jeune de 12 ans entrerait dans une Faculté des métiers, qui sont l’équivalent du C.A.P (Certificat d’aptitude professionnelle, ndlr). En trois ans, il apprendrait à lire, écrire et compter correctement. Pas d’encombrement inutile avec l’histoire, la philosophie, l’anglais ou autre, car ces matières ne lui plaisent pas. Doué de ses mains, il pourrait apprendre le travail du bois, du fer, l’informatique, l’électronique, l’électricité, etc. Tous ces métiers manuels dont nous avons besoin, en somme. La première année, il apprendrait les fondamentaux, pour savoir au moins faire une lettre d’embauche correcte. A 14 ans, il commencerait l’apprentissage de tous les métiers que propose la Faculté. Puis à 15 ans, il pourrait choisir sa voie définitive et faire des stages en entreprise. Enfin, à 16 ans, il entrerait dans la vie active ou continuerait d’aller à l’école. Il faut également souligner l’importance du sport, car le sport peut sauver. Prenons le cas des sports collectifs. Ceux-ci inculquent un esprit d’équipe, une logique de règle. Ils permettent de cadrer les jeunes. Les arts martiaux participent aussi à cet état d’esprit et enseignent une maîtrise et une philosophie de vie. Ils permettent également de récupérer le jeune.


Afrik.com : Quand vous dites “ cadrer ” le jeune et le “ récupérer ”, sous-entendez-vous un contexte de délinquance ?


J-A. Bénisti : Oui. Et à ce titre, il existe une graduation de la délinquance. Pour la replacer dans l’idée du bilinguisme, il y d’abord la consommation de drogues douces, le “ shit ”, pour se valoriser. En effet, le jeune qui a des problèmes d’élocution consomme du shit car il lui permet de mieux s’exprimer. Ensuite vient l’escalade et le jeune se met aux drogues dures.


Afrik.com : Dans le pré-rapport, la courbe (cf page 7 du pré-rapport) occupe une place centrale puisque c’est autour d’elle que s’articulent les explications qui suivent. Quelles en sont les sources ? Quelles études ont été menées sur le sujet, sur quelle longueur de temps et sur quelles populations ?


J-A. Bénisti : Ce sont les faits de police qui ont permis d’établir les statistiques de la courbe qui reposent sur toutes les catégories de délinquance par degrés, selon les âges. Les pointillés qui relient la courbe déviante d’un délinquant au parcours normal d’un jeune sont les succès enregistrés de rattrapage des jeunes. Plus les faits de délinquance sont graves, plus il est difficile de les récupérer.


Afrik.com : Vous êtes également maire de Villiers-sur-Marne. Quelles sont les actions que vous menez pour pallier les problèmes d’intégration ?


J-A. Bénisti : Intégration signifie la fin de la délinquance et la fin de la délinquance signifie la fin du racisme. Récemment, le poste de police s’est fait attaqué au cocktail Molotov par une bande de jeunes Africains accompagnés de quelques Maghrébins. Imaginez ce que peuvent alors penser les personnes qui regardent ce triste spectacle par leur fenêtre. En tant que maire de Villiers-sur-Marne, j’ai créé des cours d’alphabétisation, pour les femmes maliennes notamment, et, déjà, il y a des tentatives d’instaurer le français à la maison. Toutefois, les maris maliens sont assez réticents et préfèrent apprendre le “ bamboula ” (lapsus de J-A. Bénisti qui voulait dire bambara, ndlr) à leurs enfants. Les femmes doivent donc trouver des solutions cachées pour continuer à parler français et parler français à leurs enfants. Lors du naufrage de l’Erika, j’ai envoyé des jeunes de la ville nettoyer les plages en échange d’un travail, si tout se passait bien. Hormis un seul que j’ai mis à l’écart à cause d’un petit vol, chacun a respecté sa part du contrat. J’ai donc tenu parole et placé les autres dans les équipes de la mairie. Certains constituent les équipes de « détaguage » (enlever les graffitis, ndlr), d’autres sont dans la sécurité, et d’autres encore ont réalisé leur projet d’ouvrir une boucherie hallal. Je les prends comme des modèles de réussite pour les autres. Quant aux réunions de citoyens et des communautés de la ville, elles nous confirment une chose indiscutable. Par exemple, les Béninois de Villiers sont tout à fait conscients de l’importance d’apprendre impérativement le français aux enfants et plébiscitent largement notre démarche. Ceci est aussi valable pour les Congolais et les Ivoiriens, qui sont par ailleurs très attachés à la France. Il est vrai que le français est déjà incorporé dans l’éducation des parents donc le transmettre aux enfants n’est pas un problème.


Afrik.com : Ce modèle ne peut-il pas s’adapter aux autres communautés, comme celle des Asiatiques par exemple ?


J-A. Bénisti : Non, pas vraiment. Chaque origine a sa spécificité. La France doit s’adapter. Par exemple pour la communauté Tamoul, la donne change : l’individu doit s’épanouir dans le travail, à l’identique de toutes les communautés asiatiques. Ils parlent français avec l’enfant, mais lui enseignent également le tamoul, de même que l’arabe pour comprendre le Coran. Et c’est par un travail acharné que l’enfant acquiert toutes ces langues. Quand les autres jouent, lui ne s’amuse pas, il travaille et ne s’arrête que pour manger. Bien souvent d’ailleurs, les Tamouls ou les asiatiques sont premiers de la classe, tout en maîtrisant plusieurs langues. Ce qui n’est pas le cas des Maghrébins ou d’autres.


Afrik.com : Et les parents dans tout ça ?


J-A. Bénisti : Beaucoup d’enfants égale beaucoup d’allocations. Je propose dans le rapport de sanctionner pécuniairement les parents dans l’intérêt de l’enfant car les pères de famille sont sensibles à cet argument. Il faut travailler avec les parents et tenir compte des réalités de chaque famille. Fréquemment, la mère est seule car le père est parti au pays ou avec une autre femme. Il y a un manque évident d’autorité. On doit donc aider la mère, qui ne serait jamais sanctionnée financièrement, bien sûr. En fait, il faut faire prendre leurs responsabilités aux mères par une politique de peur et par une politique de pression financière vis-à-vis du père. Cette “ Epée de Damoclès ” est la seule efficace pour inciter les pères à écouter.


Afrik.com : Sur combien de temps ces mesures seraient-elles appliquées ?


J-A. Bénisti : Ces mesures seraient à mettre en place sur un long terme. Au final, le problème de la délinquance serait certainement réglé définitivement en 20 ans. Certes, cela est long, mais il faut penser aux générations futures. Quant au budget que les mesures représentent, il revient moitié moins cher que ce que coûte aujourd’hui la délinquance.


Afrik.com : Projet ambitieux. Enfin, évoquons les annexes, qui occupent une place non négligeable dans le pré-rapport. Quel est leur lien avec le bilinguisme ?


J-A. Bénisti : Les annexes concernent les propositions d’une entreprise de sécurité de sites nucléaires pour la protection des espaces et des personnes dans les cités sensibles et n’ont strictement rien à voir avec le rapport. Elles ont simplement été incluses dedans et envoyées au ministre, qui ne les a d’ailleurs pas retenues.

[1] Union de la Majorité Présidentielle, parti de droite au pouvoir
[2] 17 membres, dont 14 de UMP, deux du Parti Socialiste (PS) et un de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)

 

Koceila Bouhanik

 

( Afrik.com )


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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /2006 23:09


La scandaleuse thèse d’un député français pour contraindre tout le monde à parler français


Le bilinguisme est le germe de la délinquance car source de difficultés scolaires. C’est en substance ce qu’avance Jacques-Alain Bénisti. En conséquence de quoi, le député UMP propose de forcer les parents et les enfants à parler exclusivement le français à la maison, au détriment de leur langue d’origine. Le rapport Bénisti, remis le 16 novembre dernier au ministre français de l’Intérieur, a provoqué de vives réactions au sein de la sphère universitaire et médicale. Autopsie d’un rapport inqualifiable aux relents néo-colonialistes.


« Papa, parle moi français pour ne pas que je devienne un délinquant ! » L’invraisemblable rapport Bénisti, du député français UMP (Union pour la majorité présidentielle) du même nom, présente une sombre thèse sur le bilinguisme comme facteur de délinquance. Une pseudo-étude, qui piétine la liberté individuelle et la diversité culturelle, dans laquelle il propose un système coercitif pour contraindre les parents et leur progéniture à faire un usage exclusif de la langue de Molière dans les chaumières, et plus largement au sein de la cellule familiale. Son rapport, passé relativement inaperçu dans la presse, a soulevé un véritable tollé chez les universitaires, les syndicats, la Ligue des droits de l’Homme, la magistrature, les corps médicaux spécialisés et les travailleurs sociaux. Et pour cause...

Afrik ne pouvait se taire. Car loin de l’idée d’une rhétorique construite et assassine, qui pourrait être chère à l’homme Bénisti, il faut aller au fond des choses. Voir et comprendre, tel doit être notre but aujourd’hui, tel doit être notre difficile labeur. Car pour percevoir comment un rapport parlementaire remis au gouvernement de cette France multi-culturelle, mixte et colorée, en arrive à de telles extrémités, il faut s’accrocher.


La courbe Bénisti

Mais avant cela, présentons le sieur Jacques-Alain Bénisti [*] : Député UMP du Val-de-Marne et président de la Commission prévention du groupe d’études parlementaire sur la sécurité intérieure, il est encore l’auteur d’un rapport éponyme sur la prévention de la délinquance, remis le 16 novembre dernier au Ministre de l’Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, M. Dominique de Villepin.

« Courbe évolutive d’un jeune qui au fur et à mesure des années s’écarte du « droit chemin » pour s’enfoncer dans la délinquance », accompagnée des « explications de la courbe évolutive d’un jeune qui au fur et à mesure... ». Des titres explicites par leur lourdeur. Quoiqu’il en soit, voilà le corps de ce fameux rapport. En d’autres termes, par des courbes savantes, des schémas d’annexes et des explications percutantes et soi-disant fondées, on nous explique allègrement que la délinquance est intimement liée aux difficultés qui peuvent exister dans l’apprentissage de la langue française, pour les familles d’immigrés et leurs enfants.


Phrases choc pour phases choc

Selon M. Bénisti, sept étapes jalonnent le manuel du parfait délinquant. Pour chacune de ces phases, M. Bénisti a cru utile de donner son point de vue quant à ce que doit être l’éducation, et plus encore que des conseils, il impose sa vision de l’intégration : « Seuls les parents, et en particulier la mère, ont un contact avec leurs enfants. Si ces derniers sont d’origine étrangère elles devront s’obliger à parler le français dans leur foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer », d’ailleurs « un contact direct avec le jeune devra être instauré de gré ou par la contrainte avec une personne formée à cet effet pour le soigner ou lui faire choisir un autre chemin que celui qu’il est en train de prendre ». « Difficultés dues à la langue, si la mère de famille n’a pas suivi les recommandations de la phase 1 (...), l’enseignant devra alors en parler aux parents pour qu’au domicile, la seule langue parlée soit le français. Si cela persiste, l’institutrice devra alors passer le relais à un relais orthophoniste pour que l’enfant récupère immédiatement les moyens d’expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale ». Quelle obscure lumière, quelle confuse clairvoyance !

Pourtant, M. Bénisti se défend farouchement d’avoir voulu « stigmatiser ou caricaturer certaines catégories sociales ». Or ces « règles », édictées pour être un bon Français marchant dans le « droit chemin », ne sont pas des extraits provocateurs et démagogiques. Il s’agit bel et bien du contenu intégral du rapport Bénisti. Malgré tout, ce qui choque le plus, c’est l’insistance obsessionnelle de Bénisti à vouloir intégrer le corps médico-social dans ce processus de recadrage : « Des suivis sanitaires et médicaux réguliers doivent être opérés », « ces suivis sociaux réguliers devront aussi permettre à l’enfant d’être élevé dans une atmosphère saine et avec les bases d’éducation attentives, fondées sur le respect et avec une autorité parentale affirmée ». A croire que les immigrés sont des aliénés.


Bénisti invente le « parler patois »

Mais la perle de la page 9 reste sans conteste le point 1 de la rubrique ACTION : « Les réunions organisées par les associations de mères de familles étrangères financées par le F.A.S (ndlr : Fonds d’Actions Sociales) peuvent inciter ces dernières dans cette direction (ndlr : à s’obliger et à obliger leurs enfants à parler français). Si c’est dans l’intérêt de l’enfant, les mères joueront le jeu et s’y engageront. Mais si elles sentent dans certains cas des réticences de la part des pères, qui exigent souvent le parler patois du pays à la maison, elles seront dissuadées de le faire. Il faut alors engager des actions en direction du père pour l’inciter dans cette direction ». Parler patois ?

Patois : (v. 1285 ; probabl. Du rad. Patt- [Cf. Patte], exprimant la grossièreté). 1° Parler, dialecte local employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés comme inférieurs à ceux du milieu environnant (qui emploie la langue commune). 2° Par extension. Langue spéciale (considérée comme incorrecte ou incompréhensible). V. Argot, jargon. Selon le dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française Petit Robert.


Minorités socio-fliquées

Ainsi donc Monsieur Bénisti, les différentes langues qui colorent le paysage culturel français seraient grossières, rurales, inférieures ? Mais peut-être que cela est finalement voulu, peut être, Monsieur Bénisti, avez-vous tout simplement exprimé ce que vous pensiez de la diversité, du mélange, du melting-pot à la française. Peut-être ne supportez-vous pas tout cela, peut-être votre pré rapport n’est-il qu’un moyen détourné d’affirmer certaines de vos opinions, de clouer des populations dans des piloris socio-fliqués, de les isoler par une discrimination honteuse ?

Peut-être, Monsieur Bénisti, que ces mesures qui n’en sont pas, sont-elles le reflet idéologique de la frange de la population que vous voulez satisfaire, à laquelle vous lustrez les chaussures en voulant plonger dans la fange cette autre catégorie de la population que vous êtes, ô noble âme, « loin de vouloir stigmatiser » ? Pauvre France déliquescente ! Tes idéaux sont morts ! Autre chose, avant d’essayer d’exercer votre tyrannie éducative et de vous ingérer dans la vie privée des gens, qui n’est pas sans rappeler le traitement de la jeunesse de certains régimes, appliquez vos beaux conseils à vous-même et corrigez au moins les nombreuses fautes d’orthographes qui achèvent de décrédibiliser votre rapport ! On vous a fait une fleur, on l’a fait pour vous. Mais quand l’hôpital se moque de la charité, on se doit de le dénoncer.

 

Diversité culturelle et respect : histoire croisée

Maintenant, parlons peu et parlons bien. La diversité culturelle est une richesse inestimable et indéniable pour ce pays. Mourir par asphyxie dans un orgueil suffisant ne doit pas être si drôle, non ? La double culture est une chance, un héritage, un témoignage, aussi, n’essayez pas de la détruire. Oui, les populations immigrées ont parfois du mal à s’intégrer dans la société française, c’est un fait reconnu et entendu. Mais avoir le toupet de prétendre que ne pas parler français à la maison est synonyme de criminalisation et de délinquance, c’est proprement scandaleux.

Mais récapitulons en citant vos propres termes et en suivant votre effroyable logique. Un enfant d’immigré, donc de la troisième génération, un petit Français de nationalité, mais pas de souche, vient de naître. A l’âge de 3 ans environ, il rentre à la maternelle, comme tous ses petits camarades. Dans l’intervalle, on aura « obligé » sa mère à parler uniquement le français dans son domicile. Si le père regimbe, on le bride. Surveillé de près par un personnel sanitaire et médical dans la structure éducative, il est prêt à devenir un citoyen modèle, un bon sauvage, comme on les appelait autrefois. Toutefois, « si la mère de famille n’a pas suivi les recommandations de la phase 1 », il faudra à tout prix impliquer les services socio-médicaux compétents, tels « l’orthophoniste », « l’assistante sociale », « le pédopsychiatre » ou « le pédiatre » « pour que l’enfant récupère immédiatement les moyens d’expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale » et « qui auront pour mission d’essayer, autant que faire se peut, de résoudre ces écarts de comportement ». Je ne peux m’empêcher de frissonner, M Bénisti, à la lecture de votre rapport. Qu’adviendra-t-il de notre culture, à nous, « familles étrangères », « enfants de familles étrangères » si de pareilles inepties se concrétisent en lois ?

Enfin, M. Bénisti, à l’avenir, si vous me le permettez, soignez au moins votre travail, qu’on ne vous soupçonne pas de spéculer et dites-nous, en définitive et de manière claire, quelles sont vos sources et quelle est votre formation ? Qu’avez-vous à opposer à tous vos détracteurs, universitaires reconnus, professionnels de la santé et autres, qui clament haut et fort leur indignation et qui font fronde commune contre l’inanité de votre compte-rendu, mis à part détourner le débat en tentant de le focaliser sur un clivage droite-gauche comme vous le faites si bien dans votre réponse d’une platitude navrante ? De plus, et pour terminer, dites-nous quelles sont les solutions que vous envisagez d’employer dans le cas d’un délinquant français de souche ?

 

Koceila Bouhanik

( Afrik.com )


Par Cilou Lilou - Publié dans : Loi dite de "prévention de la délinquance"
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