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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 21:40
dimanche 1 octobre 2006, 20h49

PARIS (AFP) - Le sabotage du Rainbow Warrior, il y a 21 ans par les services secrets français dans le port néo-zélandais d'Auckland, qui avait été l'un des plus gros scandales du premier septennat de François Mitterrand, a resurgi dans la campagne présidentielle avec la mise en cause d'un des frères de Ségolène Royal, candidate à l'investiture PS pour 2007.
"Je suis un peu surprise de cette polémique juste au lendemain de ma déclaration de candidature. Je ne sais pas si c'est une coïncidence", a déclaré dimanche à Guingamp (Côte d'Armor) la candidate socialiste préférée des Français dans les sondages, en se demandant si cette polémique était "justifiée" ou si c'était "une peau de banane".

C'est le frère cadet de Mme Royal, Antoine, qui a remis sur le devant de la scène cette affaire vendredi. Dans un entretien au Parisien, il a assuré que leur frère Gérard, ancien de la DGSE, lui avait dit avoir "posé la bombe" ayant coulé le navire de Greenpeace.
Ce sabotage, dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, avait coûté la vie d'un photographe qui était à bord du bâtiment, engagé dans une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Muruora (Polynésie).

Devant ces révélations, la police néo-zélandaise a annoncé dimanche qu'elle allait réexaminer le dossier du sabotage du navire amiral de l'organisation écologiste, quinze ans après sa clôture.

Dans l'après-midi dimanche, un spécialiste des services secrets a précisé, sous couvert de l'anonymat, que Gérard Royal pilotait en fait le zodiac de la troisième équipe d'agents français ayant posé la bombe - en l'occurence deux mines-.

Dimanche, à droite comme à gauche, on se refusait à entrer dans la polémique. "Je n'ai aucune espèce de trace d'ombre de début d'opinion sur cette affaire, parce que ce n'est pas le sujet" et "je ne m'en saisis pas", a déclaré le président de l'UDF François Bayrou, ajoutant qu'il n'avait "aucune opinion à avoir sur les frères, les soeurs, les tantes, les cousins de Ségolène Royal".

Même désintérêt de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua: "cela ne me la rend pas plus antipathique".

De son côté, Dominique Strauss-Kahn, concurrent de Mme Royal à l'investiture PS, a fait valoir qu'il fallait "que les choses soient avérées avant qu'on les évoque".

"Il est dommage qu'il y ait des évocations de ce genre alors qu'on n'est pas très sûrs de ce qu'il en est exactement. Ensuite, si on est sûr des faits, il me semble que c'est malvenu: dans une campagne, personne n'est responsable de ce que fait son père, son frère et sa soeur", a-t-il dit.

Laurent Fabius, qui était Premier ministre au moment de l'affaire du Rainbow Warrior, s'est indigné, se demandant, comme Mme Royal, s'il s'agissait d'une "coïncidence". "Si on veut arrêter les socialistes comme ça, on n'y arrivera pas", a lancé M. Fabius, candidat également à l'investiture socialiste pour 2007.

L'affaire du Rainbow Warrior avait ébranlé à l'époque l'exécutif et conduit à la démission du ministre de la Défense Charles Hernu.

L'opération contre le Rainbow Warrior avait été menée par trois équipes d'agents secrets français: la première (celle des faux époux Turenge) avait coordonné la logistique, la deuxième (Ouvéa) convoyé les mines et la troisième les avait posées.

Sylvie MALIGORNE

Par Cilou Lilou - Publié dans : Elections
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