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LE MONDE | 07.09.06 | 13h57
(Article paru dans l'édition du 08.09.06)
C'est encore un document provisoire. Un programme "work in progress" de la gauche radicale pour 2007, pas encore rendu public. Le Collectif national d'initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes devrait soumettre aux représentants des 450 collectifs locaux, réunis à la Bourse du travail de Saint-Denis, dimanche 10 septembre, une note intitulée "Ce que nous voulons", sorte de catalogue de mesures à prendre par un gouvernement "antilibéral".
Depuis deux mois, un groupe d'une dizaine de représentants des différentes sensibilités politiques (PCF, LCR, minorité des Verts, républicains de gauche et Alternatifs), impliquées dans la recherche d'une candidature commune, a tenté d'imaginer un programme de mesures d'urgence à prendre si la gauche du non à la Constitution européenne remportait l'élection. L'exercice a abouti à 90 propositions, comprenant les apports culturels et programmatiques de chaque sensibilité. Mais a aussi mis au jour des divergences.
LE NUCLÉAIRE. Si tous demandent la création d'un "pôle public de l'énergie" regroupant électricité, gaz, pétrole et énergies renouvelables, avec retour "à 100 %" dans le public d'EDF et GDF, sur l'avenir de l'industrie nucléaire, la note prévoit pudiquement un "débat national public". Le groupe, piloté par Yves Salesse de la fondation Copernic, n'a pu dégager de position commune sur le nucléaire entre les partisans d'une sortie progressive de cette énergie (Verts et LCR) et ceux qui militent pour un nucléaire "sécurisé" (PCF, républicains) continuant les programmes d'équipement en cours, réacteur EPR compris.
"On butte sur un caillou et la société a besoin d'un vrai débat démocratique", reconnaît Pierre Zarka, membre rénovateur de l'exécutif du PCF. "C'est un des noeuds sur lequel il va falloir continuer à avancer", assure la Verte Francine Bavay.
LE DROIT DE VOTE DES ÉTRANGERS. Cette revendication, vieux sujet de discorde de la gauche, n'est pas totalement reprise dans l'ébauche de programme. Une formule plus floue parlant d'"extension aux étrangers des droits démocratiques déjà accordés aux citoyens européens pour les élections locales et européennes" a été rédigée pour éviter les fâcheries. Le débat n'est en effet pas tranché entre les partisans d'une "citoyenneté de résidence", accordant le droit de vote à toutes les élections pour les étrangers résidant en France (PCF, Verts, LCR et Alternatifs) et ceux, dont le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (Mars), qui veulent une "nationalité de résidence" maintenant le lien entre l'octroi de certains droits politiques et la nationalité.
L'EUROPE. Se mettre d'accord sur les argumentaires contre la Constitution soumise au référendum du 29 mai 2005 fut plus facile que de se retrouver sur un projet commun de réforme institutionnelle européenne. Si tous sont d'accord pour une "refondation de la construction européenne" et l'ouverture d'un "processus démocratique et populaire", les propositions concrètes pour le mettre en oeuvre divergent.
Faut-il élire une assemblée constituante chargée de rédiger un nouveau texte comme le désirent les responsables de la LCR ou de la minorité des Verts ou se contenter d'élaborer un nouveau traité économique et politique selon les revendications du PCF et du mouvement Mars ?
SMIC ET MINIMA SOCIAUX. Sur la majorité des revendications sociales (retraites, smic à 1 500 euros brut, lutte contre le chômage, précarité ou protection sociale), les alliés sont d'accord. Mais un point pose encore problème : le niveau des minima sociaux. Le débat demeure entre les partisans de son alignement sur le smic au nom du droit à un revenu social garanti défendu par les associations de chômeurs et ceux qui défendent l'augmentation des minima mais veulent maintenir un écart avec le smic pour respecter le principe du lien entre les droits sociaux et le travail, comme le souhaitent le PCF et Mars.
RÉFORME DES INSTITUTIONS. L'accord pour un "changement de régime" et l'instauration d'une VIe République est partagé par toutes les composantes. Mais le moment opportun pour engager le processus d'élection d'une "assemblée constituante élue au suffrage universel" ne fait pas l'unanimité. Un gouvernement "antilibéral" doit-il, lors de sa première année de mandature, donner la priorité aux réformes sociales d'"urgence" ou entamer en parallèle le processus constituant seul à même de marquer le changement radical ? La réflexion n'est pas close.
Il reste sept mois au Collectif national pour finaliser les convergences. S'il parvient à trouver un nom pour incarner le candidat.
Calendrier
13 MAI. Première réunion nationale des collectifs nés de la campagne pour le non à la Constitution européenne qui adopte un appel en faveur de candidatures unitaires à la gauche du PS .
10 SEPTEMBRE. 500 représentants de collectifs locaux sont attendus à Saint-Denis pour discuter de la stratégie de la campagne unitaire, du mode de désignation du candidat et du programme.
21 OCTOBRE. Conférence nationale du PCF qui doit "faire le bilan" de la démarche unitaire et décider si le parti présente Marie-George Buffet comme candidate.
Sylvia Zappi
( Le Monde )
Il est à noter que cet article date d'il y a 16 jours. Il est donc possible, et même probable, que sur certains de ces 5 points l'Union de gauche antilérale ait pu tomber d'accord, la situation décrite par l'article est peut-être déjà partiellement ou totalement caduque. On notera aussi que les points de divergences étaient au nombre de 5, ce qui est très peu pour autant de partis et orgas.
Cilou.
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