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Education

Samedi 30 septembre 2006
Au mépris des promesses qu’il avait faites et en foulant au pied les critères qu’il avait lui-même définis pour leur régularisation, Sarkozy et ses services préfectoraux se sont livrés pendant tout l’été à une traque sans pitié des immigrés et de leurs enfants scolarisés.

Dans le même temps, le Ministre de l’Education, Robien, organise dès la maternelle la chasse aux “ futurs délinquants ”. Il généralise le fichage des élèves et des familles avec la mise en place du fichier "Base-élève". Il instaure dans les collèges la note de vie scolaire, prime à la docilité, à la soumission et au formatage des élèves. Il tente ainsi de faire jouer aux Conseillers d’éducation et aux Professeurs principaux le rôle de collaborateurs de l’administration avec aussi la mise en place des conseils pédagogiques. Il supprime des milliers de postes dans l’éducation nationale en réduisant et en précarisant toujours plus les personnels chargés de l’encadrement des élèves, maillon pourtant indispensable au dialogue et à la sérénité au sein des établissements.

Il accentue sa politique libérale dans l’éducation :
- En supprimant 8700 postes d’enseignants (départs à la retraite et postes vacants, non titulaires, soit un total en 5 ans de 25 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale) ;
- Des milliers d’enseignants précaires - contractuels et vacataires - recrutés souvent depuis plusieurs années sont mis au chômage ; parallèlement, le ministère recrute des personnels de plus en plus précaires dans le 1er degré comme dans le 2nd degré (Emplois Vie Scolaire - EVS - Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi - CAE, etc.) ;
- En offrant une situation toujours plus dégradée pour les nouveaux collègues, notamment les Titulaire sur Zone de Remplacement - TZR - affectés sur des blocs de moyens provisoires - BMP - à cheval sur plusieurs établissements ;
- Une médecine scolaire laminée ;
- Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté - Rased - surchargés.
Contre une conception rétrograde de l’éducation, défendons le droit à l’Éducation.

- Nous refusons la menace d’expulsion pour les élèves et leur famille sans papiers qui pèse sur plus de 25000 exclus de la régularisation ;
- Nous refusons la destruction amorcée de l’Éducation prioritaire avec les réseaux “ Ambition réussite ” : 249 établissements “ ep1 ” (et une partie des écoles qui leur sont rattachées) pour plus de 1000 établissements classés ZEP (1/3 devrait en sortir) ;
- Nous refusons l’application des mesures Fillon-Robien : socle commun minimaliste, apprentissage junior, retour à peine déguisé de la note de conduite et mise en place d’un fichage inquiétant avec “ base élève ” et “ sconet ” dans le 2nd degré, permanence policière dans les établissements ;
- Nous refusons la suppression annoncée par le ministre candidat Nicolas Sarkozy de de la carte scolaire... de même que son “assouplissement” annoncé par Ségolène Royal !
Pour l’égalité et les droits des personnels, refusons les régressions.

C’est la caporalisation dans le 2nd degré avec le conseil pédagogique à l’anglaise et dans le 1er degré le recrutement et subordination des Emplois Vie Scolaire - EVS - par les directeurs. Des projets inquiétants de réductions des horaires et des pondérations dans le 2nd degré, et une réforme des statuts qu’on hésite à sortir des cartons une année d’élection !

Au lieu de la mise en place d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) de la Fonction Publique, exigeons le réemploi et la titularisation immédiate et sans condition des précaires !

Contre la phase terminale de la décentralisation des personnels TOS (Technicien Ouvrier et de Service), imposée, continuons à exiger la réversibilité de la Loi !

Nous sommes sans illusion sur les grèves de 24h aux relents pré électoralistes, cependant le 28 septembre prochain doit être l’occasion de débattre en Assemblée générale, avec les personnels mobilisés, des suites à donner au mouvement, de prendre contact avec les travailleurs et leurs organisations ainsi qu’avec la jeunesse lycéenne et étudiante. En effet, que ce soit à l’occasion des mobilisations contre le Contrat Première Embauche - CPE - ou pour la défense des « sans papiers » et de leurs enfants pourchassés par le pouvoir, l’expérience montre que seule la lutte unitaire est à même de faire reculer un gouvernement tout entier au service du patronat.

SUD Education est toujours exclu des intersyndicales nationales, le syndicat majoritaire privilégiant l’alliance avec certaines organisations qui pourtant soutiennent les réformes gouvernementales. Néanmoins Sud Education appelle l’ensemble des travailleurs de l’Éducation et de la Recherche à se mettre en grève et à se rencontrer en assemblée générale sur leur lieu de travail pour se préparer à descendre massivement dans la rue le 28 septembre 2006 et à organiser la résistance.

Saisissons cette occasion pour faire entendre notre colère et nos revendications :

- Contre les tentatives de mise au pas des enseignants et des élèves
- Contre la criminalisation de l’action syndicale et contre la répression du mouvement social
- Contre la chasse aux immigrés et à leurs enfants
- Contre la dégradation des conditions de travail et des rémunérations, contre la précarisation et la remise en cause des statuts (cf. rapport Jacob)
- Pour la défense de l’Ecole publique et laïque
SUD Education exige le retrait de “base-élève”, de toutes les mesures Fillon-Robien, de la loi d’égalité des chances et du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

Par Cilou Lilou
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Samedi 30 septembre 2006
Séance du 21 septembre 2006

Dernière mise à jour le jeudi 28 septembre 2006

M. Le Ministre,

La rentrée scolaire est un moment important de la vie de ce pays et cette rentrée 2006 a cela de particulier que certains élèves manquent à l’appel, tout simplement parce que le ministre de l’Intérieur a décidé de transformer des élèves et leurs familles sans-papiers en matériel de sa propagande électorale. M. le ministre, nous vous avions alerté de ce risque lors des précédents CSEN de mai et juin.

La mobilisation, y compris pendant les vacances, des militants du Réseau Education Sans Frontières a permis d’éviter un grand nombre d’expulsions de familles et d’élèves sans pouvoir les empêcher toutes. Le droit à l’éducation pour tous est encore en sursis, puisque rien n’est arrangé en terme de régularisation.

En cohérence avec la vision utilitariste qui prévaut en matière d’immigration et de droits des étrangers et de leurs enfants, cette rentrée est celle d’une vision réactionnaire de l’éducation. Quand se mettent en place des mesures de la loi Fillon-Robien comme la « note de vie scolaire », « l’apprentissage junior » ou encore les mesures de « prévention de la délinquance », il est bien davantage question de contrôle social que de réussite du plus grand nombre et d’école émancipatrice.

Les conditions matérielles de cette rentrée (qui voit encore une nouvelle catégorie de travailleurs précaires installés en lieu et place des postes que le gouvernement refuse de créer) et les premiers éléments sur la préparation du budget 2007 nous renforcent dans cette vision d’une éducation nationale sans projet, si ce n’est celui de prévenir par avance les conséquences d’un tri social accru par la loi elle-même.

Si malgré ces renoncements, l’énorme majorité des familles fait toujours confiance à l’école publique, la responsabilité en revient au dévouement de ses personnels. Le don de soi ne saurait pourtant tenir lieu de politique éducative.

Cette rentrée n’est donc pas une rentrée satisfaisante et le fait que chaque groupe d’élèves se retrouve devant une enseignante ou un enseignant ne suffit pas à masquer la casse de l’école publique organisée par ce gouvernement.

Trois points illustrent cette casse et méritent d’être pointés :

1-Le Conseil pédagogique

Imaginé par Allègre, prévu dans la loi Fillon, mis en place sous le ministère Robien, le conseil pédagogique est institué dans les collèges et les lycées, par la circulaire de rentrée du 27 mars 2006 (BO n°13 du 31 mars 2006). Ce conseil, dont les membres sont désignés par le chef d’établissement, doit « favoriser la concertation entre les professeurs pour coordonner les enseignements et les méthodes pédagogiques, la notation et les activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet d’établissement. »

Nous avons au moins trois bonnes raisons de refuser sa mise en place :

1.- Ses membres (un professeur principal de chaque niveau, un professeur de chaque champ disciplinaire, un CPE, le chef des travaux) ne sont pas élus mais désignés par le chef d’établissement, qui le préside. C’est inacceptable vu les attributions pédagogiques de ce conseil. Refusons cette nouvelle tentative de renforcer le pouvoir pédagogique des chefs d’établissement, une vieille rengaine depuis Allègre !

2.- Les compétences du conseil (coordonner les enseignements et les méthodes, la notation et l’évaluation des activités scolaires ; préparer la partie pédagogique du projet d’établissement) le conduiront à évaluer les pratiques, à faire des propositions et donner des consignes qui formateraient les pratiques pédagogiques des équipes et des collègues.

3.- C’est un échelon supplémentaire de la hiérarchie qui se met en place, au plus près des personnels. Au contraire il y aurait urgence à dégager du temps de concertation inclus dans les maxima de service pour les équipes et les projets décidés à la base en toute autonomie. C’est pourquoi SUD Éducation prend position pour le boycott de ce conseil, et appelle les enseignant(e)s du secondaire à refuser d’y siéger et d’appliquer les décisions qui en sortiraient.

2- Le fichier Base-élèves !

Base-élèves est un dispositif sans précédent de fichage informatique des élèves dès la maternelle. Mis en place à la rentrée 2006 dans 21 départements, sa généralisation est prévue pour 2006/2007. Cet outil ne nous paraît pas destiné au seul service des besoins éducatifs des jeunes. Certaines informations (nationalité, suivi de réseau, langue et culture d’origine, situation familiale) comportent un risque de dérive (au vu des rapports Bénisti ou INSERM et de la loi sur la prévention de la délinquance). Nous proposons à l’ensemble des collègues d’en débattre en conseil des maîtres et en Conseil d’École avec les mairies et les parents, d’y voter une motion de rejet du dispositif et de la faire circuler (autres écoles, syndicats, presse). Nous rappelons que Base-élèves est directement concerné par le blocage administratif.

C’est pourquoi nous demandons à nos collègues chargés de direction de boycotter le renseignement de « Base-élèves ».

3- M. le ministre, nous souhaitons également attirer votre attention et dénoncer la remise en cause pernicieuse de la laïcité dans notre école.

Un éditeur bienveillant met à la disposition des enseignants de philo deux bouquins (pourquoi deux du même éditeur ?) correspondant au nouveau programme des séries technologiques STG/STI/STL/SMS. Le choix de l’offre dans le marché, donc...

Au glossaire de l’un, comme au résumé des concepts de l’autre, à la lettre L, vous chercherez en vain « laïcité », mais vous y trouverez :
- Dans l’un, « libéralisme au sens politique » et actualisé « libéralisme au sens économique » : le libéralisme repose sur l’idée qu’il existe une régulation naturelle de l’économie ( par l’offre et la demande) qui permet de rejeter l’intervention de l’État. »
- Dans l’autre, « libre-arbitre », avec un exemple édifiant de consumérisme imbécile : « si je fume en n’ignorant rien des dangers du tabac, je fais usage de mon libre-arbitre. » Il ne s’agit là, ni plus ni moins, que de la promotion de l’idéologie du MEDEF. Une idéologie aliénante qui s’oppose à la force émancipatrice de l’éducation.

Rien, dans ce nouveau programme, sur la liberté de conscience, rien sur la séparation de l’église et de l’État, rien sur la distinction sphère publique / sphère privée. TOUT est dans la régulation naturelle du marché devenu nouvelle religion d’État. Ainsi, à la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit succède celle du marché, de l’argent et du Saint-Esprit d’entreprise.

Pour SUD éducation, l’entreprise n’est pas un modèle pour l’école ; l’école n’a pas pour objectif la rentabilité économique, mais le progrès social et humain des futurs adultes, et de la société entière.

C’est pourquoi la Fédération des Syndicats SUD éducation dénonce les conventions de partenariat signées avec le MEDEF, conventions qui traduisent la reconnaissance officielle du MEDEF comme partenaire institutionnel de l’école publique et la soumission du service public aux potentats économiques.


Par Cilou Lilou
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Lundi 2 octobre 2006
Tract pour le 28 septembre élaboré par SUD Education

Dernière mise à jour le jeudi 28 septembre 2006

Au mépris des promesses qu’il avait faites et en foulant au pied les critères qu’il avait lui-même définis pour leur régularisation, Sarkozy et ses services préfectoraux se sont livrés pendant tout l’été à une traque sans pitié des immigrés et de leurs enfants scolarisés.

Dans le même temps, le Ministre de l’Education, Robien, organise dès la maternelle la chasse aux “ futurs délinquants ”. Il généralise le fichage des élèves et des familles avec la mise en place du fichier "Base-élève". Il instaure dans les collèges la note de vie scolaire, prime à la docilité, à la soumission et au formatage des élèves. Il tente ainsi de faire jouer aux Conseillers d’éducation et aux Professeurs principaux le rôle de collaborateurs de l’administration avec aussi la mise en place des conseils pédagogiques. Il supprime des milliers de postes dans l’éducation nationale en réduisant et en précarisant toujours plus les personnels chargés de l’encadrement des élèves, maillon pourtant indispensable au dialogue et à la sérénité au sein des établissements.

Il accentue sa politique libérale dans l’éducation :
- En supprimant 8700 postes d’enseignants (départs à la retraite et postes vacants, non titulaires, soit un total en 5 ans de 25 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale) ;
- Des milliers d’enseignants précaires - contractuels et vacataires - recrutés souvent depuis plusieurs années sont mis au chômage ; parallèlement, le ministère recrute des personnels de plus en plus précaires dans le 1er degré comme dans le 2nd degré (Emplois Vie Scolaire - EVS - Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi - CAE, etc.) ;
- En offrant une situation toujours plus dégradée pour les nouveaux collègues, notamment les Titulaire sur Zone de Remplacement - TZR - affectés sur des blocs de moyens provisoires - BMP - à cheval sur plusieurs établissements ;
- Une médecine scolaire laminée ;
- Des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté - Rased - surchargés.
Contre une conception rétrograde de l’éducation, défendons le droit à l’Éducation.

- Nous refusons la menace d’expulsion pour les élèves et leur famille sans papiers qui pèse sur plus de 25000 exclus de la régularisation ;
- Nous refusons la destruction amorcée de l’Éducation prioritaire avec les réseaux “ Ambition réussite ” : 249 établissements “ ep1 ” (et une partie des écoles qui leur sont rattachées) pour plus de 1000 établissements classés ZEP (1/3 devrait en sortir) ;
- Nous refusons l’application des mesures Fillon-Robien : socle commun minimaliste, apprentissage junior, retour à peine déguisé de la note de conduite et mise en place d’un fichage inquiétant avec “ base élève ” et “ sconet ” dans le 2nd degré, permanence policière dans les établissements ;
- Nous refusons la suppression annoncée par le ministre candidat Nicolas Sarkozy de de la carte scolaire... de même que son “assouplissement” annoncé par Ségolène Royal !
Pour l’égalité et les droits des personnels, refusons les régressions.

C’est la caporalisation dans le 2nd degré avec le conseil pédagogique à l’anglaise et dans le 1er degré le recrutement et subordination des Emplois Vie Scolaire - EVS - par les directeurs. Des projets inquiétants de réductions des horaires et des pondérations dans le 2nd degré, et une réforme des statuts qu’on hésite à sortir des cartons une année d’élection !

Au lieu de la mise en place d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) de la Fonction Publique, exigeons le réemploi et la titularisation immédiate et sans condition des précaires !

Contre la phase terminale de la décentralisation des personnels TOS (Technicien Ouvrier et de Service), imposée, continuons à exiger la réversibilité de la Loi !

Nous sommes sans illusion sur les grèves de 24h aux relents pré électoralistes, cependant le 28 septembre prochain doit être l’occasion de débattre en Assemblée générale, avec les personnels mobilisés, des suites à donner au mouvement, de prendre contact avec les travailleurs et leurs organisations ainsi qu’avec la jeunesse lycéenne et étudiante. En effet, que ce soit à l’occasion des mobilisations contre le Contrat Première Embauche - CPE - ou pour la défense des « sans papiers » et de leurs enfants pourchassés par le pouvoir, l’expérience montre que seule la lutte unitaire est à même de faire reculer un gouvernement tout entier au service du patronat.

SUD Education est toujours exclu des intersyndicales nationales, le syndicat majoritaire privilégiant l’alliance avec certaines organisations qui pourtant soutiennent les réformes gouvernementales. Néanmoins Sud Education appelle l’ensemble des travailleurs de l’Éducation et de la Recherche à se mettre en grève et à se rencontrer en assemblée générale sur leur lieu de travail pour se préparer à descendre massivement dans la rue le 28 septembre 2006 et à organiser la résistance.

Saisissons cette occasion pour faire entendre notre colère et nos revendications :

- Contre les tentatives de mise au pas des enseignants et des élèves
- Contre la criminalisation de l’action syndicale et contre la répression du mouvement social
- Contre la chasse aux immigrés et à leurs enfants
- Contre la dégradation des conditions de travail et des rémunérations, contre la précarisation et la remise en cause des statuts (cf. rapport Jacob)
- Pour la défense de l’Ecole publique et laïque
SUD Education exige le retrait de “base-élève”, de toutes les mesures Fillon-Robien, de la loi d’égalité des chances et du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

Par Cilou Lilou
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