lundi 2 octobre 2006, 10h47
GAZA (AFP) - Le président Mahmoud Abbas a ordonné dans la nuit de dimanche à lundi le déploiement dans les rues de la bande de Gaza des membres de la Sécurité nationale, après les violences interpalestiniennes qui ont fait huit morts, a annoncé lundi le chef de cette force à Gaza.
"Au regard des indications du président Mahmoud Abbas, de la mort de martyrs et des menaces de l'armée (israélienne) de réoccuper la bande de Gaza, il a été décidé de déployer les forces de la Sécurité nationale sur tous les axes et toutes les routes de la bande de Gaza pour préserver la sécurité", a affirmé le chef de cette force dans la bande de Gaza, Tawfiq Jabar, cité par l'agence officielle Wafa.
Le général a également demandé à ce que les "hommes armés ne soient pas visibles dans les rues". Les membres de la Sécurité nationale, placée sous l'autorité directe de M. Abbas, étaient notamment présents à plusieurs carrefours de la ville de Gaza, où la situation était calme.
Huit Palestiniens ont été tués et plus de 130 blessés dimanche lors des heurts armés les plus meurtriers entre partisans du Fatah et du Hamas depuis l'entrée en fonction du gouvernement du Hamas en mars .Ces violences, qui interviennent en pleine impasse politique pour former un gouvernement d'union nationale, ont éclaté à la suite de manifestations des membres des forces de sécurité, fidèles au Fatah du président Mahmoud Abbas, pour réclamer le paiement de leurs salaires.
Le ministère de l'Intérieur, Saïd Siam, avait déployé dimanche matin les hommes d'une force qu'il contrôle dans la bande de Gaza pour tenter de ramener l'ordre après plusieurs jours de protestations de la part des membres des forces de sécurité, loyales à M. Abbas, réclamant le paiement d'arriérés de salaire. Dans un discours à la nation, M. Abbas a ordonné dimanche soir le retrait de la force du Hamas dans ses anciennes positions, ce que le gouvernement a accepté de faire.
"J'ordonne le retrait de la force exécutive (la force du Hamas) vers ses anciennes positions et j'appelle le gouvernement et son chef à prendre les mesures nécessaires pour contenir la crise", a affirmé dimanche soir M. Abbas dans un discours à la nation. Le ministère de l'Intérieur, Saïd Siam, a déployé dimanche matin les hommes d'une force qu'il contrôle dans la bande de Gaza pour tenter de ramener l'ordre après plusieurs jours de protestations, ce qui a eu l'effet contraire. "Je répète mes instructions aux membres des forces de sécurité de regagner leurs positions et de mettre fin aux protestations", a ajouté M. Abbas.
Dans un soucis d'apaiser les tensions, le gouvernement a immédiatement accédé à la requête de M. Abbas et "décidé de redéployer la force exécutive dans ses anciennes positions", a affirmé Khaled Abou Hillal, un porte-parole du ministère de l'Intérieur. Dans son discours télévisé, M. Abbas a estimé que ces violences avaient dépassé "une ligne rouge". Il a en revanche estimé, dans un entretien diffusé par la télévision al-Jazira, qu'il ne tolèrerait "jamais" que soit franchie la "ligne rouge" d'une "guerre civile".
De son côté, le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, a appelé au calme et demandé aux "citoyens de faire preuve de responsabilité et de se placer au dessus des différends". Les heurts, qui avaient débuté dimanche matin à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, se sont rapidement propagés à la ville de Gaza, au nord, qui a connu les violences les plus sanglantes.
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