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Lundi 2 octobre 2006 1 02 10 2006 22:09
daté du 1er octobre 2006 par AC ! Alençon, sa région et le Perche


Dans la rubrique Société de son site web, le journal Le Point, bien connu pour ses prises de position en faveur de la justice sociale et de la redistribution des richesses, publie cette semaine le témoignage scandaleux et édifiant d’un « parasite ».

Cet homme de 44 ans, qui vit à Roanne, qui possède une « Alfa Romeo anthracite et un appartement à lui », meublé entre autres d’un « ordinateur et webcam », qui s’habille avec des marques, qui « voit les films en avant-première », qui joue au tennis gratuitement, qui « a eu un portable dès les années 90 » bien avant tout le monde, a eu les honneurs de la visite à domicile d’un journaliste du Point qui l’a écouté vitupérer, à l’instar de son écrivain préféré François de Closet, les « kits Assedic » des fraudeurs, « la prime de rentrée scolaire », sans oublier « les charges qui pèsent sur les patrons ».

Car cet homme, qui porte des « fines lunettes à 500 euros payées par la CMU », mais « pas de baskets de marque » précise le journaliste - « on ne peut pas tout avoir »-, est chômeur depuis 24 ans et allocataire de l’ASS (allocation de solidarité spécifique), à 600 euros par mois sans rien faire, après avoir travaillé « trente et un mois sur treize ans ».

Le journaliste écrit : « Je me suis contenté de suivre la législation française à la lettre », se justifie-t-il (...) ASS. « ‘’Aide si sympathique’’. 600 euros par mois, versés par les Assedic. A vie, et quasi sans contrôle. ‘’ Le RMI, c’est beaucoup plus pénible, car vous êtes suivi par une assistante sociale. Forcément, dans RMI, il y a I, comme insertion ! ’’ L’ASS, c’est donc la planque. Sans compter l’allocation logement, le Fonds solidarité énergie, la taxe d’habitation presque gratuite, la prime de Noël, et tout ce qu’il pourrait toucher de la commune, mais qu’il se refuse à demander ».
« Le laxisme de mon pays m’étonne » !

Et il trouve le moyen de railler : « Le laxisme de mon pays m’étonne » !

Salauds de chômeurs ! Ignobles profiteurs ! Ne vous étonnez pas si vos voisins qui font les trois huit à l’usine du coin viennent hurler sous vos fenêtres qu’ils en ont marre de vous nourrir !

Le journaliste, Christophe Ono-Dit-Biot, qui se présente aussi comme professeur de français agrégé, écrivain et chroniqueur littéraire, est-il bien trop occupé avec ses multiples casquettes pour vérifier un minimum ce que lui raconte Thierry F., « chômeur » anonyme [1] ou bien joue-t-il sciemment avec la corde qui fait les bons lynchages ?

L’ASS n’est attribuée qu’aux chômeurs en fin de droit Assédic qui ont eu 5 ans (60 mois complets, au jour près) d’activité salariée dans les 10 dernières années précédents le dernier licenciement.

Avec ses deux ans et demi, Thierry F. est loin du compte.

L’ASS, ce n’est pas 600 euros par mois mais 14,25€/jour maximum, soit 14,25€/jour maximum, 441,75€ par mois ... les mois de 31 jours, 427,50 les autres.

L’allocation logement, Thierry F., n’y aurait pas droit, étant propriétaire de son logement, sauf s’il le paie encore à crédit. Et dans ce cas, elle serait sans doute loin de couvrir la totalité de la mensualité.

En revanche, il aurait le droit et le devoir de payer la taxe foncière plein pot et parfois c’est plusieurs mois d’ASS à sortir de sa poche. Ce n’est pas avec la prime de Noël, 152 euros qu’il la paierait ...

Le « Fonds solidarité énergie », cela dépend des départements. En général, il faut s’humilier en fournissant maints justificatifs de sa pauvreté pour pas grand chose, une aumône au regard de toutes les factures à acquitter. Une seule aide est accordée par année civile, sous forme de secours ou de prêt en fonction du quotient familial. Le journaliste n’a-t-il donc jamais entendu parler des personnes mortes de froid dans leurs appartements glacés ni des familles brûlées vives parce qu’elles s’éclairaient à la bougie après une coupure EDF ?

Des « fines lunettes à 500 euros payées par la CMU » ?

Le remboursement CMU, qui est fonction de la correction, va de 54,57 euros à 137,21 euros maximum (monture et verres) par an ....

« L’ASS, c’est donc la planque » ?

Alors la chasse aux chômeurs en ASS par l’ANPE et la DDTEFP, on l’a rêvée ? Les « propositions » (si-tu-refuses-t’es-radié) d’emplois « aidés », de stages de « remobilisation », il y aurait échappé, ce chômeur en Alfa Roméo qui aurait cessé toute activité à l’âge de 20 ans ?
Faire naître le bouc émissaire

Ce journaliste a au moins compris que la vraisemblance n’a pas besoin d’être au rendez-vous pour faire naître le bouc émissaire.

Même avec si l’ASS était à 600 euros, même s’il avait trouvé sa bagnole de luxe dans une pochette-surprise, comment ce chômeur l’entretiendrait-il ? Rien que l’assurance ... Et ne parlons pas des pièces détachées et du carburant.

La perversité de cet article qui les désigne comme des « parasites », comme les victimes de la prochaine chasse aux sorcières n’a pas échappé aux chômeurs.

Dommage. L’antihéros affabulateur, poujadiste, antipathique et caricatural de Roanne masque peut-être un chômeur dans lequel pas mal d’entre nous se reconnaîtraient : Il passe beaucoup de temps à servir « d’avocat-conseil à ses amis salariés ». Il fait la « nounou ». Bénévolement.

Il refuse l’exploitation salariale : (...) « son père ébéniste, qui pendant cinquante et un ans a construit des cuisines aménagées sans pouvoir s’en offrir une, fait figure pour lui de repoussoir » et a développé des stratégies de résistance à l’emploi non désiré.

Il partage cette opinion très courante dans le monde laborieux : « Le travail, il faut le laisser à ceux qui en ont besoin pour se sentir bien dans leur peau ».

L’article crapoteux d’Ono-Dit-Biot est accompagné de deux encadrés qui confirment les intentions de la rédaction du Point.
« Les « plus » du RMI »

L’un s’intitule : « Les « plus » du RMI ».

« Quand on est RMIstes, on a aussi droit à :
- l’allocation logement à taux plein ;
- la suspension de ses dettes fiscales ;
- l’exonération de sa taxe d’habitation, de sa redevance, de sa cotisation à la CMU ;
- l’accès gratuit à la complémentaire santé de la CMU :
- la prime de Noël ;
- le tarif téléphonique social :
- la réduction dans les transports, la gratuité dans les musées, diverses allocations supplémentaires (en fonction de son lieu d’habitation). »

Elle est pas belle la vie de RMIstes ? Rien à payer ! Tout est gratuit ! C’est tous les jours « aujourd’hui, on rase gratis » !

« L’allocation logement à taux plein » ?

Les RMIstes sont la seule catégorie qui ne perçoit pas l’allocation logement à taux plein !

Un « forfait logement » est systématiquement déduit du RMI (moins 50 euros par mois.)

Pour la quasi totalité des RMIStes, les locataires comme les propriétaires, le RMI, ce n’est pas 433 euros par mois mais 383 euros. Les 433 euros, c’est pour les SDF, à condition qu’ils connaissent leurs droits et qu’ils sachent se faire entendre.

En outre, « Taux plein » ne signifie pas loyer payé, loin de là. L’allocation est plafonnée. Le régime est le même que pour tous les chômeurs et salariéEs et tient compte de tous les revenus des cohabitantEs et du quotient familial.

RMIstes ou non, dans la plupart des cas, il reste une partie (parfois importante) du loyer à payer.

« La suspension de ses dettes fiscales » ?

Pas plus, pas moins que toutes les personnes « en grande difficulté » sociales et surendettées (titulaires de minima sociaux, mais également actifs avec de très faibles niveaux de revenus). Il n’y a rien d’automatique. La suspension est accordée au cas par cas après des galères inextricables et des examens à la loupe et humiliants de la situation familiale et sociale.

« L’exonération de la taxe d’habitation » ?

Pas plus pas moins que les autres catégories de « pauvres », selon revenus et composition familiale.

« Exonération de la redevance » ?

Quelle redevance ? L’exonération de la redevance télé n’est pas automatique. Quant à la redevance d’ordures ménagères, elle n’est jamais exonérée.

« CMU » ?

Fonction du revenu, pas du « statut » de RMIste.

« Prime de Noël » ?

152 euros, la belle affaire ! Est remise en question tous les ans.

« Tarif téléphonique social » ?

Une réduction d’un peu plus de 50% uniquement sur l’abonnement France télécom.

« La réduction dans les transports » ?

Où ça ? Aucune réduction sur les lignes SNCF. Les chômeurs et RMIStes sont une des rares catégories à ne bénéficier d’aucune réduction sur les lignes nationales !

Réductions éventuelles sur les TER -dans les limites de la région- selon le bon vouloir des conseils régionaux : souvent conditionnées à l’inscription à l’ANPE (les RMIstes ont souvent été radiéEs en masse lors de la première campagne de radiations) ou à la recherche d’emploi.

« Diverses allocations supplémentaires » ?

Ah oui ???????????????
Et si Le Point parlait de la générosité du modèle patronal français » ?

Le second encadré enfonce bien le clou : les « parasites » du type de Thierry F. ne sont pas des fraudeurs, ils profitent de « la générosité du modèle social français ».

Alors Le Point a interrogé l’ « administration ».

Pour l’ « administration », « Thierry F. n’est (...) pas un fainéant, il est victime d’une ‘’ trappe à inactivité ‘’. En clair, la reprise d’un emploi lui ferait perdre une série d’avantages dits droits connexes », les miraculeux « Plus » énumérés ci-dessus.

Le Point a « une solution simple : limiter ces droits connexes ou supprimer l’allocation en cas de refus d’activité. »

Malheureusement, note Le Point, ce n’est pas le choix de « La France » qui a « préféré l’incitation à la coercition ».

Le Point est l’hebdomadaire de François Pinault, spéculateur multimilliardaire (4ème fortune française), ami intime de Chirac.

Curieux : Le Point n’a pas hurlé au parasitisme quand les contribuables français, sur ordre de son ami le président, ont dû régler les 475 millions d’euros de la condamnation de François Pinault qui s’était joué de la loi étasunienne sur les affaires ...

Encore curieux, Le Point n’a pas réclamé la suppression des « droits connexes » quand Pinault a versé une petite indemnité de licenciement de 9 millions de francs à Pierre Blayau (alors en plein boulot de liquidation de Moulinex) pour neuf mois d’incompétences passés à la direction du groupe Pinault (Printemps-La Redoute).

Toujours extrêmement curieux, Le Point n’a jamais demandé si l’activité de Jean-Marie Messier (en 2001) justifiait un salaire équivalent à un RMI toutes les 34 secondes (36,26 millions d’euros), ni si celle de Michael Eisner, le PDG de Disney, justifie qu’une de ses ouvrières bangladaises devrait travailler 210 ans pour gagner l’équivalent d’UNE HEURE de salaire de son patron.

Mais l’important n’est-il pas que les SMICards de l’usine du coin viennent hurler « Parasites ! » sous les fenêtres de leurs voisins RMIstes plutôt que dans les salons des châteaux de leurs maîtres ...

Lire, sur le même sujet : Le Point sur la table

Lire sur Le Point et les chômeurs : Les « tricheurs » du Point

[1] vient de publier « Moi, Thierry F., chômeur professionnel », Albin Michel

 
( AC ! )



Le Point sur la table

Par Agnès Maillard
le vendredi 29 septembre 2006, 10:16

Les grandes manoeuvres ont commencé, il semblerait, pour convaincre tous les braves Français de la nécessité d'instaurer un système à la Hartz 4 en France, histoire de mater ces salauds de chômeurs.
En témoigne un article du Point sur le bouquin d'un prétendu chômeur professionnel, où tout transpire l'intox, mais pour lequel le journaleux qui rapporte s'est contenté de pisser de la copie sans faire une seconde son supposé boulot de journaliste : vérifier les faits!

Il y a des choses qui me mettent hors de moi, comme la stigmatisation de chômeurs, laquelle consiste à raconter n'importe quoi afin de convaincre le gentil salarié qui en chie chaque jour de sa vie pour une poignée de clous que son pire ennemi, c'est le chômeur.

Le Point, que je me retiens de qualifier d'immonde torche-cul, par la plume de Christophe Ono-Dit-Biot[1], nous apprend combien il est facile de vivre au crochet des dispositifs d'aide aux chômeurs.
C'est donc l'histoire de Thierry F., qui vivrait comme un prince des systèmes d'indemnisation du chômage depuis 24 ans.

Accrochez-vous bien, le récit vaut son pesant de cacahuètes :

    Il peut être fier de lui, Thierry : trente et un mois de travail sur treize ans, pour vingt-quatre années de « farniente rémunéré ». Un hold-up pacifique, avec l'administration comme complice. (...) Son secret se nomme ASS. « Allocation spécifique de solidarité ». Ou comme il dit, lui, en remerciant la France, « Aide si sympathique ». 600 euros par mois, versés par les Assedic. A vie, et quasi sans contrôle.

Quiconque connaît un tant soit peu le système français sait que tout cela est faux, archi-faux. Pour pouvoir prétendre à l'ASS, il faut déjà avoir touché le chômage et surtout, justifier de 5 ans de travail dans les 10 dernières années précédent le dernier licenciement. Là, vous pouvez compter comme vous le voulez, 31 mois, cela ne fait pas du tout 60 mois, ce mec n'a donc jamais été éligible à l'ASS.

Et il le prouve, en additionnant les invraissemblances.

    L'ASS, c'est donc la planque. Sans compter l'allocation logement, le Fonds solidarité énergie, la taxe d'habitation presque gratuite, la prime de Noël, et tout ce qu'il pourrait toucher de la commune, mais qu'il se refuse à demander.

Le seul truc vrai, c'est la prime de Noël : 150€ pour se goinfrer grave[2]. Pour ce qui est de l'allocation logement et de la taxe d'habitation, c'est au pro-rata des revenus et de la structure familiale, comme pour n'importe quel salarié. Ce qui fait que même fauché, faut quand même payer.

Parce que si ce type touchait vraiment l'ASS depuis tout ce temps, il serait vraiment fauché, car ce n'est pas 600€ par mois mais 14,25€/jour maximum[3], soit la somme mirifique de 441,75€... les mois de 31 jours. En février, ça tombe à 399€, alors que les charges, elles, tendent à rester les mêmes, mois après mois.
Sans compter que l'ASS ne dispense nullement de justifier de sa recherche d'emploi : convocations comme les potes, propositions récurrentes de stages bidons et des conseillers qui ont toujours le doigt sur le bouton à radier. Je ne vois donc pas où ce mec a vu jouer que l'ASS était une bonne planque.

De toute manière, tout pue le mensonge dans cette histoire :


    Il a 44 ans et le sourire aux lèvres. Une Alfa Romeo anthracite et un appartement à lui, parce que « les locations, c'est de l'argent perdu ». Il porte un jean, un tee-shirt Levi's, mais pas de baskets de marque, parce qu'« on ne peut pas tout avoir ».

J'ai connu des chômeurs, y compris en fin de droits, qui avaient effectivement un appart' ou une bonne bagnole. Mais il s'agissait en fait des vestiges de la période plus faste où ils avaient un boulot, voire un bon boulot qui paie bien. En étant soigneux, on peut faire durer sa caisse et ses économies quelques temps. Quelques temps. Mais sûrement pas 24 ans.
Or, on veut nous faire avaler que ce gars, qui a bossé en tout et pour tout 31 mois en 24 ans et qui touche depuis tout ce temps la somme extravagante de 441,75€ les mois gras, que ce gars donc, peut se payer un appart et une bagnole de bon standing.

Si vous croyez un truc pareil, vous êtes des veaux!

Avec l'ASS, il vaut mieux avoir un bail d'avant[4], parce que vous ne pourrez plus trouver un proprio qui accepte de vous louer, même un placard à balai. Et si vous êtes proprio, suite à une période plus faste ou un heureux héritage, vous n'êtes pas mieux loti, parce que la taxe foncière, elle, tombe tous les ans et elle est sans aucun rapport avec vos revenus. J'ai des potes RMIstes qui ne savent plus quoi faire de la maison de famille qui nécessite 3 mois de RMI pour s'acquitter du foncier.
Quant à la bagnole, elle s'use. Surtout que vous n'avez pas de pognon pour l'entretien normal, à peine de quoi mettre un peu d'essence, et encore, il vaut mieux se déplacer à pied vu le prix du carburant. Vous la gardez pour les grandes occasions, comme un entretien à perpète les oies pour un job que vous n'aurez de toute manière pas. Et le jour où une pièce un peu chère lâche ou qu'un connard vous emplâtre par l'arrière, ben vous êtes piéton. Parce que vous n'avez pas de quoi réparer et que l'assurance[5] ne s'occupe pas des vieux clous.

Quant à en acheter une autre, même d'occasion, c'est totalement impossible. Vous disposez de 441,75€/mois. Quand vous trouvez un petit boulot[6], c'est généralement un contrat aidé, c'est à dire un CDD temps partiel qui ne vous permet même pas d'arriver au SMIC ou de planifier quoi que ce soit à plus de 6 mois. Alors vous financer un appart ou une voiture...

Enfin, pour la bonne bouche, je vous livre le très honteux encadré qui clôture cet édifiant exercice d'intoxication journalistique et surtout de manipulation d'opinion à des fins politiques (j'ai souligné les mots vraiment infâmants, pour ne pas dire diffamants) :

    Impossible de savoir combien de Thierry F. ont dévoyé la générosité du modèle social français, car le système, qui a déjà du mal à débusquer les fraudeurs, est impuissant à repérer ceux qui, en toute légalité, se sont installés dans les minima sociaux. Mieux, l'idée que ces minima aient rendu accessible le « droit à la paresse » n'est pas même envisagée, car ni les politiques ni l'administration ne veulent croire que l'on peut délibérément se contenter des 430 euros mensuels d'un RMI, montant bien inférieur au seuil de pauvreté. Pour l'administration, Thierry F. n'est donc pas un fainéant, il est victime d'une « trappe à inactivité ». En clair, la reprise d'un emploi lui ferait perdre une série d'avantages dits droits connexes (voir encadré). Il n'y a donc aucun intérêt. Lutter contre ce phénomène est une priorité de l'administration, mais c'est une véritable gageure. Il existe une solution simple : limiter ces droits connexes ou supprimer l'allocation en cas de refus d'activité. Mais c'est politiquement et socialement dangereux : « Au moins, le RMI permet de maintenir le contact, affirme ce haut fonctionnaire. Sinon, c'est l'exclusion totale, et aucune société n'y a intérêt. » La France a donc préféré l'incitation à la coercition, au risque d'entretenir les parasites, comme Thierry F

Ceci est une démonstration de la manipulation d'opinion totalement honteuse qui se met en place pour que, comme en Allemagne, tout le monde applaudisse lorsque des lois clones de Hartz 4 vont tomber sur la gueule des victimes du chômage.

Que cette buse de Christophe Ono-Dit-Biot vienne tester par lui-même la très grande générosité du modèle social français et qu'il en reparle dans un an ou deux. Qu'il vienne se vautrer dans la paresse avec les factures à payer, les agents de la CAF qui vous traîtent d'office comme des criminels ou des menteurs et les convocations ANPE à répétition, voire les humiliation de la vie quotidienne d'un pauvre. Qu'il vienne goûter à la série des avantages que procure la rente du RMI[7] au lieu de faire son envieux tout au long de l'article.

Bref, ce tissu d'immondices cet article est une pure incitation à la haine sociale.
Au lieu de cautionner ce genre de manipulation fascisante[8], il serait temps que les journalistes de la presse officielle se remettent à faire leur boulot d'investigation ou pour le moins, de simple vérification des faits!

Notes

[1] Retenez bien ce nom, s'il existe un semblant d'éthique dans ce métier, il est amené à très prochainement tester par lui-même la prétendue générosité des services sociaux de l'État.

[2] En général, elle sert à payer un peu de chauffage et voilà tout!

[3] Parce qu'il y en a d'autres qui touchent moins

[4] Dans la chronologie du chômeur, il y a toujours un avant et un après, un peu comme pour les accidentés de la route

[5] Assurance au tiers qui vous coûte encore un oeil, mais même dans les grands centres urbains, vous savez qu'il vous faut une bagnole pour espérer trouver un boulot, alors vous raquez en espérant déccrocher la timbale : un job à plein temps!

[6] Car les gens en ASS ou au RMI bossent très régulièrement, ne serait-ce que pour avoir un peu d'oxygène.

[7] Soit dit en passant que le montant du RMI n'est jamais de 430€, sauf pour les SDF (lesquels ont bien du mal à le percevoir, vu leur statut, justement) car il est automatiquement rabaissé du forfait logement de 50€.

[8] L'étape qui suit la formulation du "parasite" est en général la déhumanisation du bouc émissaire avec la vermine. Il convient de bestialiser celui que l'on compte fouler aux pieds, afin que la masse gélatineuse n'éprouve pas une once de solidarité pour ceux qui, après tout, ne sont plus que des sous-citoyens, des infra-humains!


( Monolecte )


Les « tricheurs » du Point
Renaud Lambert
Publié le jeudi 6 juillet 2006

Pour qui l’ignorerait, Le Point est un hebdomadaire de droite, favorable au libéralisme économique et... un tantinet réactionnaire. On ne saurait le lui reprocher (même si l’on n’est pas obligé de partager ce point de vue). Toutefois, c’est aussi un hebdomadaire qui se présente comme un « magazine d’actualité  » avec vocation à faire œuvre d’information - de journalisme d’information. Cette prétention, beaucoup plus problématique, fait sourire.
La livraison du 29 juin 2006 est un numéro d’anthologie fort éclairant pour savoir ce qu’il reste de journalisme dans l’hebdomadaire de François Pinault (groupe PPR).

Le « sens » aigu du Point

Au Point, on a un sens aigu de la hiérarchie de l’information. Ainsi, alors que la presse française semblait avoir perdu le sens des priorités (ne s’égarait-elle pas à accorder une place démesurée à une actualité qui avait la fâcheuse tendance de jeter l’opprobre sur le patronat français ?), l’édition du magazine datée du 29 juin 2006 fait sa « Une » sur un titre « choc » qui recentre le débat : « Les tricheurs du chômage  ». L’illustration (un homme faisant la sieste, l’air satisfait, les bras croisés derrière la tête) lève le doute des lecteurs peu familiers du Point  : les « tricheurs du chômage  » sont bien des personnes qui profitent du système, et non pas ces hommes politiques qui jouent avec les chiffres du chômage pour donner l’illusion d’une baisse. À ceux-là, le Point ne consacre pas de dossier.

Au Point, on a également un sens aigu de la mise en scène. Le dossier appelé par le titre de « Une » diffère sensiblement de ce dernier. Tout aussi racoleur, il évoque « La grande triche sociale  ». Où sont passés nos « chômeurs-tricheurs » ? Ou plutôt, par quelle opération journalistique la « triche sociale » en France se trouve-t-elle être réduite a ces « chômeurs-tricheurs » ?

Seconde surprise et second effet de mise en scène, l’enquête sur laquelle s’appuie le dossier central du Point... ne porte pas sur « la triche sociale  ». Qu’importe ! Elle n’en fera pas moins office de prétexte à ce qui s’avère être une condamnation catégorielle « à charge ». Pour le Point, cela ne fait un pli : chez les chômeurs, on trouve un nombre anormalement élevé de « tricheurs ». Une spécificité qui méritait bien un « dossier » !

En fait, le Point témoigne surtout d’une conscience de classe particulièrement aigue et d’un sens aigu des priorités sociales du public qu’il se choisit. Notre « dossier » ne prend tout son sens qu’une fois replacé dans son contexte immédiat : le reste du contenu du magazine.

Il y a donc deux numéros du Point datés du 29 juin 2006. Celui-ci qui offre une enquête sur « les chômeurs-tricheurs » : la « Une » en fait la publicité, mais il n’existe pas. Et il y a le second, celui qui utilise le « prétexte » d’un plaidoyer ultralibéral de Jacques Marseille contre « le service public » (et notamment les prestations sociales françaises) pour appeler insidieusement à une « traque aux chômeurs », dont l’idée ne choquera peut-être pas tous les lecteurs du Point.

Le journalisme ou, plutôt, le glacis journaliste, n’est ici qu’un outil pour servir la propagande libérale de cette publication dont les « sous-titres » de « Une » ne sont pas la promesse d’une information avérée, mais l’affirmation d’un point de vue sur la société française. Il ne s’agit pas de voir si «  l’aide à l’emploi tue l’emploi  » [1] mais d’affirmer que « l’aide à l’emploi tue l’emploie ». Il ne s’agit pas de dénoncer « les responsables du fiasco français  », mais d’affirmer que « le modèle français est un fiasco ». Il ne s’agit pas d’établir « le vrai prix d’un chômeur  », mais d’affirmer que « tout chômeur est un (sur)coût pour la société ».

1. Une « enquête »

L’enquête sur laquelle se base le dossier du Point, « Voyage au cœur des citadelles de l’emploi », n’est pas une enquête. C’est un plaidoyer. D’ailleurs son auteur, Jacques Marseille, n’est pas journaliste. Il est économiste. Avant-gardiste de la modernité sociale, il affirmait déjà, il y a peu, que « le chômage n’est pas lié à la croissance, mais à l’action des trois piteux : l’État, les syndicats et l’éducation nationale » [2]. Courageusement, celui-ci appelait - déjà en 2004 ! -, à faire tomber « la forteresse des salariés à statut » [3].

Notre « enquêteur » ne cherche pas. Il a déjà trouvé. Ainsi s’avère-t-il moins soucieux de faire connaître la réalité sociale des personnes auprès desquelles il « enquête » que de donner son opinion. Il a d’ailleurs déjà montré qu’il n’hésiterait jamais à le faire, même quand - en dehors de la quasi-totalité des éditorialistes, de la grande majorité des experts ayant accès aux tribunes de la presse française et de tous hommes politiques au pouvoir -, absolument personne ne pense comme lui.
Qu’on ne s’y trompe pas : cette « plongée dans [un] univers kafkaïen [sic] » (celui de l’ANPE, des Assedic, de l’Unedic, du chômage et des chômeurs) n’est une partie de plaisir pour personne au Point. Mais elle est nécessaire pour porter l’estocade au « pseudo-modèle social français  » et en extirper le « cancer  » [4] qui le « ronge  » : un État trop présent.
Son « voyage » est donc le prétexte à diverses étapes lui permettant de revisiter les grands monuments de la pensée libérale.

Florilège

Le fonctionnement des différentes institutions chargées du traitement des prestations sociales et des demandeurs d’emploi est une « insulte au bon sens  ». Une vérité qui mérite d’être martelée (et tant pis pour les répétitions) : « les implantations géographiques de réseaux parallèles est une insulte au bon sens  » ; la France manque « de modestie, de bon sens et de courage  » ; le système actuel relève du « défi au bon sens  ».

Pour l’économiste, une « insulte au bon sens  », c’est avant tout une « insulte aux contribuables  », qui préféreraient donner leur argent à la société UBS (spécialiste en « gestion de fortune  » dont une pleine page de publicité est judicieusement placée au beau milieu du dossier) plutôt qu’à l’État. Car, tous ceux qui, comme Jacques Marseille, « ont compris que le marché était plus performant  » savent « qu’il vaudrait mieux confier à des « professionnels » le soin d’accompagner les personnes les plus fragiles  ».
L’ennemi ? Ce sont les « fonctionnaires  » dont une des illustrations qui accompagnent le dossier donne la définition implicite pour l’auteur : « jamais virée, pas trop bosser, bien payée... je veux être fonctionnaire  ».

Eux ne méritent pas le nom de « professionnels ». Ils sont les représentants d’un « service public pléthorique aux privilèges sans égal ». Héritiers d’une «  époque où l’État était considéré comme le dépositaire de toutes les vertus et l’Union soviétique comme le modèle de l’économie planifiée », ils vivent d’une Sécurité sociale «  brandie comme un drapeau rouge » par les ordonnances de 1945, un projet à ce point méprisable que, pour l’auteur, le citer suffit à le dénigrer [5].

Contrôle des chômeurs

Jacques Marseille n’évoque la question de la fraude au chômage qu’une seule fois en s’étonnant, de façon ingénue, d’un taux anormalement faible de fraude sanctionnée en France par rapport aux autres pays de l’OCDE. « La France est le seul pays européen à ne pas avoir réellement subordonné le versement des allocations de chômage à des obligations  », explique-t-il à ce sujet. L’implication est évidente : « plus d’obligations » pousseraient les chômeurs à retrouver du travail car c’est par choix que certaines personnes restent au chômage. Ce que la dessinatrice - décidément très inspirée -, résume par un croquis dans lequel un personnage s’exclame « je suis rentier des Assedic  ».
Certes, les rares lecteurs du Point qui connaissent - pour les avoir vécues -, les « obligations  » que la France parvient tout de même à imposer à ses chômeurs s’étonneront d’une telle affirmation.

Cette recension, loin d’être exhaustive, suffira à rendre compte du ton, mais surtout du thème, de l’enquête de Jacques Marseille qui ne mériterait pas qu’on s’y arrête si elle n’offrait le prétexte à ce « dossier spécial » qui constitue une véritable « perle » de propagande néolibérale déguisée en journalisme.

2. Un dossier

Nous l’avons vu, le « safari chez les pauvres accrochés à leurs privilèges » de Jacques Marseille n’aborde la question de la « fraude  » que pour s’étonner de ce que son taux soit anormalement faible par rapport aux autres pays de l’OCDE. Il s’agit là d’une première interprétation : la faiblesse d’un taux par rapport à une moyenne fixée arbitrairement implique-t-elle, de façon objective, une anomalie ? Mais pourquoi pas. L’économiste Jacques Marseille a depuis longtemps quitté le terrain de la démonstration scientifique, le lecteur peut donc choisir de suivre son raisonnement.

Il n’en reste pas moins que cet unique paragraphe de « l’enquête » du Point ne constitue qu’un argument bien maigre pour crier à la « triche sociale  » et, notamment, démontrer que, parmi les tricheurs, les chômeurs sont une catégorie surreprésentée... justifiant leur mise en exergue à la « Une » du magazine.

Mais pour Eric Laffitte, le journaliste qui signe l’article d’introduction au dossier, nul besoin d’apporter la preuve d’une fraude pour crier à la fraude. Il va même plus loin. Pour lui, s’il n’y a pas de preuve que les chômeurs fraudent... c’est bien la preuve qu’ils fraudent !

Démonstration

Le responsable du contrôle à la Caisse nationale des allocations familiales affirme-t-il que « Le soupçon de fraude ou d’abus qui tend à peser sur les bénéficiaires de prestations sociales se révèle largement non fondé » ? C’est une « manière de nier la fraude  » rugit Eric Laffitte. Et si l’on cherche des « manière[s] de nier la fraude  », ce n’est pas qu’elle n’existe pas, c’est qu’ « on » ne veut pas « la pourchasser  ».

Admirable raisonnement qui veut que puisque le Point a décidé de dénoncer une fraude au chômage qu’aucun élément tangible ne peut avérer, c’est non seulement qu’elle existe, mais que d’autres souhaitent la cacher. Don Quichotte, lui, avait choisi de se battre contre des moulins...

Eric Laffitte ne s’arrête pas en si bon chemin. Si l’« on » ne veut pas «  pourchasser  » la fraude, c’est à cause du « tabou  » de la « chasse aux pauvres  ». « Parler de la triche aux aides sociales est spécialement incorrect en France » lance-t-il, « et tant pis si régulièrement éclatent ça et là des scandales ». Ces scandales, ceux qui ternissent l’image du prolétariat précarisé aux yeux de ses lecteurs, le Point ne les taira pas ! Les autres, ceux qui pourraient dévaloriser l’image du patronat français, bénéficieront d’un traitement bien moins soucieux.

Recette

Résumons. Pour dénoncer « la triche quotidienne à laquelle se livrent de petits malins  » nul besoin de faire la démonstration qu’elle existe. Il suffit :
1/ de clamer sa détermination à briser un « tabou » dont la dénonciation constituera l’acte de création [6] ;
2/ de s’appuyer sur une « enquête prétexte ». Peu importe s’il ne s’agit pas d’une enquête mais d’un plaidoyer et peu importe si elle traite d’un sujet sensiblement différent ;
3/ de faire référence à quelques « exemples isolés mais qui témoignent d’une évolution des esprits [sic] » ;
4/ de donner l’impression d’étayer son propos d’anecdotes dont le statut d’encadrés dans le dossier invite à penser qu’elles sont « révélatrices » de la situation dépeinte. Peu importe si sur les sept cas de « fraude aux prestations sociales » mentionnés, un seul est en rapport à l’allocation chômage... dans « les réseaux mafieux  » marseillais ( !) [7] ;
5/ pour le reste, les sous-entendus, les références à « une réalité connue de tous » et les « il paraît que ça arrive  », suffiront.

Sur les bases de ce qui ne peut donc plus être décrit que comme une accusation « à charge » contre ces « chômeurs détrousseurs de la Nation », Eric Laffitte quitte hâtivement le registre de l’information pour entrer dans celui de la prescription qui, il est vrai, lui sied mieux.

Traquer pour « moraliser »

Il faut plus de « contrôles  », plus de « sanctions  » pour « moraliser le social  » (l’économique, lui, n’en a nul besoin). Il s’agit - et Le Point fait figure de pionnier -, de préparer les Français aux « nouveaux sacrifices  » qu’exigeront d’eux les « réformes courageuses nécessaires » [8]. Ainsi, pour « approfondir la réforme  » efficacement, il faut plus de « transparence  »... chez les chômeurs, cela s’entend.

Ainsi, de glissement progressif en grand écart journalistique, l’objectif de ce dossier s’avère donc être de lancer une « traque aux chômeurs », de façon à expliquer les futures « réformes » à venir. Sans aucun doute, un nouveau recul de l’État dont les lecteurs du Point ne seront pas les premiers à souffrir.
Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage...


3. Pendant ce temps chez les lecteurs du Point [9]

Il n’est pas impossible que ce qui motive Eric Laffitte, soit ce sentiment de profonde injustice qu’il ne parvient pas tout à fait à ravaler... Alors que « contrôler un chômeur  » est aujourd’hui « impensable  », « l’État peut se révéler inquisiteur pour pourchasser les fraudeurs du fisc  ».

Il est de plus en plus difficile d’être riche en France, semble-t-il nous dire, et ce n’est pas Patrick Ricard (PDG de Pernod Ricard dont Le Point publie un entretien à quelques pages de là), qui le contredira. Lui-même profite d’une perche tendue par la journaliste du Point pour expliquer que même si « [son] rêve serait franchement de pouvoir prendre [sa] retraite dans le sud de la France  », il craint « que l’ISF ne [le] pousse à quitter la France  ».

À en juger par le contenu que le magazine leur propose, les lecteurs du Point ont plus de chances que d’autres de compatir avec ce pauvre Patrick. Ainsi, cette lecture du dossier « La grande triche sociale » ne serait pas complète si elle ne le replaçait pas dans son contexte immédiat, qui nous informe sur le lecteur que le Point cherche à « cibler ».

Un lecteur golfeur

C’est un lecteur qui sera intéressé par un dossier « spécial Golf » de 24 pages et s’empressera de « Retrouve[r] sur BFM  » une émission qui lui ressemble : « Goûts de luxe, spécial golfe  ». Il partagera avec la journaliste Anne Jeanblanc le constat douloureux qu’« en cette année de centenaire de l’Open de France, et même si beaucoup a été fait, il reste encore du chemin à parcourir pour faire de ce sport hors du commun une des activités préférées des Français. ». Mais il sera prêt à relever le défi et de lancer, avec elle, « Chiche ? ».
Il trouvera sûrement que l’initiative du Point d’offrir à ses lecteurs un reportage sur le « Paradis des golfeurs  » constituera un premier pas important dans cette direction. « Deux parcours de 18 trous, un hôtel de grand luxe, un spa géant », pas mal pour commencer... « Bien sûr, tout cela a un prix », concèdera-t-il avec le journaliste Christophe Gaillard. En effet : de 550 à 10 000 euros la nuit.

Un lecteur curieux


C’est un lecteur qui se passionnera pour les « grands de ce monde », ceux vers lesquels ses yeux sont tournés. La page « Ces gens-là » l’enchantera. Il se délectera d’apprendre que « l’infante d’Espagne a montré le bout de son nez », que « Christian, héritier du trône de [sic] Danemark a fait sa première croisière avec ses parents  » ou que « le prince Joachim et la princesse Alexandra » ont eu « la joie d’être emmenés au cirque par leurs deux parents, pourtant officiellement séparés  ».

Un lecteur... qui se laissera tenter

C’est un lecteur auquel la page consacrée à « l’immobilier prestige du Point » (à partir de 400 000 euros) donnera, à l’occasion, l’envie de s’offrir un pied-à-terre évoquant « prestige et volupté  ». Il consultera aussi la rubrique « Conso » où une pleine page est, cette semaine, consacrée à vanter les mérites de la dernière Cadillac 4x4 (à partir de 70 390 euros).
Par Cilou Lilou - Publié dans : Médias
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