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Féminisme

Mardi 26 septembre 2006
Quand une avocate de renom et une femme politique importante se livrent à micro ouvert.

Rencontre entre Gisèle Halimi, avocate, militante féministe, présidente de Choisir la cause des femmes, et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF.

Offrir des moments forts de vérité et d’échange, voilà l’un des miracles de la Fête de l’Humanité. Ce vendredi soir, au stand de la fédération de Paris, on n’entendait plus les bruits de la fête, on ne percevait plus l’agitation des allées. Gisèle Halimi et Marie-George Buffet conversaient à micro ouvert. La responsable du PCF confiait combien, dans un univers politique construit au masculin, les pressions pour faire entrer dans le moule sont fortes, et combien lui est précieux le regard attentif et critique de la militante féministe. Et la militante féministe se réjouissait d’avoir toujours trouvé la responsable communiste à ses côtés. Extraits.

L’Europe des femmes


Tirer vers le haut les droits des femmes dans toute l’Europe, c’est l’objectif visé par « la clause de l’Européenne la plus favorisée » imaginée et élaborée par Gisèle Halimi et son association, Choisir la cause des femmes. Marie-George Buffet défend cette proposition, « qui permet de porter partout dans l’Union européenne les exigences des femmes et qui sera un point d’appui pour développer les luttes ». « Car, dit-elle, j’ai toujours en mémoire ce qui est arrivé à cette jeune Polonaise devenue aveugle parce qu’on lui avait refusé une IVG. Et j’ai aussi en tête la situation des femmes victimes, en France, de violences domestiques, de discriminations, de sexisme. »

Une femme à l’Élysée

Certaines se disent aujourd’hui que si une femme était élue présidente de la République, cela changerait enfin les choses de façon significative. « C’est lorsque la voix des femmes en général sera portée en politique que nous avancerons », met en garde Marie-George Buffet, en appelant à faire en sorte que « le féminisme et les droits des femmes soient présents dans les campagnes présidentielle et législatives à venir ». Et Gisèle Halimi renchérit : « Le féminisme n’a jamais consisté à substituer une femme à un homme uniquement à cause de sa biologie. Bien sûr, s’il y avait une femme à l’Élysée, ce serait une avancée considérable mais pas n’importe quelle femme, pas avec n’importe quel programme, et encore moins sans programme. Choisir la cause des femmes ne soutiendra pas une candidature uniquement parce qu’elle est féminine, ce serait une énorme régression. »

La lutte et la loi

Gisèle Halimi : « Quand j’étais députée, j’avais déposé une loi qui est passée aux oubliettes sur le congé parental alterné et rémunéré. La mesure existe dans certains pays comme la Suède. Et j’avais proposé un financement, qui n’est d’ailleurs pas énorme. Aujourd’hui, en France, le congé parental n’est pas obligatoirement alterné et rémunéré. Alors qui s’arrête de travailler ? Celle dont le salaire manque le moins, parce qu’il est le plus faible. Choisir la cause des femmes ira donc voir tous les candidats et les candidates à la présidentielle pour exiger la réalisation de cette mesure. Parce qu’elle est juste, qu’elle permet aux femmes d’avoir des enfants, de les élever, de ne pas être coupées de la réalité politique et économique du pays. Parce qu’elle permet un changement des mentalités. Marie-George, si tu es candidate, diras-tu oui à cette proposition ? »

Marie-George Buffet : « Oui, parce que je me sens complètement concernée en tant que femme, et à travers toutes les femmes que je rencontre. Cela nous ramène à la question de la loi. La maîtrise de notre corps par la contraception et l’IVG, la parité, même si elle est incomplète, tout ce que nous avons gagné l’a été par la mobilisation des femmes et des hommes. Mais nous avons aussi obtenu que ces luttes soient actées par la loi. Il me semble extrêmement important de lier l’appel aux luttes et l’engagement politique, et de ne pas se contenter de dire sans arrêt aux gens de lutter. Les politiques ont leur propre responsabilité. Les propositions de loi que tu as faites en tant que députée témoignent que tu partages cette idée. Aujourd’hui, les féministes construisent une grande loi d’orientation sur les violences faites aux femmes. C’est une question sur laquelle la France est en retard par rapport à d’autres pays et sur laquelle l’ensemble des candidats devraient s’engager. »

Féminisme et politique

Marie-George Buffet : « Il y a eu, dans l’histoire du PCF, cette période formidable pendant laquelle il présentait des candidates alors que les femmes n’étaient ni éligibles ni électrices. Mais des choix stratégiques privilégiant le changement d’en haut et la volonté de faire le bonheur du peuple sans lui nous ont petit à petit écartés du combat pour les droits des femmes. » Aujourd’hui, le PCF a retrouvé le chemin du féminisme et place ce combat au coeur de la lutte d’émancipation humaine, souligne la secrétaire nationale du PCF, tout en poussant encore la réflexion : le combat féministe n’appelle-t-il pas à changer la politique elle-même ? Selon elle, il faut « inventer une conception de la politique construite à partir de la prise de parole des citoyens et des citoyennes et permettant aux hommes et aux femmes d’être partie prenante de l’élaboration des choix, mais aussi de la prise de décision ».

Gisèle Halimi : « Le mouvement féministe n’a pas toujours eu, quant à la politique, une position claire. Je me souviens qu’après le procès de Bobigny - je fais une parenthèse : il y a trente ans, personne n’a eu l’idée que ce procès était un acte fort, éblouissant, de désobéissance civique. Il rejoint ceux que l’on connaît aujourd’hui et qu’il faut appuyer, en particulier pour les enfants d’immigrés qui n’ont pas de papiers -, nous avions décidé avec "Choisir" d’aller voir les partis politiques. Mais Simone de Beauvoir a refusé de nous accompagner. Beaucoup de féministes pensaient alors que le pouvoir politique s’exerce sur une classe, sur un sexe et qu’elles n’avaient rien à gagner à ramasser les miettes de ce festin patriarcal. Mais c’était un très mauvais calcul et nous avons ainsi retardé l’entrée en politique active des femmes. Le mouvement féministe doit absolument continuer à avoir son indépendance par rapport aux partis, mais en même temps les appeler au relais. Et dire, selon des critères féministes, quel est le bon choix.»

Propos recueillis par Jacqueline Sellem


Par Cilou Lilou
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Vendredi 29 septembre 2006
25 septembre 2006 00h01

Des dizaines de milliers de femmes sont frappées, violées et dans certains cas tuées par leur mari ou leur compagnon en Géorgie, selon un nouveau rapport d’Amnesty International.

Pour Anna Sunder-Plassmann, responsable de la recherche sur la Géorgie à Amnesty International, « l’impact de cette violence quotidienne sur la vie des femmes, leur santé, leur travail et l’équilibre de leur famille est dévastateur ».

Dans son rapport Georgia : Thousands suffering in silence : Violence against women in the family, Amnesty International montre que le gouvernement précédent n’a pas protégé les femmes contre ces violences et qu’il n’a pas donné suite aux plaintes déposées ni engagé de poursuites judiciaires. Parallèlement à ce constat, l’organisation appelle les autorités à mettre en œuvre de toute urgence une loi récemment adoptée.

« L’adoption récente de la Loi sur la violence domestique constitue une étape importante, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. Les autorités doivent la mettre en œuvre et faire de l’éradication de ce type de violence une priorité de leur politique dans le domaine des droits humains. »

Le rapport d’Amnesty International inclut de nombreux témoignages de femmes ayant survécu à la violence domestique, qui préfèrent garder l’anonymat par crainte de représailles ou d’exclusion sociale. Leurs témoignages dressent un catalogue de violations des droits humains et illustrent le climat d’impunité dans lequel elles vivent.

Nino s’est mariée à dix-sept ans. Son mari l’a contrainte à abandonner les études qu’elle suivait dans une école de musique pour apprendre le violon. Il lui a interdit de voir ses amis et s’est mis à contrôler ses déplacements, sans lui donner d’argent. Elle a dû être hospitalisée à deux reprises en raison des coups qu’elle a commencé à recevoir peu de temps après leur mariage. Elle n’a jamais appelé la police parce qu’elle avait peur que son mari la batte plus. Elle ne pouvait pas le quitter parce qu’elle n’avait nulle part où aller avec ses trois enfants et qu’elle dépendait de lui économiquement. Le calvaire que Nino a enduré pendant vingt ans a pris fin lorsque son mari l’a quittée pour une autre femme, qu’il bat à son tour.

Un très faible pourcentage de femmes cherchent à obtenir aide et justice lorsqu’elles font l’objet de violence au foyer. De nombreuses femmes restent avec leur compagnon parce qu’elles n’ont nulle part où aller et qu’elles ne sont pas indépendantes financièrement. Les plaintes qu’elles déposent auprès de la police restent parfois sans réponse et sont souvent suivies d’un redoublement des coups par leur mari ou partenaire.

Le personnel policier et médical n’a souvent pas reçu une formation adaptée pour être en mesure de reconnaître et de consigner correctement les actes de violence conjugale et d’y faire face de manière adéquate. En conséquence, les victimes ne reçoivent pas le soutien dont elles auraient besoin et les auteurs de violence restent impunis.

La législation nationale constitue elle aussi un obstacle à la lutte contre l’impunité. Si une femme est grièvement blessée, l’État est tenu d’engager des poursuites au pénal. Cependant, pour certaines infractions comme les atteintes mineures à la santé et les coups, l’État n’engage pas de poursuites. La victime doit elle-même porter plainte pour obtenir justice. Une telle législation augmente les risques pour les victimes de violence conjugale, leur compagnon exerçant le plus souvent des pressions sur elles pour les convaincre d’abandonner les poursuites.

« Les femmes devraient avoir la possibilité de porter plainte mais c’est à l’État qu’il devrait incomber d’engager des poursuites judiciaires lorsque des éléments attestent qu’une infraction a été commise, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. La femme victime de violence domestique devrait être citée à titre de témoin. »

Lorsqu’elles sont battues chez elles, les femmes qui n’ont pas de proches ou d’amis chez qui se réfugier avec leurs enfants n’ont nulle part où aller. À l’heure actuelle, il n’y a que deux foyers gérés par des organisations non gouvernementales (ONG), ce qui est très insuffisant.

« Il faut développer de toute urgence un réseau de foyers en Géorgie, a déclaré Anna Sunder-Plassmann. Toute femme doit pouvoir se réfugier dans un lieu sûr avec ses enfants lorsqu’elle décide de fuir une relation violente. »

« Tant que les femmes n’auront aucune possibilité de s’éloigner pour se protéger d’une relation violente, il sera à craindre qu’elles choisissent une solution extrême comme se suicider ou tuer leur agresseur. »

En mai 2006, le Parlement géorgien a adopté la première loi du pays sur la violence domestique, rédigée à l’issue d’une vaste consultation des ONG. Ce texte introduit une définition de la violence domestique dans la législation géorgienne et fournit une base légale pour d’éventuelles mesures de protection ou d’éloignement. La loi dispose également qu’un plan d’action nationale sur la violence au foyer devra être adopté dans les quatre mois suivant la publication de la loi.

« Les autorités doivent faire preuve d’une véritable volonté politique pour donner suite de manière concertée à l’élan donné par l’adoption de la Loi sur la violence domestique », a conclu Anna Sunder-Plassmann.

« La violence domestique n’est pas inévitable et ne doit pas être tolérée. Les autorités géorgiennes doivent honorer l’obligation qu’elles ont aux termes du droit international d’empêcher tous les actes de violence à l’encontre des femmes et d’enquêter sur de tels actes, de tenir les auteurs de ces violences pour responsables de leurs actes, et d’assurer la protection des victimes et de leur accorder des réparations. »

Voir : Georgia : Thousands suffering in silence. Violence against women in the family


Par Cilou Lilou
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Vendredi 29 septembre 2006
07 septembre 2006

SUD-Rail dénonce la chasse aux sorcières organisée par la présidente de la SNCF et la directrice de région de Dijon qui veut licencier Zabir G suite à un non respect d’une procédure comptable. SUD-rail considère cette sanction disproportionnée (la somme en jeu est de 120 euros) et inacceptable ; notre élu paye cher le fait de s’appeler Zabir et d’être à SUD-Rail.

Scandalisé par cette sanction, SUD-Rail mobilise quelques militants pour apporter son soutien à Zabir G lors de la réunion du comité d’établissement de Dijon. La directrice de région (qui ne cache ses sympathies politiques pour l’UMP) refuse tout débat, joue la provocation et s’abrite derrière quelques cadres zélés qui lui ouvrent manu militari un chemin pour rejoindre son bureau.

La légère bousculade ainsi créée lui donne un prétexte pour s’offrir un autre militant SUD-Rail dont le sifflet l’indisposait. Elle fait monter, témoignages de cadres à l’appui, un dossier contre lui et l’accuse d’agression avec arme par destination. Notre camarade a été arrêté par la police, placé en garde à vue pendant plus de 24 heures et son domicile perquisitionné. Trois autres plaintes contre X ont été déposées par la direction régionale de Dijon.

Dans sa chasse aux élus SUD-Rail, la directrice de Dijon a reçu l’appui total d’une autre sympathisante UMP, Anne Marie Idrac. Difficile de ne pas voir dans ces faits, une orientation politique et la poursuite du mouvement de criminalisation de l’action syndicale soutenu par Nicolas Sarkozy.

La rencontre entre la fédération SUD-Rail et la nouvelle présidente de la SNCF mercredi 06 septembre s’est révélée affligeante, puisqu’aux fins de non recevoir faites à nos demandes de levée des sanctions s’est ajouté un ton condescendant révélateur du mépris qu’éprouve la Présidente pour les représentants SUD-Rail.

Pour SUD-Rail, la présidente aurait pu mieux commencer son mandat à la tête de la SNCF.

SUD-Rail engagera, avec les cheminots, toutes les actions jugées nécessaires si la direction ne stoppe pas immédiatement cette chasse aux sorcières contre les représentants des cheminots.

    
Par Cilou Lilou
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