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Justice

Vendredi 22 septembre 2006
jeudi 21 septembre 2006, 12h20

PARIS (AFP) - Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, a dénoncé jeudi la "nouvelle atteinte à l’indépendance de l’autorité judiciaire" de la part de Nicolas Sarkozy et a demandé à être reçu par Jacques Chirac.

"Une fois de plus, la presse de ce jour rapporte les termes provocants d’une intervention publique du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, mettant en cause le fonctionnement de l’institution judiciaire", écrit le plus haut magistrat du siège dans un communiqué .

M. Canivet a donc "demandé à être reçu par le Président de la République, garant de l’indépendance de la magistrature, pour lui exposer la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges dans une situation qui compromet l’exercice de la justice", selon le texte du communiqué.
"Cette nouvelle atteinte à l’indépendance de l’autorité judiciaire et la polémique qui s’ensuit, opposant les institutions publiques, affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l’autorité de l’Etat", estime Guy Canivet.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a accusé mercredi une nouvelle fois la justice de la Seine-Saint-Denis, aux portes de Paris, de "démission" face aux délinquants, après la publication d'une lettre du préfet s'alarmant de la recrudescence de la délinquance.
Le directeur général de la police nationale (DGPN), Michel Gaudin, interrogé jeudi sur RTL, a lui aussi regretté que sur "2.799 personnes se livrant à des actes de violences urbaines" interpellées par la police en 2006 en Seine-Saint-Denis, "dans 70 % des cas, il n'y a eu aucune réponse" judiciaire.

"Depuis le début de l'année, le nombre d'écroués dans le département est en baisse de 15,5 % devant des délinquants chaque jour plus violents. Cela témoigne d'une forme de démission", a déclaré mercredi Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement à Bobigny pour une réunion de travail sur la sécurité.

"J'aimerais que l'on m'explique comment on empêche un délinquant de récidiver si l'on n'a pas le courage de le mettre en prison", a-t-il ajouté lors d'un point de presse avant cette réunion.

Auparavant, le ministre avait "garanti" que les auteurs de l'agression commise la veille contre deux CRS à la cité des Tarterêts (Corbeil-Essonnes) seraient arrêtés, d'autant que la police dispose d'"empreintes digitales et ADN" pouvant conduire jusqu'à eux.

M. Sarkozy, qui a promis aux représentants de Seine-Saint-Denis qu'ils auraient 300 policiers de plus avant la fin de l'année, s'exprimait après la publication mardi par Le Monde d'une lettre où le préfet du département Jean-François Cordet s'alarmait, avant l'été, de la recrudescence de la délinquance.

Dans ce courrier, le préfet s'en prenait au tribunal de Bobigny soulignant qu'en 2005, "sur 1.651 mineurs déférés au parquet, seuls 132 ont été écroués".

Il se plaignait aussi de la diminution des effectifs de police et de leurs modes d'intervention, dans ce département qui compterait 1,5 million d'habitants avec les sans-papiers.

Philippe Jeannin, président du tribunal de Bobigny, a répondu aux critiques du ministre dans la soirée, estimant dans un communiqué transmis à l'AFP, qu'elles témoignent "d'une méconnaissance de la réalité quotidienne de sa juridiction" et d'un "mépris du travail des magistrats".

En juin, M. Sarkozy avait accusé le tribunal pour enfants de Bobigny de laxisme pour n'avoir pas prononcé "une seule décision d'emprisonnement" durant les émeutes de novembre 2005, ce que le président de cette cour avait déjà démenti.

Les magistrats de Bobigny ont reçu le soutien de la députée communiste des Hauts-de-Seine Jacqueline Fraysse, victime d'un vol récemment. Après l'audience concernant son affaire, l'ex-maire de Nanterre, rescapée de la fusillade qui avait fait huit morts au sein du conseil municipal le 27 mars 2002, a salué "le travail difficile de ces magistrats attaqués de toutes parts".

Le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis Hervé Bramy (PCF) a pour sa part affirmé que son département est "utilisé (...) pour les ambitions politiciennes" de Nicolas Sarkozy en estimant que la publication de la lettre du préfet était une "fuite" orchestrée, préparant "le terrain à un renforcement d'une politique du tout répressif contre les quartiers populaires".

Laurent Fabius, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a stigmatisé jeudi sur France Inter "l'échec avéré de la politique du gouvernement et de Nicolas Sarkozy" en matière de sécurité.

Par Cilou Lilou
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Vendredi 22 septembre 2006
jeudi 21 septembre 2006, 11h09


PARIS (AP) - L'Union syndicale des magistrats (USM) a déploré jeudi matin "les propos agressifs du préfet de Seine-Saint-Denis concernant les magistrats du tribunal de Bobigny" et "condamné les déclarations outrancières du ministre de l'Intérieur" Nicolas Sarkozy, "qui, une nouvelle fois, stigmatise la justice et les magistrats".

"En critiquant les institutions de la République le ministre de l'Intérieur affaiblit l'efficacité de l'Etat", a souligné le bureau du syndicat dans un communiqué. "L'USM regrette une fois encore que les défaillances de l'Etat aboutissent à des tensions entre services et à des mises en cause injustifiées".

"M. Sarkozy nous montre une fois de plus qu'il ne connaît comme réponse à la délinquance que la répression et en particulier l'incarcération", a également regretté Côme Jacquemin du Syndicat de la magistrature (SM).

Selon l'USM, "le tribunal de Bobigny est un des plus chargés de France et les magistrats y travaillent sous la tension et l'agressivité permanente".

L'USM en appelle au Premier ministre Dominique de Villepin souhaitant qu'il "rappelle aux préfets qu'il est indispensable que les responsables locaux de l'Etat travaillent en coordination et non dans le cadre d'oppositions stériles".

Mercredi, lors d'un déplacement à la préfecture de Bobigny, Nicolas Sarkozy avait réagi au cri d'alarme du préfet de Seine-Saint-Denis Jean-François Cordet sur une recrudescence de la délinquance, avait critiqué les magistrats de Bobigny, notamment ceux en charge des mineurs, accusés de laxisme.

Les forces de police "ne peuvent pas à elles seules obtenir les résultats que les habitants de la Seine-Saint-Denis sont en droit d'attendre si derrière, tant de délinquants sont remis en liberté et si tant de faiblesse est manifestée à l'endroit de multirécidivistes et de mineurs qui n'ont de mineurs que le nom", avait dénoncé le ministre de l'Intérieur. "De telles décisions sont anormales parce qu'elles témoignent d'une forme de démission devant des délinquants chaque jour plus violents".

"Depuis le début de l'année, le nombre d'écroués sur le département est en baisse de 15,50%", avait expliqué M. Sarkozy. "Cela veut dire qu'un mineur interpellé pour 14 vols à la portière peut être remis en liberté et commettre à la sortie du tribunal ses quinzième et seizième vols à la portière". AP

Par Cilou Lilou
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Vendredi 22 septembre 2006
   
vendredi 22 septembre 2006, 9h01


PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a invoqué le soutien de Jacques Chirac à sa politique en dépit des protestations soulevées par ses critiques contre des juges, et a dit s'en remettre au jugement des Français.

"Quel est mon juge ? Les Français !", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur RTL.

Nicolas Sarkozy a revendiqué le droit de pouvoir critiquer les décisions de certains juges sans être aussitôt taxé de comportement anti-républicain, soulignant n'avoir jamais critiqué la magistrature "dans son ensemble".

"Je suis tout a fait certain du soutien à la politique de sécurité que je conduis du président de la République", a-t-il avancé.

Pour calmer l'indignation des magistrats après les propos du président de l'UMP sur la "démission" des juges du tribunal pour enfants de Bobigny (Seine-saint-Denis), Jacques Chirac devait recevoir dans la matinée le premier d'entre eux, Guy Canivet.

"Le président de la République reçoit qui il veut, à sa place, je l'aurais reçu", a commenté Nicolas Sarkozy.

Le ministre de l'Intérieur a précisé s'être entretenu de cette affaire avec Jacques Chirac et avec le Premier ministre, Dominique de Villepin. "Bien sur, que j'ai parlé avec lui et avec le Premier ministre".

Nicolas Sarkozy a répété qu'il avait le soutien des Français. "En démocratie, c'est le jugement des Français qui compte (...) Est-ce qu'on est une démocratie vivante ou pas ?", a-t-il demandé.

Néanmoins, le ministre de l'Intérieur a souligné qu'il n'avait jamais "mis en cause les magistrats dans leur ensemble" mais ceux du tribunal pour enfants de Bobigny (Seine-Saint-Denis) sur le dossier des mineurs récidivistes.

"L'indépendance, je la respecte, je n'ai jamais demandé qu'on relâche ou qu'on condamne qui que ce soit", a-t-il insisté.

"Mais l'indépendance, ça ne veut pas dire que le seul pouvoir en France où l'expression d'une opinion sur les conditions de l'exercice de ce pouvoir serait une remise en cause de l'indépendance".

"Il y aurait un seul endroit où le commentaire serait anti-démocratique et anti-républicain ?", a-t-il plaidé.

Par Cilou Lilou
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Vendredi 22 septembre 2006
vendredi 22 septembre 2006, 9h47

PARIS (AP) - Jacques Chirac a reçu vendredi le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet, qui avait demandé à le rencontrer après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la "démission" des juges de Bobigny face à la délinquance.

Le premier magistrat de France n'a fait aucune déclaration à l'issue de cet entretien, qui a duré 40 minutes. L'Elysée doit publier un communiqué dans la matinée.

Dans une démarche sans précédent, Guy Canivet a demandé jeudi à être reçu par le chef de l'Etat, garant de l'indépendance de la justice, à la suite des propos "provocants" du ministre de l'Intérieur mettant en cause le laxisme de magistrats en Seine-Saint-Denis.

Mercredi, lors d'un déplacement à la préfecture de Bobigny, Nicolas Sarkozy avait réagi au cri d'alarme du préfet de Seine-Saint-Denis Jean-François Cordet sur une recrudescence de la délinquance, en critiquant les magistrats de Bobigny, accusés d'une "forme de démission".

Ces propos du ministre de l'Intérieur ont provoqué un tollé dans la magistrature. Dans un communiqué, Guy Canivet a dénoncé "une nouvelle atteinte à l'indépendance de la Justice".

Le premier président de la Cour de cassation considère que ces propos "opposant les institutions publiques affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l'autorité de l'Etat".

Guy Canivet a demandé à être reçu par le président de la République "pour lui exposer la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges dans une situation qui compromet l'exercice de la justice".

Invité vendredi matin sur RTL, Nicolas Sarkozy a persisté et signé dans ses déclarations, tout en assurant qu'il n'avait "jamais mis en cause les magistrats dans leur ensemble". AP

Par Cilou Lilou
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Vendredi 22 septembre 2006
vendredi 22 septembre 2006, 10h33

PARIS (AP) - Jacques Chirac a rappelé vendredi sa "très grande exigence quant au respect de l'indépendance des magistrats" dans un communiqué publié vendredi après avoir reçu le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy.

Lors de l'entretien, "le chef de l'Etat a rappelé sa très grande exigence quant au respect de l'indépendance des magistrats et à la nécessaire sérénité qui doit présider à l'exercice de leur mission. Des principes essentiels qui fondent notre République et dont il est le garant", selon l'Elysée.

Jacques Chirac a également rappelé que "toutes les énergies devaient être mobilisées pour prévenir et sanctionner les violences" et que "chacun doit y prendre sa part dans un esprit d'unité et de mobilisation nationale". "Dans ce cadre, le chef de l'Etat a adressé aux magistrats un message de confiance dans leur engagement et leur esprit de responsabilité", poursuit le communiqué.

Le président de la République a demandé au ministre de la Justice Pascal Clément de "réunir l'ensemble des acteurs concernés" par la lutte contre l'insécurité dans le département de Seine-Saint-Denis.

Jacques Chirac a reçu vendredi le premier président de la Cour de cassation Guy Canivet, qui dans une démarche sans précédent, avait demandé jeudi à être reçu par le chef de l'Etat, garant de l'indépendance de la justice, à la suite des propos "provocants" du ministre de l'Intérieur mettant en cause le laxisme de magistrats en Seine-Saint-Denis. Le premier magistrat de France n'a fait aucune déclaration à l'issue de cet entretien, qui a duré 40 minutes.

Mercredi, lors d'un déplacement à la préfecture de Bobigny, Nicolas Sarkozy avait réagi au cri d'alarme du préfet de Seine-Saint-Denis Jean-François Cordet sur une recrudescence de la délinquance, en critiquant les magistrats de Bobigny, accusés d'une "forme de démission".

Ces propos du ministre de l'Intérieur ont provoqué un tollé dans la magistrature. Dans un communiqué, Guy Canivet, notamment avait dénoncé jeudi "une nouvelle atteinte à l'indépendance de la Justice". Le premier président de la Cour de cassation considérait que ces propos "opposant les institutions publiques affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l'autorité de l'Etat".

Guy Canivet avait demandé à être reçu par le président de la République "pour lui exposer la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges dans une situation qui compromet l'exercice de la justice".

Invité vendredi matin sur RTL, Nicolas Sarkozy a persisté et signé dans ses déclarations, tout en assurant qu'il n'avait "jamais mis en cause les magistrats dans leur ensemble". AP


( Associated Press / Yahoo News )


Et c'est le même Chirac qui a fait voter son immunité qui lui permet d'échapper à la justice, c'est aussi le même Chirac qui a nommé un de ses anciens conseillers pour occuper la fonction de Procureur Général de Paris pour le charger de traiter l'affaire qui le concerne. Après, il vient nous parler de la nécessaire impartialité de la Justice ??? De qui se fout-il ??????????

Cilou.

Par Cilou Lilou
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