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Personnalités politiques

Mardi 26 septembre 2006


Nicolas Sarkozy poursuit sa stratégie pseudo-sécuritaire d’extrême droite en employant des termes volontairement simplistes, populistes et démagogiques !

Prenons les derniers exemples abondamment commentés dans les médias, mais sans êtres véritablement critiqués !

[ Le ministre de l'Intérieur a estimé mercredi 22 juin que le juge qui a remis en liberté un des meurtriers présumés de Nelly Crémel, devait "payer" pour sa "faute",
"En Conseil des ministres ce matin (mercredi), j'ai demandé au président de la République de demander au garde des Sceaux ce qu'il allait advenir du magistrat qui avait osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle", a encore déclaré Nicolas Sarkozy. ]

Ces propos sont doublement scandaleux puisque premièrement M. Sarkozy est avocat de formation et qu’il sait donc pertinemment que ce sont trois juges et non un qui ont pris cette décision après moult précautions et deuxièmement c’est laissé croire que les juges ne rendent pas la justice et que seuls le ministre de l’intérieur et sa police en sont les maîtres !

[ Le 3 juin, à Perpignan, où de violents incidents avaient opposé communautés gitane et maghrébine, il a fustigé les "voyous" et leurs "comportements sauvages".
"La force doit rester républicaine et la consigne est simple: frapper fort et vite",
Lundi dernier, au lendemain de l'assassinat de Sidi Ahmed Hammache, Nicolas Sarkozy s'est rendu à la Cité des 4000 à La Courneuve pour promettre aux habitants de "nettoyer au Karcher" leur quartier. ]

Toujours aussi scandaleux, nous avons à faire ici avec des propos racistes, puisqu’il parle de voyous dans un quartier essentiellement peuplé de gitans et de maghrébins, ensuite il parle de nettoyage en faisant donc volontairement référence au nettoyage ethnique !

Que ce soit pour « le » juge ou pour les « sauvages » Sarkozy prône la méthode violente et la vengeance c'est-à-dire la loi dite du talion. Plus besoin de juges et de justice donc !

Face à tant de haine, de démagogie et de mauvaise foi, il est nécessaire d’essayer de savoir d’où peut bien provenir ce comportement ?

Sarkozy fait d’abord penser à un roquet qui jappe à tout va !
On peut relever trois cassures dans son existence,
La première est le départ et donc l’absence du père, laquelle selon les psychologues peut faire apparaître des troubles psychologiques, des troubles caractériels comme l’instabilité, la colère, l’agressivité, l’hyperémotivité, l’anxiété, l’impulsion, etc.
La deuxième est liée également au père, puisque Sarkozy à des origines très bourgeoise, de son vrai nom SARKÖZY de NAGY-BOCSA (Nicolas, Paul, Stéphane) né le 28 janvier 1955 à Paris 17 e . Il est le fils d'un aristocrate hongrois, Pal Nagy-Bocsa y Sarközy qui est né à Budapest, en 1928, dans une famille de hobereaux hongrois possédant des terres et un petit château à Alatayan, à 100 km de la capitale.
Relevons une synthèse de ces deux premières cassures dans un extrait de l’Expansion (http://www.lexpansion.com/art/6.0.112252.0.html)
« Plus encore que ses deux frères, Guillaume et François, Nicolas, le benjamin, se sent déclassé. Moins riche que ses petits camarades, différent, complexé et surtout révolté par l'attitude d'un père absent. « Il était très offensif à l'égard de Pal, qui vivait dans l'opulence mais ne leur apportait aucune aide », confirme l'avocat Jean-Marie Chaussonnière, un ami de lycée de Nicolas Sarkozy. Son père restera donc longtemps un mauvais souvenir, comme ses années de jeunesse. Du moins l'affirme-t-il au cours d'une interview : « Ce qui m'a façonné, c'est la somme des humiliations d'enfance. » Alors, plus tard, il compensera, mais pas par l'argent. « Son moteur, analyse un proche, est l'ambition, la rage d'épater son monde, une sorte d'envie viscérale de revanche sur le genre humain. Il est affamé de reconnaissance et de pouvoir. » »
La troisième cassure est son parcours scolaire qui pour son milieu et ses ambitions est relativement décevant, après un bac B sans même une mention il va faire ses études à l'université Paris X et sort du chapeau de Merlin un diplôme en Droit Public et en Sciences Politiques (Maîtrise de Droit Privé en 1978) puis il entre à l'Institut d'Études Politiques de Paris sans parvenir à obtenir le moindre diplôme. Finalement plus par dépit que par envie il fera avocat comme maman !

Nicolas Sarkozy souffre d’une misère symbolique ou de position comme disait P. Bourdieu (« En s'engageant dans des projets souvent trop grands pour lui, parce que mesurés à ses prétentions plus qu'à ses possibilités, il s'enferme lui-même dans des contraintes impossibles, sans autre recours que de faire face, au prix d'une tension extraordinaire, aux conséquences de ses choix » in Actes de la recherche en sciences sociales, n°81/82 ou encore « tous ceux qui, comme le contrebassiste au sein de l'orchestre, occupent une position inférieure et obscure à l'intérieur d'un univers prestigieux et privilégié, expérience d'autant plus douloureuse sans doute que cet univers, auquel ils participent juste assez pour éprouver leur abaissement relatif, est situé plus haut dans l'espace social. » in La misère du monde, Seuil, 1993, p.11)

Tout dans son parcours et ses relations montre ce besoin de s’élever dans l’échelle sociale et d’être reconnu.

Citons encore une fois quelques extraits de l’Expansion (<http://www.lexpansion.com/art/6.0.112252.0.html>)

Dès sa première élection à la mairie de Neuilly, en 1983 « il commence à bâtir son réseau dans les milieux d'affaires. Il rencontre les Neuilléens Lindsay Owen-Jones et ses patrons, les Betancourt, richissimes propriétaires de L'Oréal, mais aussi Martin Bouygues, devenu son meilleur ami, Bernard Arnault (LVMH), …les Decaux père et fils ou encore Arnaud Lagardère. »
…/…
« Mais, surtout, Neuilly va prendre la forme d'un formidable tremplin vers le pouvoir. L'annuaire de la ville huppée de l'Ouest parisien est un condensé de Who's Who. Nicolas Sarkozy compte parmi ses administrés le gratin des affaires, de la jet-set, de la politique et des médias. A ses débuts, il est aidé par un conseil municipal qui a des allures de conseil d'administration, avec des banquiers comme Jean-Marc Vernes et Antoine Dupont-Fauville, et la femme de Jean-René Fourtou, à l'époque PDG de Rhône-Poulenc, Janelly, toujours conseillère municipale. »
Ou encore,
« depuis son retour aux Finances, les traditions républicaines ont repris leurs droits. Les huissiers de l'hôtel des ministres caracolent à nouveau en queue-de-pie, chemise à col cassé et collier d'apparat. »

Même ses mariages sont au service de sa stratégie, ses témoins ont été Charles Pasqua, Martin Bouygues et Bernard Arnault !

Sarkozy est donc prêt à tout sacrifier à son ambition démesurée, ni scrupule ni remord ne le feront changer !

Pour se définir, il a dit : « Si on ne voit pas le Mandel qui est en moi, alors on ne comprend pas ce que je fais. »

Georges MANDEL (1885 - 1944) in (http://www.sdv.fr/judaisme/perso/gmandel.htm)

« Lui qui avait réprimé avec force les syndicats et contribué à contrôler la presse avec Clemenceau le voilà qui devient le "Cassandre" minoritaire de la droite qui selon Nicolas Sarkozy "était ainsi un des rares Français qui connaissent Mein Kampf dans le texte". »

« Ministre des Postes en 1934, il dirige le ministère et les services avec une poigne de fer, n'hésitant pas à révoquer des directeurs incompétents ou des fonctionnaires de base peu efficaces. »

« Profondément conservateur sur le plan politique et économique, Mandel se révèle un nationaliste intransigeant profondément marqué par la première guerre mondiale et les luttes menées par Clemenceau. »

« Daladier est renversé le 19 mars 1940, Paul Reynaud lui succède et Mandel accède au ministère de l'Intérieur. Pétain fait son entrée au Gouvernement comme vice-président du Conseil ; Mandel est favorable à l'arrivée de Pétain dans ce Gouvernement dirigé par Reynaud. Il croit qu'il en résultera un signal positif signifiant que la France se battra jusqu'au bout… et se trompe lourdement.
Il fait procéder à l'arrestation de défaitistes et de saboteurs mais n'arrive pas à endiguer le courant défaitiste qui commence à se manifester ouvertement et se renforce dans le gouvernement. »

Mandel-Sarkozy à voir !

En guise d’épilogue un rapide retour en arrière sur les pratiques de vengeance et de violence de Sarkozy. En 1993, il négocie directement avec le preneur d'otage (HB - Human Bomb) à Neuilly, qui avait réclamé de négocier avec le pouvoir, résultat trois balles atteignent l’homme couché au sol, sa mort est instantanée.

Mais Sarkozy n’est pas isolé, il avance en éclaireur, Chirac ne demande même pas sa démission après ses propos sur la justice alors même que le ministre de la justice Pascal Clément réagit lapidairement par le communiqué suivant le 23 juin :

« Je veux préciser que, s’agissant de la libération conditionnelle accordée en 2003 à la personne qui vient d’être mise en examen pour l’assassinat de Madame Nelly Cremel, la loi, toute la loi a été respectée.
C’est un collège de trois magistrats qui s’est prononcé, sur la base d’avis et d’expertise, en application des dispositions du code pénal et du code de procédure pénale »

Le profil et les agissements de Sarkozy rappellent étrangement le parcours d’un petit peintre raté qui réalisa lui aussi un nettoyage !


Par Cilou Lilou
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Mardi 26 septembre 2006
Notre ministre d’Etat est-il un intouchable ? « Un être que l’on ne peut critiquer ou condamner » (définition classique) ?

La question mérite d’être posée, compte tenu du traitement médiatique qui en est fait et de l’échéance prochaine.

Certes, nombre de citoyens s’insurgent contre notre ministre de l’Intérieur. En revanche, les médias traditionnels (dans une bien moindre mesure - et c’est heureux - au sein des nouveaux médias entraînés par l’évolution technologique : Internet et le « journalisme citoyen ») s’interdisent la critique et s’autocensurent dès qu’ils craignent de porter atteinte à l’ « image » du président de l’UMP.
Paranoïa ? Comme l’a indiqué justement M. François Bayrou, quelques grands groupes français (tels que Lagardère, Bouygues et Dassault) du secteur industriel (notamment militaire et BTP) possèdent la plupart des médias de l’hexagone.
Les autres sont en bonne partie gérés par le « service public », dont la gestion a été confiée entièrement à des proches de l’Elysée, de la majorité parlementaire et donc de M. Sarkozy. Notons que cette « délégation » se fait dans des proportions inédites depuis l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française).
Pour exemples, l’amitié proclamée de Jean-Paul Cluzel (PDG de Radio France) pour le président Jacques Chirac sur l’antenne de France Inter ; l’importante médiatisation de Nicolas Sarkozy sur les chaînes du service public (Il est le seul à avoir été invité trois fois à l’émission « Cent minutes pour convaincre. »)
Cette « prise en main » va du quotidien régional à l’hebdomadaire national, en passant par les plus grandes chaînes de télévision et de radio.

Les groupes privés susvisés vivent essentiellement des commandes publiques, c’est-à-dire payées par les contribuables français.

Quel est pour eux l’intérêt d’investir dans la presse qui est largement déficitaire, si ce n’est de faire du lobbying et de promouvoir leurs idées auprès de la population, pour ensuite en tirer les bénéfices auprès du pouvoir mis en place ? Soulignons que les déclarations de Serge Dassault lui-même vont dans ce sens : « [Mon groupe doit] posséder un journal ou un hebdomadaire pour y exprimer son opinion. »

Les dirigeants de ces entreprises sont tous, sans exception, proches de Nicolas Sarkozy, qui est lui-même membre du gouvernement actuel, qui décide des commandes publiques auprès de ces entreprises.

« Proches », le mot est faible dans certains cas : M. Bouygues, qui dirige la première chaîne de télévision, est le parrain du fils de M. Sarkozy, MM. Lagardère et Etienne Mougeotte sont de « grands amis ». Son « cercle » comprend également Michel Denisot (directeur général adjoint de Canal+) et Marc-Olivier Fogiel.

Le peuple peut légitimement se demander si un des objectifs de M. Sarkozy n’est pas de transformer l’espace médiatique en espace publicitaire sarkozyste.
Soyons honnêtes, il peut également s’interroger sur l’intention d’autres politiques, puisqu’un proche de Ségolène Royal déclarait récemment : « Nous faisons comme Sarkozy, nous cannibalisons l’espace médiatique. »

Mais Madame Royal n’a pas le « statut » de M. Sarkozy, ni ses « mauvaises intentions ». Elle ne maîtrise pas les médias autant que certains le pensent. Il est ainsi fort possible que sa médiatisation soit en réalité souhaitée, voire parfois décidée, par le ministre de l’Intérieur, qui voit peut-être en elle une candidate « facile à battre ».

Une autre raison pour les médias et le ministre d’imposer un tel « duel » : donner l’illusion d’un combat indiscutable afin de faire taire les velléités de candidature dans son propre camp (l’UMP). En effet, Michèle Alliot-Marie, Dominique Galouzeau de Villepin et certains gaullistes acceptent mal la ligne atlantiste et ultra-libérale (ligne bien divergente de celle du général de Gaulle) du candidat « autoproclamé ».

Ligne atlantiste confirmée lors du voyage de « campagne électorale » de Nicolas Sarkozy (payé par les contribuables français) aux Etats-Unis, qui participe à une « glorification » du président américain George W. Bush.

Les élections se font-elle en fonction des rapports qu’entretiennent les politiques avec les médias, et non plus sur la base d’idées ?

Qui connaît sérieusement les idées de fond de M. Sarkozy, si ce n’est son thème de prédilection : « la rupture » ?

La rupture d’avec quoi ? Faut-il lui rappeler qu’il est ministre d’Etat (et donc n°2), ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, anciennement ministre de l’Industrie, de l’Economie et des Finances, qu’il est en poste depuis 2002, et qu’il dirige le parti majoritaire ?

Il lui serait difficile d’avoir un poste plus influent que le sien actuellement. Mais il est évident que celui de président de la République lui donnerait un pouvoir plus élargi, et surtout la possibilité de modifier certains cadres institutionnels.
Par ses nombreux liens avec les médias, les milieux financiers et d’affaires (M. Bernard Arnault - PDG de LVMH - fut le témoin de son second mariage ; le frère de Nicolas Sarkozy, Guillaume, fut un temps candidat à la présidence du MEDEF, syndicat représentant le patronat), par sa diatribe et ses opinions parfois, M. Sarkozy fait penser à M. Berlusconi.

Ce dernier connaissait cependant une légitime opposition de la Justice (séparation des pouvoirs oblige) que nous ne connaissons plus guère en France.
Je vous renvoie vers un autre de mes articles : « Le gouvernement à l’attaque de l’indépendance de la Justice », tout en rappelant la nomination en 2002 de M. Yves Bot, proche de Nicolas Sarkozy, au poste de procureur général de Paris, afin de traiter avec plus de complaisance les affaires du RPR. Dans le but d’empêcher toute poursuite contre le président à la fin de son mandat, son remplaçant pourrait être Laurent Le Mesle, directeur de cabinet du Garde des Sceaux, ancien conseiller juridique de Jacques Chirac.

Il faut souligner la quasi-impossibilité de « lire ou d’entendre du mal » de M. Sarkozy dans les médias, même lorsque la population s’offusque clairement d’une prise de position.

Dernièrement, l’on pouvait lire un article de Guillaume Durand (journaliste réputé sérieux que l’on pourrait penser « centriste » ou « gauche caviar ») dans Gala sur le mariage de Jean Reno : loin de nous rappeler que le ministre avait promis de ne plus parler de sa vie privée, l’article constitue une véritable propagande pro-sarkoziste - sur cet évènement se déroulant aux Baux-de-Provence, site totalement et illégalement « privatisé » pour l’occasion - parlant de la « grande tendresse qui unit Nicolas à Cécilia » à cette occasion ; alors même que tout un chacun connaît le véritable état de leur couple : la rupture, thème qui dans ce cas précis ne plaît pas à l’intéressé.

A tel point que lorsqu’il apprend la liaison de sa femme avec Richard Attias, il fait pression pour que ce dernier soit démis de ses fonctions au sein de Publicis Events, en faisant notamment perdre le contrat d’exclusivité publicitaire qui liait l’entreprise à l’UMP.

On a aussi pu constater que Robert Namias, directeur de l’information de TF1, a été il y a peu nommé président du Conseil national de la sécurité routière au sein du ministère de M. Sarkozy.

Notons que la femme de M. Namias est la directrice de communication de la première dame Bernadette Chirac pour l’opération « pièces jaunes ».
Une telle information, qui n’est pas des plus anodines, n’a pourtant pas été diffusée dans un seul média, si ce n’est l’indépendant et notable Canard enchaîné.

Seul hebdomadaire aussi à avoir dévoilé l’intervention de Nicolas Sarkozy pour empêcher la publication d’un livre de Valérie Domain sur Cécilia Sarkozy chez First Editions en octobre 2005.

De même, il n’a pas paru « choquant » que M. Lagardère fasse licencier M. Genestar, patron de la rédaction de Paris Match, en raison d’un article parlant de la vie privée de M. Sarkozy, malgré la censure décidée par ce même Alain Genestar (qui sans doute espérait « se racheter ») d’une phrase de Yannick Noah visant le ministre de l’Intérieur : « S’il passe, je me casse ».

Une fois de plus, seul le Canard a fait remarquer que le cabinet d’avocats auquel est associé le ministre (« Arnaud Claude et Nicolas Sarkozy », spécialisé dans le droit immobilier et comprenant onze avocats) participe à des expulsions de locataires pour des municipalités des Hauts-de-Seine (Puteaux, Levallois-Perret), département dont il est toujours président. Pour le journal, la fonction et les relations de Nicolas Sarkozy auraient permis d’acquérir cette clientèle institutionnelle. L’exercice de l’activité d’avocat et de ministre étant logiquement incompatible, il n’exerce pas cette profession pendant ses périodes d’activité gouvernementale, ce qui ne l’empêche pas de toucher une part appréciable des profits de ce cabinet : 241 000 euros en 2002.

Qui, dans les médias traditionnels, a rappelé les collusions d’intérêts du ministre ? Le syndicat de la magistrature souligna par exemple que depuis son poste de « ministre de l’intérieur, il est le supérieur hiérarchique du préfet chargé de contrôler la légalité des actes administratifs accomplis par le président du Conseil général des Hauts-de-Seine... Nicolas Sarkozy ».

Enfin, quel grand média, lors des vingt ans de l’accident de Tchernobyl ,dont la communication avait été abondamment critiquée, a rappelé que M. Sarkozy était alors conseiller en communication (justement) du gouvernement ?

Tout cela a un nom : la censure. C’est-à-dire la « limitation arbitraire de la liberté d’expression de chacun ».

Ici, le terme « chacun » signifie les médias. Mais ce qui est peut-être encore plus inquiétant est que cette désinformation que nous subissons depuis des années a pour conséquence directe le désintérêt porté par la majorité de la population pour les faits politiques.

En effet, ce désintérêt est favorisé par des médias et certains gouvernants qui transforment tous les combats politiques comme « écrits d’avance » (cf. Traité constitutionnel européen et aujourd’hui, le duel « Sarko-Ségo »)

De fait, parfois, même lorsque les médias diffusent une information choquante, les citoyens ne sont plus toujours réceptifs ni contestataires.

C’est là tout l’objectif des grands groupes et d’une certaine « élite » représentée par M. Sarkozy.

Car qui peut croire que ce dernier représente l’ensemble de la population française, et non une certaine « caste » ? Il fut d’abord élu en 1983 d’une des villes les plus riches de France, Neuilly, en prenant de court le prétendant en titre, Charles Pasqua, alors hospitalisé pour une opération de hernie. En tant que ministre, il a plaidé pour des avantages fiscaux offerts aux plus aisés aux dépends des plus pauvres. Ses proximités politiques dans les Hauts-de-Seine (le PIB par habitant est trois fois plus élevé dans les Hauts-de-Seine que la moyenne nationale) dont il est président sont également controversées. Il est ainsi très proche de Patrick Balkany, élu UMP condamné pour « prise illégale d’intérêt ». Son ancien mentor et témoin de son premier mariage en 1982 (deux ans avant de rencontrer Cécilia lorsqu’en qualité de maire de Neuilly, il la marie à l’animateur de télévision Jacques Martin) Charles Pasqua, a été impliqué dans de nombreux scandales de corruption.

M. Sarkozy parvient, alors même qu’il n’est pas (encore ?) président de la République française, à contrôler la diffusion de ces faits et déclarations et à en garantir la promotion ou la non-propagation lorsqu’ils ne lui sont pas favorables. Plus grave, il parvient à désintéresser la population et à la rendre plus docile, en l’orientant sur de la « politique spectacle ».

Dernièrement, le ministre a mis en avant plusieurs personnalités du « show-biz » : Jean-Marie Bigard, Johnny Halliday et Doc Gyneco. La « présentation » de ce dernier a suscité l’irritation de nombreux syndicalistes policiers pourtant réputés proches de M. Sarkozy : « Ce n’est pas tant les propos tenus par Doc Gyneco sur notre dos qui me choquent (NDLR : le « rappeur » déclamait dans l’un de ces textes : « J’kiffe quand les keufs cannent »), explique Bruno, officier de gendarmerie, mais le fait que la politique soit désormais très proche du spectacle. Pourtant ce sont deux mondes qui ne devraient rien à voir à faire ensemble. On devrait se faire élire sur des idées, des programmes, des valeurs, pas sur le copinage dans le show-biz, la capacité à faire parler de soi. » (cf. Libération du 7 septembre 2006).

Auparavant, Nicolas Sarkozy avait choisi de s’afficher avec Tom Cruise, pourtant prosélyte de la scientologie : une secte que le ministère du candidat UMP (l’Intérieur) est censé combattre

Finalement, la proximité entre l’acteur et le politique est évidente. La star d’Hollywood aime tout contrôler : on le constate avec sa femme, Katie Holmes, privée, semble-t-il, de toute action indépendante. Nicolas Sarkozy a cette même obsession de contrôle permanent. Pour chacun de ses déplacements, même les plus quelconques, en dehors de ses fonctions, le ministre est entouré d’une armada d’agents de police ou de CRS payés par ses concitoyens.

A propos de la vidéosurveillance, le ministre d’Etat se serait exclamé : «  Je veux tout voir et tout savoir  ». Pour Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’homme, « c’est le signe d’une volonté de toute-puissance qu’expriment les jeunes enfants avant qu’ils soient éduqués et socialisés. Une telle exigence est inquiétante de la part d’un adulte au pouvoir. Vouloir tout contrôler est une course folle : on n’atteindra jamais les objectifs sécuritaires et on y laissera toute espèce de liberté individuelle. »

Jusqu’où pourrait aller un « Nicolas Sarkozy président » ?


Par Cilou Lilou
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